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lundi 20 février 2017
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AFP, AP, 16 novembre 2004

Irak : Les Américains à la reconquête de Mossoul ; mort de Margaret Hassan


BAGDAD (AFP) - L’armée américaine s’est employée, mardi 16 novembre 2004, à réduire le dernier carré de résistance à Falloujah, et a annoncé l’ouverture d’une enquête, après la diffusion d’images montrant l’exécution d’un blessé par un US Marine, dans une mosquée de la ville.


Au neuvième jour de l’assaut sur Falloujah, à 50 km à l’ouest de Bagdad, des violents combats opposaient toujours l’armée américaine aux combattants résistants dans le sud de la ville, où la population manque de tout. Selon le témoignage d’un journaliste de l’AFP, la nourriture fait défaut, les blessés ne sont plus soignés faute de médicaments et les cadavres des combattants jonchent les rues dans lesquelles nul ne s’aventure de crainte des tireurs d’élite américains.

Lancée le 8 novembre 2004, la bataille de Falloujah a fait 39 morts et au moins 278 blessés dans les rangs américains, cinq morts dans ceux de l’armée irakienne et 1200 parmi la résistance, selon l’armée américaine, qui a aussi fait état de 1052 personnes détenues, dont une quinzaine d’étrangers.

L’armée a par ailleurs déclaré, mardi 16 novembre, enquêter sur l’exécution d’un homme blessé et désarmé, par un US Marine, dans une mosquée de Falloujah, dont plusieurs télévisions américaines avaient montré les images lundi 15 novembre 2004. Le militaire, appartenant à la 1ère division des marines, "a été retiré du terrain en attendant les résultats de l’enquête", a affirmé l’armée dans un communiqué.

Selon CBS News, l’homme qui a été abattu faisait partie des résistants découverts dans une mosquée et attendait de recevoir des soins médicaux. Un journaliste de de la chaîne NBC a raconté que le soldat, qui avait lui-même été blessé la veille au combat, ne savait pas que cet homme était non armé.

Le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Louise Arbour, a souligné que "toute violation du droit international humanitaire et des droits de l’homme doit faire l’objet d’une enquête" et leurs auteurs "remis à la justice". Dans un communiqué, elle s’est aussi dite "profondément préoccupée" par la situation des civils à Falloujah.

Par ailleurs, la France a demandé aux Etats-Unis de pouvoir rencontrer "dans les meilleurs délais" Mohammad Al-Joundi, le chauffeur syrien des deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, enlevés avec lui, le 20 août, et qui a été découvert, vendredi 12 novembre 2004, à Falloujah. L’armée américaine a précisé n’avoir aucune information sur le lieu de détention des deux Français.

Un site internet islamiste a mis en ligne un enregistrement sonore attribué à l’islamiste jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui, ennemi numéro un des Etats-Unis en Irak, dans lequel il exhorte ses partisans à se préparer à résister à une extension à d’autres villes d’Irak de l’offensive américaine en cours à Falloujah.

Plusieurs villes à majorité sunnite sont en effervescence depuis le début de l’offensive sur Falloujah. A Mossoul, à 370 km au nord de Bagdad, où une dizaine de postes de police avaient été abandonnés ou pris par les résistants, la semaine dernière, 1200 soldats américains et des forces de sécurité irakiennes ont lancé, mardi 16 novembre 2004, une opération destinée à rétablir l’ordre.

A Ramadi, à 100 km à l’ouest de Bagdad, des accrochages sporadiques ont éclaté, mardi 16 novembre 2004, entre des soldats américains et des résistants.

Par ailleurs, un soldat américain a été tué et un autre blessé dans une attaque qui a visé leur convoi, au nord de Bagdad.

Au sud de la capitale irakienne, dans une région déserte proche de Latifiyah, dix-huit corps en état de décomposition avancée, certains décapités, ont été retrouvés, lundi 15 novembre 2004, par des habitants.

A une semaine de la conférence internationale sur l’Irak convoquée, les 22 novembre et 23 novembre 2004, à Charm-el-Cheikh, en Egypte, le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, a remis sa démission au président Georges W. Bush. Le ministre doit cependant rester en fonctions jusqu’à l’arrivée de son successeur, la conseillère pour la sécurité nationale Condoleezta Rice. La conférence de Charm el-Cheikh doit réunir l’Irak et ses voisins (Iran, Koweït, Arabie saoudite, Syrie, Turquie, Jordanie), les pays du G8 (USA, Russie, Japon, Canada, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie), ainsi que l’Onu, la Ligue arabe et la Conférence de l’organisation islamique (OCI).

Enfin, le parlement hongrois a refusé, lundi 15 novembre au soir, de prolonger au delà du 31 décembre 2004 le mandat de ses soldats en Irak (300 hommes). La Hongrie est le huitième pays de la coalition à retirer ses troupes.

Agence France Presse

Les Américains à la reconquête de Mossoul ; mort de Margaret Hassan

MOSSOUL, Irak (AP) - Américains et Irakiens ont lancé, mardi 16 novembre 2004, une offensive contre des résistants, dans plusieurs parties de la ville de Mossoul, dans le nord de l’Irak : au moins trois civils ont été tués dans les affrontements et vingt-cinq autres blessés.

Les cinq ponts de Mossoul, troisième ville d’Irak, peuplée d’un million d’habitants, ont été fermés à la circulation dès le début des opérations et les forces américaines ont commencé à se déployer pour renforcer la sécurité des postes de police dans l’ouest de la ville, a déclaré la capitaine Angela Bowman de la Force Olympia.

Des tirs de mortier ont touché deux endroits proches d’un bâtiment gouvernemental, dans le centre-ville, tuant trois civils et en blessant vingt-cinq autres, selon des responsables hospitaliers. Une voiture piégée a également explosé près d’un convoi américain dans un quartier sunnite de l’ouest de Mossoul, mais on ne faisait pas état de victimes.

Quelque 1200 soldats américains participent à l’offensive pour reprendre une dizaine de postes de police abandonnés par les forces irakiennes après l’insurrection déclenchée dans cette ville, par des résistants, en représailles à l’offensive menée par les Américains sur Falloujah.

Depuis le début des combats à Falloujah le 8 novembre 2004, des résistants ont attaqué des postes de police, les forces de sécurité irakiennes, des convois militaires américains et des installations pétrolières, dans plusieurs villes d’Irak majoritairement sunnites. Le pays chiite et le Kurdistan demeurent calmes en revanche.

A Bagdad, les forces américaines ont arrêté Nassir Ayaef, un membre important d’un parti politique sunnite influent, le Parti islamique irakien, dans un raid effectué à l’aube à son domicile, selon un responsable de ce parti, Ayad Al-Samarrai. "Cette action est une sorte de punition à l’égard du Parti islamique parce que nous nous opposons à ce qui se passe en Irak, particulièrement à Falloujah, et par rapport à la politique suivie par les Américains et le gouvernement irakien en matière de sécurité", a précisé M. Al-Samarrai. M. Ayaef est un membre du Conseil national intérimaire.

La semaine dernière, le Parti islamique irakien avait quitté le gouvernement du Premier ministre, Iyad Allaoui, pour protester contre l’offensive à Falloujah, affirmant qu’elle "menait et mènerait à davantage de tueries et à un génocide sans aucune indulgence de la part des Américains".

Par ailleurs, la famille de l’otage d’origine britannique, Margaret Hassan, a annoncé qu’elle avait de bonnes raisons de penser qu’elle était morte, a annoncé le ministère britannique des Affaires étrangères. Mme Hassan, 59 ans, dirigeait la représentation de l’organisation humanitaire CARE International à Bagdad. Enlevée le 19 octobre 2004, elle vivait depuis 30 ans en Irak.

Associated Press

Accrochages entre soldats américains et résistants à Baaqouba

Des accrochages ont opposé, mardi 16 novembre 2004 après-midi, des soldats américains à des résistants, dans la ville de Baaqouba, à 60 km au nord-est de Bagdad, rapporte un journaliste de l’AFP.

Les affrontements ont commencé à 17h30, lorsque des résistants ont attaqué les soldats américains à la roquette antichar. Le poste central de police a également été atteint par 10 obus de mortier et des roquettes, selon un policier qui a qualifié la situation de "très mauvaise".

Selon les soldats américains, des résistants circulent toujours dans la ville. Aucun bilan d’éventuelles victimes n’était disponible dans l’immédiat. Selon un officier américain, les résistants se rassemblent autour du stade municipal, où il y aurait entre 20 à 25 personnes armées de fusils-mitrailleurs kalachnikov et de lance-roquettes antichar. Il a ajouté que des résistants avaient également pris position le long des routes principales. Selon William Chlebowski, le commandant de la force expéditionnaire 16, "il s’agit d’une attaque isolée contre des cibles fixes, contre un commissariat de police et contre le bâtiment du CMOC", les forces conjointes irako-américaines. "Quatre gardes nationaux ont été blessés", a-t-il dit.

De violents accrochages avaient éclaté, lundi 15 novembre 2004, dans la ville, durant lesquels plus de 20 résistants ont été tués, selon l’armée américaine. Baaqouba et sa région sont le théâtre de fréquentes attaques contre les troupes américaines et irakiennes ainsi que contre les responsables locaux.

Agence France Presse

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