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AFP, 18 novembre 2004

Irak : Succès fragile des Américains à Falloujah ; Jacques Chirac et William Clinton critiquent George Walker Bush


BAGDAD (AFP) - Les bombardements se sont poursuivis, jeudi 18 novembre 2004, sur la ville sunnite de Falloujah, où les forces américaines enregistrent un succès fragile, alors que le choix de George W. Bush de mener une guerre en Irak a été de nouveau critiqué par le président français, Jacques Chirac, et l’ancien président Américain, Bill Clinton.


"L’administration Bush a fait une erreur en allant en guerre au moment où elle l’a fait", a déclaré M. Clinton à la chaîne de télévision américaine ABC. "Beaucoup d’Américains n’en n’ont pas pris conscience", mais en déclarant ainsi la guerre, "les Etats-Unis se sont aliénés le monde", a ajouté l’ancien président démocrate.

Le président Chirac, avant de rencontrer, à Londres, le Premier ministre Britannique, Tony Blair, a pour sa part réaffirmé le point de vue de la France sur le conflit irakien. "Il ne fait aucun doute qu’il y a eu une augmentation du terrorisme et l’une des origines de cela a été la situation en Irak", a estimé M. Chirac dans une interview accordée à la BBC (télévision).

Cependant, la France et la Grande-Bretagne ont réaffirmé leur volonté de "voir un Irak stable et démocratique". "Je pense que les différences au moment du conflit sont bien connues, mais tous les deux nous travaillons à présent ensemble, (conformément) à la résolution 1546 des Nations Unies, tous les deux nous voulons voir un Irak stable et démocratique", a expliqué Tony Blair à l’issue de leur rencontre.

Sur le terrain, les bombardements et les combats se sont poursuivis, pour le dixième jour consécutif, à Falloujah, afin d’affaiblir les dernières poches de résistance.

Un document classé secret de l’armée américaine, cité, jeudi 18 novembre 2004, par le New York Times, a indiqué que le succès final de l’opération militaire à Falloujah est loin d’être acquis, et que la rébellion pourrait rapidement y revenir en force.

Dans un rapport de sept pages, dont le ton pessimiste tranche avec les communiqués officiels américains, des responsables des services de renseignement des US Marines mettent en garde contre tout retrait significatif de troupes américaines une fois l’offensive achevée. Selon eux, la résistance serait en mesure de reconstituer rapidement ses forces, à Falloujah et dans la région, où les troubles et les attaques pourraient rapidement gagner en intensité.

A la suite de la diffusion des images montrant un US Marine qui tire à bout portant sur un homme blessé et non armé, dans une mosquée de Falloujah, le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui, s’est dit, jeudi 18 novembre 2004, "très inquiet". "Le Premier ministre est très inquiet concernant des informations faisant état d’exécutions par la Force multinationale (FMN) à Falloujah et s’est entretenu de ce problème avec le commandant de la FMN en Irak, le général George Casey", a indiqué un communiqué du bureau de M. Allaoui.

Dans un même temps, à Téhéran, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a condamné ce qu’il a appelé les crimes commis par les "infidèles" à Falloujah. "Le massacre de civils, de femmes et d’enfants par milliers, l’exécution des blessés, la destruction de maisons, de mosquées et d’autres lieux de prières (...) empêchent tout musulman de dormir", a affirmé l’ayatollah Khamenei.

A Ankara, le Croissant-Rouge turc a annoncé l’envoi aux habitants de Falloujah d’un convoi d’assistance humanitaire composé de vivres et d’équipement médical, d’un montant de 500000 dollars.

De nouvelles violences ont été enregistrées également, jeudi 18 novembre 2004, dans plusieurs autres villes du pays. Deux civils irakiens ont été tués et quatre autres blessés dans un attentat suicide à la voiture piégée devant un poste de police à Bagdad.

A Kirkouk, au moins deux Irakiens ont été tués et un troisième a été grièvement blessé, dans une explosion, à proximité d’une position américaine.

Trois membres de la Garde nationale et deux policiers irakiens ont été blessés, dans l’explosion d’une bombe, à Mossoul, où les forces américaines mènent, depuis mardi 16 novembre 2004, une opération d’envergure, pour sécuriser les postes de police et les bâtiments gouvernementaux.

Au sud de Bagdad, quatre résistants ont été tués et deux policiers blessés, dans une attaque contre un convoi de la police, dans la ville de Latifiyah.

D’autre part, sept civils irakiens ont été tués, dans deux attaques menées à Baïji et Samarra, deux villes situées au nord de Bagdad, tandis que le corps décapité d’un ingénieur irakien qui travaillait dans une base américaine a été retrouvé à Baïji.

Enfin, la mort de la directrice de l’ONG Care international pour l’Irak, Margaret Hassan, n’a pas été confirmée officiellement, mais le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a déclaré que la responsable humanitaire, enlevée le 19 octobre 2004, avait "probablement été assassinée".

Alors que les journalistes français, Georges Malbrunot et Christian Chesnot, ont entamé leur quatrième mois de captivité en Irak, leur chauffeur syrien, Mohammad al-Joundi, retrouvé, vendredi 12 novembre, par les forces américaines, a pris contact avec les autorités françaises, à Bagdad.

Selon Robert Ménard, secrétaire général de l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières, les soldats américains l’avaient laissé, mercredi 17 novembre 2004, "dans la rue, sans argent", à Bagdad.

Agence France Presse

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