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jeudi 27 avril 2017
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AFP, 18 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Paris maintient son dispositif militaire à Abidjan


PARIS (AFP) - La France a décidé de maintenir en l’état son dispositif militaire à Abidjan, jugeant le retour au calme encore incertain, a indiqué, jeudi 18 novembre 2004, le ministère de la Défense.

Paris a en outre mis à disposition trois appareils de surveillance aérienne, destinés à vérifier que l’embargo immédiat sur les armes à destination de la Côte d’Ivoire était bien respecté.


"On est dans une phase de retour au calme qui est loin d’être complet". Il n’est donc "pas prévu de modification dans le dispositif" français mis en place d’urgence, à Abidjan, après l’attaque ivoirienne contre les soldats français à Bouaké, le 6 novembre 2004, et les manifestations anti-françaises qui ont suivi, a indiqué le colonel Gérard Dubois, de l’état-major des armées, lors du point-presse hebdomadaire du ministère de la Défense.

Tous les renforts sont donc maintenus en place, notamment les contingents de Licorne acheminés depuis l’intérieur du pays, ainsi que les unités dépêchées depuis la France, le Gabon et le Sénégal.

En revanche, le ministère a annoncé que les deux bâtiments de la marine nationale, le transport de chalands et de débarquement Foudre et la frégate La Fayette, qui avaient quitté Toulon, le 10 novembre 2004, à destination de la Côte d’Ivoire, ne débarqueraient leurs troupes et matériels que si la situation l’exigeait. Ces bâtiments transportent un total de 400 hommes à bord, le TCD Foudre transportant 200 hommes, 50 véhicules blindés et une demi-douzaine d’hélicoptères.

Le porte-parole du ministère de la Défense, Jean-François Bureau, a précisé que le maintien du dispositif militaire français en Côte d’Ivoire, et la présence de la force Licorne, constituaient "une mesure de précaution" pour le cas où d’autres évacuations seraient nécessaires.

A Abidjan, la force Licorne et la force de l’ONU contrôlent l’aéroport, point de passage obligé pour les évacuations de ressortissants. La gestion et la sécurité interne sont cependant assurées par les autorités ivoiriennes. "Cet aéroport est un élément important" pour le contrôle des sanctions décrétées, lundi 15 novembre 2004, par le Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment l’embargo immédiat sur les armes, a indiqué M. Bureau. Paris a mis à disposition, pour le contrôle de cet embargo deux avions de reconnaissance Mirage F1-CR, et un Bréguet Atlantic, également spécialisé dans la détection et la reconnaissance. "Ils sont dans la zone, pour la mission de contrôle", selon M. Bureau.

Interrogé sur la difficulté de vérifier le respect de cet embargo, en raison de la porosité des frontières ivoiriennes, le colonel Dubois a rappelé que l’Union africaine elle-même avait souhaité cet embargo. "Les Etats africains eux-mêmes ont demandé cet embargo, ils sont les premiers engagés dans ce blocus sur les armes vers la Côte d’Ivoire", a-t-il souligné. "Nous contrôlons l’aéroport avec la force de l’ONU et nous effectuons des patrouilles dans la zone sud" d’Abidjan, a précisé le colonel Dubois.

Le colonel Dubois a par ailleurs confirmé la saisie de drones (avions de reconnaissance sans pilote) sur l’aéroport d’Abidjan, lors de la prise de contrôle de cette emprise dans la nuit du 6 novembre au 7 novembre 2004. Dans le matériel retiré de ces drones d’observation, "rien n’indique qu’il y avait des éléments précis sur les emplacements des détachements Licorne dans le pays", a assuré le colonel Dubois. Il s’est refusé à préciser si ces drones étaient de fabrication israélienne, comme l’ont affirmé plusieurs journaux.

Le Monde, citant une source autorisée à Paris, a indiqué que "parmi plusieurs autres objectifs français", les cassettes de ces drones "contenaient le repérage par ses coordonnées GPS du lycée Descartes", où est cantonné le détachement français de Bouaké, dont 9 soldats ont été tués, le 6 novembre 2004, par un bombardement ivoirien.

Agence France-Presse

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