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samedi 25 mars 2017
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AFP, AP, 15 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Les "Jeunes Patriotes" de Laurent Gbagbo réclament le départ des forces françaises


ABIDJAN (AFP) - Les "Jeunes Patriotes", partisans de Laurent Gbagbo, ont réclamé, lundi 15 novembre 2004, le départ des soldats français de Côte d’Ivoire, dans un climat gravement détérioré avec Paris, à quelques heures d’un vote à l’ONU qui pourrait imposer des sanctions aux belligérants ivoiriens.


Dans le même temps, le dernier avion affrété par la France, selon des sources consulaires, a quitté, lundi 15 novembre 2004 au soir, Abidjan, pour Paris, avec 270 étrangers désireux d’évacuer le pays.

"Il faut que les soldats français se retirent" de Côte d’Ivoire, a lancé le leader des "Jeunes Patriotes", Charles Blé Goudé, au cours d’une conférence de presse publique tenue au milieu de ses troupes, à Abidjan.

Accusant l’armée française de "tentative de coup d’Etat" contre le président Gbagbo, il a lancé à ses milliers de sympathisants, et devant la presse étrangère : "Pensez-vous que l’armée française est encore crédible pour jouer les arbitres ?". "On est passé d’une crise ivoiro-ivoirienne à une crise franco-ivoirienne", a déclaré M. Blé Goudé. "Depuis une semaine, ce n’est plus contre l’armée des rebelles que les Ivoiriens se battent, mais contre l’armée française".

Selon le leader de ce mouvement, véritable milice du pouvoir, qui avait largement orchestré les violentes émeutes anti-françaises de la semaine dernière, à Abidjan, les affrontements entre "manifestants aux mains nues" et armée française, devant l’hôtel Ivoire d’Abidjan le 9 novembre 2004, ont fait "64 tués et plus de 1400 blessés" dans les rangs des patriotes.

Charles Blé Goudé a également démenti toute exaction de la part de ses partisans contre les Français (14000 dans le pays) et les étrangers, dont plus de 5000 ont quitté le pays, depuis le début des violences anti-blancs, le 6 novembre 2004. Soixante-neuf plaintes, dont trois pour viol, ont été, depuis, déposées en France par des rapatriés français venant d’Abidjan.

A Genève, trois experts des Nations Unies ont dénoncé, lundi 15 novembre 2004, les violences, lors des manifestations xénophobes en Côte d’Ivoire, particulièrement les viols, qui "constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au regard du droit international".

Le ton est particulièrement monté, via la presse, entre Jacques Chirac et Laurent Gbagbo, au cours du week-end, le premier affirmant que la France continuerait à "assumer ses responsabilités" en Côte d’Ivoire, pour éviter une dérive vers "un régime de nature fasciste" ; des propos qualifiés "d’insulte" par le second.

Evoquant l’attaque de l’aviation ivoirienne du fief rebelle de Bouaké, au cours de laquelle neuf soldats français ont été tués, le président Gbagbo a accusé la France d’avoir "objectivement" pris partie "pour les rebelles".

Lundi 15 novembre 2004 après-midi, cherchant à ramener les échanges sur un terrain plus diplomatique, le ministre français de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a assuré que pour la France, le régime ivoirien était "toujours légitime". Elle a aussi appelé à l’application des accords de paix de Marcoussis (signés en janvier 2003 par le pouvoir et la rébellion nordiste), "seule issue possible" à la crise.

Sur le terrain, Abidjan avait retrouvé, lundi 15 novembre 2004, un visage plus serein pour la "journée de la paix", après un week-end lui aussi relativement calme. La moitié nord du pays -sous contrôle rebelle depuis septembre 2002-, après quelques jours de sursis, était à nouveau privée d’électricité et d’eau potable. Ces coupures à répétitions, dues au gouvernement ivoirien selon les rebelles, font craindre le déclenchement d’épidémies.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies devait se réunir, lundi 15 novembre 2004, à New York, pour voter sur une résolution française prévoyant l’imposition conditionnelle de sanctions à la Côte d’Ivoire, comportant notamment un embargo d’un an sur les armes.

Ce vote intervient au lendemain d’un sommet de chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest, réuni, à Abuja, à l’initiative de l’Union Africaine (UA). Ils ont apporté leur soutien au projet onusien, "en particulier l’embargo sur les armes".

Agence France Presse

La France en Côte d’Ivoire pour éviter des "massacres" comme au Rwanda, selon Mme Alliot-Marie

PARIS (AP) - La ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a estimé, lundi 15 novembre 2004, qu’il était nécessaire, pour la France, de rester en Côte d’Ivoire, afin d’éviter d’éventuels massacres comme au Rwanda. "Il est évident que, en venant en septembre 2002, et dans les mois suivants, nous avons évité des massacres du type de ce qu’il y a eu au Rwanda", où plus de 500000 personnes furent tuées lors du génocide de 1994, a estimé Mme Alliot-Marie lors d’une rencontre avec des journalistes étrangers.

Il y a certes eu des massacres en Côte d’Ivoire, des charniers y ont été retrouvés, "mais ils auraient été infiniment plus importants, si nous avions laissé faire. C’est toujours une de nous préoccupations aujourd’hui", a-t-elle ajouté.

Mme Alliot-Marie a déclaré : "Pourquoi est ce que je dis que nous craignons une situation, un massacre, comme au Rwanda ? (...) C’est parce que la situation est aussi une situation d’opposition et de rejet de certains groupes sur des bases ethniques." "On voit que les ferments de tels massacres existent, aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, et c’est une raison suffisante pour le maintien de la présence de la force de l’ONU et de notre présence", a-t-elle ajouté.

Au sujet de l’embargo sur les armes, examiné, lundi 15 novembre 2004 au soir, par le Conseil de sécurité de l’ONU, Michèle Alliot-Marie a estimé qu’il servait aussi à "faire passer l’idee que la première des choses c’est d’empêcher que les gens aient les moyens de se tuer les uns les autres".

Jacques Chirac évoque la Côte d’Ivoire et le sommet de la Francophonie avec Abdou Diouf

PARIS (AP) - Le président français, Jacques Chirac, a reçu, lundi 15 novembre 2004 au soir, le secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf, avec lequel il a évoqué la situation en Côte d’Ivoire et l’organisation du prochain sommet de la Francophonie.

Selon le porte-parole de l’Elysée, Jérôme Bonnafont, Jacques Chirac a exposé à son interlocuteur « les efforts de la France en faveur de la paix et de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire et a remercié l’OIF pour son action ».

Les deux hommes ont également évoqué la préparation du 10e sommet de la francophonie, qui se tiendra à Ouagadougou (Burkina Faso), du 25 novembre au 27 novembre 2004. « L’entretien a porté sur les participants au sommet, Etats membres ou invités spéciaux, sur les textes qui seront adoptés et sur les discussions politiques ».

Associated Press

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