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29 janvier 2004

Proche Orient : Pour Ariel Sharon, l’attentat de Jérusalem démontre le bien-fondé de son plan de séparation


JERUSALEM (AFP) - L’attentat de jeudi à Jérusalem, mené alors que deux responsables américains sont dans la région pour essayer de sortir le processus de paix de l’ornière, risque d’accélérer l’application par le Premier ministre Ariel Sharon de son plan de séparation d’avec les Palestiniens.


Ce nouvel attentat suicide -le premier de l’année en Israël et le premier depuis près de cinq mois à Jérusalem- survient dans une situation d’impasse totale depuis des mois, en fait depuis la démission début septembre de Mahmoud Abbas (Abou Mazen) du poste de Premier ministre de l’Autorité palestinienne, à la suite d’un épreuve de force avec Yasser Arafat.

Une petite lueur était néanmoins apparue mercredi. D’une part, à la suite d’un accord avec Israël, des policiers palestiniens, en tenue mais sans armes, avaient commencé à se déployer dans plusieurs villes de Cisjordanie d’où ils avaient complètement disparu depuis longtemps.

D’autre part, le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Maher, avait annoncé, au lendemain d’une rencontre avec M. Arafat à Ramallah, que les Palestiniens étaient prêts à reprendre les discussions pour organiser une rencontre entre le Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï et M. Sharon.

Nommé à son poste début octobre, M. Qoreï n’a toujours pas rencontré M. Sharon depuis, une situation qui illustre à elle seule la crise actuelle.

L’un des objectifs de l’émissaire américain John Wolf, de retour dans la région après quelque cinq mois d’absence, et de David Satterfield, un haut responsable du département d’Etat, semble justement de convaincre les Palestiniens d’accepter une telle rencontre, considérée comme indispensable à une reprise des négociations.

Israël et les Palestiniens se rejettent mutuellement la responsabilité du blocage de la situation et de l’enlisement de la feuille de route, le dernier plan de paix international.

Les Israéliens accusent M. Qoreï de ne rien faire pour neutraliser et démanteler les groupes armés palestiniens, comme la feuille de route l’y oblige pourtant.

L’attentat de Jérusalem, qui a fait au moins 10 victimes et a été revendiqué par les Brigades des Martyrs d’al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah de M. Arafat, ne peut que renforcer ces accusations.

"Cela montre une fois de plus que l’Autorité palestinienne est incapable de lutter contre le terrorisme", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Yonatan Peled.

"Sans lutte contre le terrorisme, il ne peut y avoir de négociations", a-t-il dit, ajoutant que cette tragédie "montre que nous n’avons personne à qui parler" côté palestinien.

Pour leur part, les Palestiniens accusent M. Sharon de vouloir empêcher tout progrès politique en poursuivant les incursions et raids militaires sanglants. Le plus récent, mercredi, a coûté la vie à huit Palestiniens dans la bande de Gaza.

C’est en arguant de cette absence d’interlocuteur côté palestinien que M. Sharon a justifié son projet de lancer bientôt, si les négociations ne reprennent pas, un "plan de séparation" qui se traduirait par l’abandon de quelques petites colonies juives enclavées dans les Territoires, mais surtout par l’annexion de facto par Israël d’importantes zones de Cisjordanie.

Le numéro deux du gouvernement, Ehud Omert, a parlé d’un délai de six mois avant le lancement de ce plan, dont l’élément central est la construction par Israël en Cisjordanie d’une imposante barrière.

Le tracé très controversé de cette barrière vaut des critiques croissantes à Israël.

La Cour internationale de justice de La Haye doit entamer le 23 février des délibérations sur cette question.

Mais aux yeux d’Israël, comme l’affirmait jeudi le porte-parole de M. Sharon, Raanan Gissin, en esquivant la question délicate du tracé, l’attentat de Jérusalem constitue la justification la plus éclatante qui soit de la nécessité de cette barrière de séparation.

Agence France Presse

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