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mardi 15 août 2017
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AFP, AP, 17 novembre 2004

Irak : Gerhard Schroeder appelle Washington à tirer les conséquences des difficultés


Le chancelier allemand, Gerhard Schroeder, a appelé les Etats-Unis à tirer les conséquences de leurs difficultés en Irak en discutant davantage avec leurs partenaires, dans un entretien à paraître, jeudi 18 novembre 2004, dans l’hebdomadaire Die Zeit.


Opposant de la première heure à une guerre en Irak, le chancelier espère ainsi "que l’on reconnaisse qu’on peut certes gagner seul une guerre, mais pas la paix, et qu’on en tire la conséquence en discutant avec plus de soin que jamais avec les partenaires" potentiels pour la paix.

A la question de savoir si le secrétaire d’Etat démissionnaire Colin Powell allait lui manquer, Gerhard Schroeder répond : "oui, parce qu’il connaît notre pays, avec lequel il est lié d’amitié". Néanmoins, "je me réjouis de coopérer avec Condoleezza Rice" (qui succède à M. Powell), ajoute le chancelier allemand.

Concernant la situation en Irak, Gerhard Schroeder estime que "plus de troupes, d’où qu’elles viennent, ne seraient en mesure d’apporter plus de sécurité en Irak". "C’est avec la tenue d’élections et un gouvernement légitimé, c’est en donnant les rênes du pays aux Irakiens et en contribuant à ce qu’ils soient en mesure d’assurer leur propre sécurité, aussi bien grâce à la police que grâce à l’armée, que l’on crée plus de sécurité en Irak", ajoute Gerhard Schroeder.

Selon le coordonnateur du gouvernement allemand pour les relations germano-américaines, Karsten Voigt, qui s’exprimait lors d’une visite à Washington, il n’y a côté allemand "pas de préjugé négatif" à l’égard de Mme Rice, et le temps est venu pour un "nouveau début" dans les relations bilatérales, et pour la définition d’intérêts communs.

Selon M. Voigt, il y aura toujours à l’avenir des divergences "sur tel ou tel point" avec l’administration Bush, car l’Allemagne ne se range plus "automatiquement" du côté de Washington comme au temps de la Guerre froide, mais "doit se laisser convaincre". M. Voigt a aussi exhorté les politiciens allemands à éviter d’attiser les sentiments anti-américains.

Parmi les domaines prioritaires d’une coopération, il a cité la résolution du conflit palestino-israélien qui ne peut réussir que si les Européens et les Américains "tirent sur la même corde".

L’un des chefs du parti des Verts, membre de la coalition au pouvoir, Reinhardt Buetikofer, a appelé à ne pas caricaturer Mme Rice, qui a "joué un rôle autonome" dans la première administration Bush, et qui ne peut être classée dans la même catégorie que les partisans de la guerre en Irak comme le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.

Agence France Presse

Une trentaine de policiers irakiens enlevés

BAGDAD (AP) - Les forces de sécurité irakiennes, qui ont vu une soixantaine de leurs membres massacrés dans deux embuscades, en octobre, ont annoncé, mercredi 17 novembre 2004, l’enlèvement de 31 policiers, dans l’ouest du pays, tandis que les combats se poursuivaient à Falloujah et qu’un attentat-suicide faisait dix morts au nord de Bagdad.

Les policiers ont été enlevés, dimanche 14 novembre 2004, par une vingtaine de tireurs qui ont pris d’assaut leur hôtel, à Rutba, près de la frontière jordanienne.

Les violences ainsi que l’assassinat de l’otage irakienne d’origine irlando-britannique Margaret Hassan ont toutefois été éclipsés dans la presse arabe, mercredi 17 novembre, par les images du meurtre, samedi 13 novembre 2004, d’un Irakien blessé, non armé, par un US Marine, à Falloujah.

Le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui, s’est déclaré "très préoccupé", selon ses services. Le commandant de la force multinationale, le général George Casey, l’a "assuré de ce qu’une enquête d’urgence était en cours et qu’il en partagerait la totalité des conclusions avec le gouvernement irakien dans une complète transparence".

D’aucuns dénoncent un crime de guerre, d’autres un nouveau faux pas qui, à l’instar des exactions commises par les forces américaines dans la prison d’Abou Ghraïb, nuit à l’image des Etats-Unis et à leurs efforts de stabilisation de l’Irak.

Le responsable chiite libanais, Afif Naboulsi, a pour sa part qualifié le meurtre de Falloujah et la mort de la directrice de CARE International en Irak "d’actes barbares qui ne peuvent pas être excusés".

La famille de Margaret Hassan et le gouvernement britannique estiment que c’est probablement bien cette femme de 59 ans, enlevée le 19 octobre 2004, qui apparaît sur la vidéo d’une exécution reçue par la chaîne de télévision panarabe Al-Jazira. Aucun groupe n’avait revendiqué le rapt.

Le chauffeur syrien des journalistes français Georges Malbrunot et Christian Chesnot, enlevé avec eux, le 20 août, et retrouvé, jeudi 11 novembre, par les Américains à Falloujah, a, quant à lui, été relâché, à Bagdad, mercredi 17 novembre 2004. Mohammed Al-Joundi a pris contact avec l’ambassade de France. Selon son beau-frère, Ali Merhebi, "il est en pleine sécurité". Il ne serait resté que 15 jours avec les deux journalistes pour la libération desquels Paris dit "continuer de nouer tous les contacts indirects possibles".

Un routier irakien a, lui, été libéré, lors d’un raid irakien et américain, au sud de Bagdad.

La force multinationale poursuit aussi ses opérations à Falloujah. La ville retentissait toujours, mercredi 17 novembre 2004, des tirs de mitrailleuses, des explosions et des survols accompagnant la traque des résistants, tandis que des résistants regagnaient apparemment la ville en traversant l’Euphrate à la nage.

Quatre camions d’aide humanitaire pour Falloujah sont néanmoins arrivés du Koweït, mercredi 17 novembre 2004, selon le Croissant-Rouge. D’après des habitants de Falloujah réfugiés à Ramadi, les chefs locaux de la résistance, Abdullah al-Janabi et Omar Hadid, continuent de résister.

Les combats se poursuivent aussi ailleurs, dans le triangle sunnite, à Ramadi, au sud de Bagdad, où une bombe a tué deux gardes nationaux irakiens ; à Baaqouba, frappée par des tirs de mortiers, mardi 16 novembre 2004 au soir ; alors que Mossoul paraît plus calme.

Le bilan le plus lourd est celui d’un attentat-suicide, au passage d’un convoi américain, à Beiji, qui abrite la plus grande raffinerie de pétrole irakienne, à 250 km au nord de la capitale : dix morts et neuf blessés, selon les autorités hospitalières.

Côté américain, on dénombre 1206 morts en Irak, dont 1203 militaires depuis le début de l’invasion.

Associated Press

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