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mardi 22 août 2017
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ATS, 19 novembre 2004

Corruption : Sondage international sur l’image des politiciens et des managers

Suivi d’un commentaire


Vue de Berne

BERNE - Seuls 26 % des Suisses considèrent les politiciens comme des menteurs, une des proportions les plus basses du monde. Ils sont à 38 % à considérer les dirigeants économiques comme malhonnêtes. La même proportion que dans les autres pays.

Suisse


Pour plus de deux tiers de la population mondiale, les politiciens sont malhonnêtes, selon un sondage international réalisé dans 60 pays auprès de 50000 personnes. Et 40 % des gens ne font pas confiance aux dirigeants économiques. En Europe occidentale, 37 % des gens ne croient pas leurs politiciens.

La puissance des politiciens est considérée comme trop grande par 60 % des personnes interrogées, celle des managers par 49 %. En Suisse, le tableau est inversé : 66 % des sondés trouvent que les managers ont trop de pouvoir, alors que 42 % le pensent au sujet des politiciens. Sur ce point, la Suisse contraste même avec les pays d’Europe de l’ouest, dans lesquels la défiance vis-à-vis des patrons (57 %) dépasse légèrement celle vis-à-vis des politiciens (56 %).

Vue du Palais fédéral suisse

S’agissant des compétences attribuées, les Suisses se distinguent aussi : ils sont 23 % à considérer les politiciens comme incompétents, contre 26 % dans les pays d’Europe occidentale. En revanche, 20 % des Suisses contestent la compétence des hauts dirigeants écononomiques, contre 17 % en Europe de l’ouest.

Interrogés sur l’avenir, les Suisses sont beaucoup plus pessimistes que le reste du monde : 59 % d’entre eux craignent que la prochaine génération ne doive vivre dans un monde moins sûr. Dans le reste du monde, cette proportion n’est que de 45 %. A relever qu’en Europe de l’est, seuls 27 % des gens partagent cette crainte, contre 55 % en Europe de l’ouest et au Proche-Orient.

Agence télégraphique suisse

Commentaire

Ce sondage a le mérite de rappeler que la réalité est une chose et que la perception qu’on peut en avoir est une chose différente.

En l’occurrence, les politiciens suisses ne sont pas moins malhonnêtes que les autres. Bien au contraire, en Suisse, il est admis qu’un élu siège, à titre privé, dans les conseils d’administration de dizaines de sociétés, dont chacune lui paie de juteux jetons de présence. C’est tout à fait légal et, d’un point de vue juridique, ce n’est pas considéré comme de la corruption. On conviendra qu’il n’est pas difficile d’avoir l’air honnête quand la corruption est légalisée, institutionnalisée et parfaitement admise. Le code pénal suisse ne réprime que la corruption des fonctionnaires.

D’autre part, il faut savoir que la plupart des chroniqueurs politiques suisses manifestent la plus grande complaisance à l’égard des politiciens, entretenant le mythe de l’altruiste dévoué au bien public. A l’étranger, les médias sont moins complaisants.

Richard Cheney

En Suisse, les affaires de corruption ne sont pas seulement étouffées au niveau des médias locaux. Les politiciens de tous les partis n’étant pas moins corrompus les uns que les autres, ils se tiennent par la barbichette et ont un commun intérêt à fermer les yeux sur leurs magouilles réciproques.

Le Palais de Justice, à Genève

Dans le canton de Genève, les juges sont élus sur proposition des partis et ont besoin des partis pour leur réélection. Ils mettent donc un zèle tout particulier à couvrir les malversations du milieu politique local. Il m’est arrivé de me trouver devant un tribunal qui refusait d’enquêter, qui refusait d’auditionner mes témoins et qui refusait même d’examiner les preuves produites, alors qu’un député "socialiste" genevois était accusé de gestion déloyale, d’abus de confiance et d’escroquerie. Il est probable qu’aucun tribunal de Papouasie ne se serait abaissé à faire un tel étalage de sa corruption.

Frank BRUNNER

Bernard Bertossa : ex.procureur général du canton de Genève. Actuellement juge au Tribunal fédéral suisse. Il s’est fait une réputation de "pourfendeur de la corruption internationale", alors qu’il a passé toute sa carrière de procureur général à couvrir les malversations du milieu politique genevois

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