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lundi 27 février 2017
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AP, 20 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Nouveaux entretiens de Thabo Mbeki avec des protagonistes de la crise


PRETORIA/BUTUO (AP) - Nouveau round de pourparlers sur la crise ivoirienne. Le président sud-africain, Thabo Mbeki, médiateur de l’Union africaine, a rencontré, samedi 20 novembre 2004, le Premier ministre ivoirien, Seydou Diarra, puis le chef des rebelles, Guillaume Soro, pour une nouvelle série d’entretiens destinés à rechercher une solution pacifique au conflit qui s’est rallumé dans le pays.

Dans le même temps, les Nations Unies se mobilisent pour les milliers de réfugiés ivoiriens qui continuent d’affluer au Liberia voisin.


« Nous continuons nos consultations (...) pour voir dans quelle direction nous pouvons aller », a précisé le président sud-africain avant cette rencontre, selon l’agence SAPA. A l’issue de la rencontre qui a duré trois heures, le Premier ministre ivoirien s’est dit optimiste sur les efforts de médiation en cours. Il a affirmé partager l’opinion de M. Mbeki sur la mise en oeuvre d’un partage du pouvoir efficace, selon l’agence SAPA, qui ne fournit pas d’autres précisions.

Thabo Mbeki s’est ensuite entretenu avec le chef politique des Forces Nouvelles (FN, rébellion nordiste) Guillaume Soro. Ce dernier arrivait de Lomé, où il avait rencontré le président togolais Gnassingbé Eyadema, toujours sur les moyens de sortir du conflit ivoirien. A Lomé, M. Soro a estimé que le président Laurent Gbagbo avait désormais perdu « le droit moral et légal à continuer en tant que président légitime » de la Côte d’Ivoire.

Abidjan a relancé l’offensive, le 4 novembre 2004, avec des attaques aériennes sur le nord aux mains des rebelles. Deux jours plus tard, la mort, dans l’une de ces frappes, de neuf soldats français du dispositif Licorne, à Bouaké, provoquait la riposte de Paris, qui détruisait l’aviation d’Abidjan. Des journées de violence et de chaos s’en sont suivies, avec des émeutes et des troubles visant les Occidentaux, qui ont notamment provoqué l’évacuation de quelque 8000 ressortissants français du pays.

Si le calme semblait revenu ces derniers jours, dans la cité lagunaire d’Abidjan, on craint désormais que la Côte d’Ivoire ne replonge dans l’engrenage de la guerre civile et les tractations vont bon train pour tenter de redonner vie au processus de paix lancé par les accords de Marcoussis (France), puis les accords d’Accra (Ghana), jamais respectés par les parties.

Alors que l’exode des Occidentaux, via un pont aérien organisé principalement par la France, a été fortement médiatisé, quelque 19000 Ivoiriens, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), ont fui au Liberia, depuis le lancement de l’offensive d’Abidjan contre les zones rebelles. Les routes, impraticables, ont empêché l’acheminement de vivres pour les réfugiés et l’ONU a donc entamé, samedi 20 novembre 2004, un pont aérien, pour délivrer une aide alimentaire d’urgence à ces réfugiés, avec un premier vol transportant 20 tonnes de vivres.

Si le calme est revenu à Abidjan, le flux de réfugiés continue d’arriver au Liberia, les habitants de l’ouest ivoirien arrivant en nombre de plus en plus élevé, certains racontant que les forces gouvernementales tentent de les contraindre à prendre les armes ou que les rebelles cherchent à les empêcher de fuir. « Ici, on est en sécurité, il n’y a pas de doute », explique l’un de ces réfugiés, Mangou Mansuo, 40 ans. « Notre problème, maintenant, c’est la faim ». Au total, 180 tonnes vont donc être transportées, à compter de samedi 20 novembre 2004, à Butuo, à quatre kilomètres environ de la frontière ivoirienne. Les soldats de l’ONU qui participent à cette opération d’aide font partie de la force venue consolider l’accord de paix de 2003 au Liberia, pays se remettant lui-même difficilement d’années d’une sanglante guerre civile. Mais les habitants de Butuo ouvrent leurs portes à leurs frères venus de l’autre côté de la frontière, dont ils partagent la langue et l’ethnie. « Ils arrivent les poches vides », soupire Joseph Gbeadeah, qui a transporté des milliers d’entre eux depuis l’autre rive de la rivière Cesto, qui sert de frontière, sur son petit bac. « Nous ne leur faisons rien payer. Nous faisons ça par humanité », dit-il, tirant son radeau, actionné par une poulie, avec l’aide d’une équipe de volontaires.

Associated Press

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