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République arabe sahraouie démocratique
L’ex-homme fort du Maroc et ministre de l’Intérieur du défunt roi Hassan 2, Driss Basri, a appelé Alger et Rabat à faire preuve de pragmatisme dans le conflit du Sahara occidental qui les oppose depuis près de 30 ans, dans un entretien publié, jeudi 18 novembre 2004, dans la presse algérienne.
"Avec plus de sagacité, plus de pondération, plus d’intelligence et de savoir-faire, le Maroc et l’Algérie peuvent, s’ils s’y attellent clairement et loyalement, esquisser une solution pérenne, valable, juste et équitable", a affirmé Driss Basri dans un entretien publié, jeudi 11 novembre 2004, par le quotidien algérien El Watan.
Soulignant que "seul un référendum d’autodétermination réglera définitivement le problème", M. Basri a estimé qu"’il convient que les deux pays reviennent aux proportions réelles des termes et des paramètres les plus réalistes et les plus raisonnables". "Dire que le problème du Sahara occidental est un problème de décolonisation, c’est encore du jésuistisme, puisque les résolutions onusiennes (...) parlent uniquement de l’organisation d’un référendum d’autodétermination", a-t-il ajouté. M. Basri a, cependant, indiqué "qu’il n’y a pas à s’offusquer lorsque le gouvernement de Rabat dénonce l’Algérie comme soutien principal" du Polisario puiqu’elle "l’héberge, l’encadre, le conseille, l’arme".

Justifiant son opposition à une autonomie du Sahara, préconisée par le Maroc, M. Basri a estimé que celle-ci "fait perdurer le problème sans le régler au fond". Elle "préfigure, qu’on le veuille ou non, et les exemples à travers le monde sont nombreux, une sécession", a-t-il averti. Relevant "L’émergence au Maroc d’une idée de désintégration d’un royaume chérifien qui a souffert et qui souffre encore à maintenir son intégrité territoriale et son homogénéité communutaire nationale", il a souligné que "le Rif, le Gharb, la Chaouia, le Souss, le Tensift, ne manqueront pas de manifester quelque velléité autonomiste".
La position de M. Basri, dans un entretien au quotidien espagnol La Razon, en faveur d’un référendum, lui a valu d’être cloué au pilori par la presse marocaine, qui l’a accusé de "félonie". L’ancien ministre, éminence grise du palais royal pendant plus de trois décennies, limogé par le roi Mohammed 6 après son intronisation, en juillet 1999, vit à Paris.
Le Sahara occidental a été envahi, puis annexé, par le Maroc en 1975. Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame l’indépendance. L’ONU a réaffirmé, en 2004, son soutien au plan Baker qui préconise une période d’autonomie de cinq ans dans ce territoire quasi désertique de 266000 km2, avant un référendum d’autodétermination. Le conflit empoisonne les relations entre Alger et Rabat, hypothéquant la concrétisation de l’Union du Maghreb arabe (UMA), comprenant, outre ces deux pays, la Libye, la Mauritanie et la Tunisie.
Agence France Presse
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