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vendredi 24 mars 2017
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AFP, 17 novembre 2004

Proche Orient : Les islamistes boycotteront l’élection palestinienne


Une mosquée à Gaza

GAZA (AFP) - Les mouvements radicaux palestiniens Hamas et Jihad islamique ont lancé un pavé dans la mare, mardi 16 novembre 2004, en annonçant au nouveau chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Mahmoud Abbas, qu’ils boycotteraient l’élection présidentielle prévue le 9 janvier 2005.

Le Mur israélien, à Abu Dis, le 4 novembre 2004


"L’élection présidentielle est illégale", a affirmé Mahmoud Zahar, un des chefs du mouvement radical palestinien Hamas dans la bande de Gaza, avant sa rencontre à Gaza avec M. Abbas. "Cette élection est un prolongement du processus d’Oslo qui a déjà échoué et qui est fini", a-t-il ajouté, en référence aux accords d’Oslo signés en 1993 sur l’autonomie palestinienne. Après ses entretiens avec le chef de l’OLP, M. Zahar a indiqué avoir pris rendez-vous avec ce dernier "pour rediscuter de la question des élections dans quelques jours". Il a précisé que les discussions ont porté sur "la nécessité de préserver l’union nationale".

Mahmoud Zahar (au centre de l’image)

Un porte-parole du Jihad islamique, Nafed Azzam, a de son côté affirmé que son organisation boycotterait également ce scrutin, "car le président palestinien élu engagera fatalement un dialogue avec les Etats-Unis et Israël, que nous rejetons". Selon ce porte-parole, le Jihad doit lui aussi avoir de nouveaux entretiens avec M. Abbas, et lui a par ailleurs indiqué qu’il voulait participer à des élections municipales. En boycottant la présidentielle, les deux mouvements islamistes augmentent en fait les chances de M. Abbas de succéder à Arafat, qui a remporté l’unique présidentielle palestinienne en 1996.

Nafez Azzam

Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, groupe armé proche du Fatah, la principale composante de l’OLP, ont cependant exprimé leur hostilité à M. Abbas. "Nous avons décidé d’appuyer la candidature de Marwan Barghouthi", chef du Fatah en Cisjordanie, incarcéré en Israël à perpétuité pour meurtres, a indiqué un porte-parole des Brigades sous couvert d’anonymat. M. Abbas devait aussi rencontrer, mardi 16 novembre 2004, les chefs de mouvements d’opposition comme le Front populaire de libération de la Palestine et le Front démocratique de libération de la Palestine. Dans la matinée, il s’était entretenu avec une délégation du Fatah, mouvement qui doit en principe le désigner prochainement comme son candidat à la présidentielle.

Marwan Barghouthi

Le début des entretiens à Gaza de M. Abbas avec les divers mouvements palestiniens, dimanche 14 novembre 2004, a été marqué par une fusillade qui a fait deux tués. Mais les proches de M. Abbas ont estimé qu’il ne s’agissait pas d’une tentative d’assassinat contre sa personne.

Au moment où éclate une fusillade, les gardes du corps de Mahmoud Abbas forment un écran devant lui, à Gaza, le 14 novembre 2004

Mohammad Dahlane, considéré comme "l’homme fort" dans la bande de Gaza, et qui soutient M. Abbas, a affirmé que cette fusillade devrait inciter à régler la crise dans le domaine de la sécurité qui affecte les territoires palestiniens. "Seul Abou Mazen (nom de guerre de Mahmoud Abbas) peut servir de passerelle entre le passé, le présent et le futur", a affirmé M. Dahlane aux journalistes. "L’incident qui s’est produit, dimanche 14 novembre 2004, à Gaza, va pousser la direction palestinienne à prendre des mesures le plus vite possible pour faire respecter la loi. Mais nous ne pouvons pas imposer une solution en pressant sur un bouton", a prévenu M. Dahlane.

Mahmoud Abbas, entraîné par ses gardes du corps, à Gaza, le 14 novembre 2004

Un haut responsable des services palestiniens de sécurité a estimé que l’Autorité palestinienne ne pourrait pas désarmer la myriade de mouvements durant les huit semaines précédant les élections. "Le seul moyen est d’exercer des pressions publiques sur ces groupes, mais je ne pense pas que nous disposions de suffisamment de temps d’ici aux prochaines élections", a également déclaré M. Dahlane.

Mahmoud Abbas, entraîné par ses gardes du corps, à Gaza, le 14 novembre 2004

Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a pour sa part indiqué, mardi 16 novembre 2004, qu’il pourrait envisager de coordonner le retrait israélien de la bande de Gaza avec la nouvelle direction palestinienne, si celle-ci se montre déterminée à lutter contre les groupes armés.

Ariel Sharon

Par ailleurs, alors que des rumeurs persistantes circulent, dans l’opinion palestinienne et dans le monde arabe, sur un empoisonnement, par Israël, de Yasser Arafat, décédé, le 11 novembre, à Percy. L’hebdomadaire français "Le Canard enchaîné" revient, dans son édition du 17 novembre, sur les causes de sa mort, affirmant que le dirigeant palestinien était atteint d’une cirrhose du foie. Yasser Arafat était atteint d’une "cirrhose" du foie, bien qu’il ait été "un vrai buveur d’eau", mais "les causes de son décès sont multiples", affirme le Canard enchaîné à paraître le mercredi 17 novembre 2004, citant des médecins "ayant eu accès au patient Arafat et à son dossier".

Yasser Arafat

Dès l’admission du dirigeant palestinien à l’hôpital militaire Percy de Clamart, près de Paris, écrit l’hebdomadaire, les médecins "suspectent de graves lésions hépatiques" susceptibles de perturber la formule sanguine, d’où son placement en hématologie. Si le diagnostic de leucémie est "vite écarté", poursuit le Canard enchaîné, "le foie est effectivement en mauvais état. En langage médical courant, il s’agit d’une forme de cirrhose dite "mécanique". "Pour un public non averti, cirrhose, ça veut dire alcoolo. Et dans le contexte, ça n’était pas possible", explique un médecin "de Percy", cité par le journal satirique.

L’hélicoptère transportant Yasser Arafat arrive à l’hôpital militaire de Perçy, à Paris, le 29 octobre 2004

Le Canard enchaîné souligne encore que, selon les médecins, "les conditions de vie qui ont été faites ces trois dernières années à Arafat n’ont pas arrangé les choses" et qu’il "n’a pu bénéficier de soins adaptés à son état". "Le scénario le plus probable est que "les causes du décès sont multiples". Son coma aurait été provoqué par l’aggravation de son état hépatique, autrement dit, de sa cirrhose. Avec pour finir une hémorragie", conclut l’hebdomadaire.

Agence France Presse

Vue de l’hôpital militaire de Perçy, à Paris, le 5 novembre 2004

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