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jeudi 22 juin 2017
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Reuters, 21 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Paris dénonce les propos racistes et calomnieux de Laurent Gbagbo


PARIS (Reuters) - La ministre française de la Défense dénonce "l’outrance" de propos de Laurent Gbagbo, qui a jugé crédibles des témoignages faisant état de manifestants ivoiriens "décapités" par des soldats français.


Interrogé sur France-Inter, Michèle Alliot-Marie a estimé que le climat de haine anti-française en Côte d’Ivoire était alimenté par des déclarations "racistes" et "xénophobes" des dirigeants ivoiriens et "extrêmement inquiétant".

Le cardinal-archevêque d’Abidjan, Bernard Agré, a dit, le 11 novembre 2004, au service français de Radio Vatican, avoir vu des "jeunes filles décapitées par l’armée française" dans des hôpitaux de la capitale économique ivoirienne. "Je n’ai pas été dans les hôpitaux mais tous ceux qui y sont allés l’ont dit", a déclaré, samedi 20 novembre 2004, le président ivoirien, sur un forum de discussion du Nouvel Observateur, en réponse à une question d’un internaute. "On peut considérer que ce témoignage répété par plusieurs personnes est vrai", a-t-il ajouté. Laurent Gbagbo a également parlé de "64 jeunes Ivoiriens morts" et de "1300 blessés sous les balles assassines de soldats français" de la force Licorne déployée en Côte d’Ivoire.

"Je crois que l’outrance même des termes employés par le président Gbagbo leur enlève toute crédibilité", a répliqué Michèle Alliot-Marie. "Ces propos relèvent de la désinformation, comme ceux qui ont conduit, par exemple, le président Gbagbo à mettre en doute la réalité des victimes militaires françaises de Bouaké." "Les organisations humanitaires internationales n’ont pas eu le droit d’accéder aux centres hospitaliers", a-t-elle ajouté. "Plutôt que de relancer des invectives de cette nature, le président Gbagbo devrait prendre la mesure de ses responsabilités. Il en va de l’intérêt de la Côte d’Ivoire et de l’intérêt de ses compatriotes."

Neuf soldats français ont été tués et 38 autres blessés, dans le bombardement de leur cantonnement par l’aviation ivoirienne, à Bouaké, dans le centre du pays, le 6 novembre 2004. A la suite de ce bombardement, les forces françaises ont détruit les deux chasseurs-bombardiers ivoiriens Soukhoï ainsi que trois hélicoptères de combat Mi-24, ce qui a été suivi par de violentes émeutes anti-françaises à Abidjan.

Depuis lors, 8332 ressortissants français de Côte d’Ivoire sont rentrés en France, dont 5434 à bord de 14 vols affrétés par le ministère des Affaires étrangères, selon le décompte fourni, vendredi 19 novembre 2004, par le Quai d’Orsay.

Pour la ministre française de la Défense, Laurent Gbagbo "se place dans le registre de la manipulation des foules à Abidjan en l’absence de toute presse libre et indépendante". Le climat de haine anti-française en Côte d’Ivoire "est extrêmement inquiétant", a-t-elle ajouté. "C’est d’ailleurs celui qui a conduit nos compatriotes à partir de Côte d’Ivoire." "Cette manipulation des foules est quelque chose d’extrêmement dangereux. Les propos racistes, les propos xénophobes que nous avons entendus de la part de dirigeants ivoiriens ne sont pas tolérables. C’est un problème pour leur pays, c’est un problème pour l’ensemble de l’Afrique."

Michèle Alliot-Marie a en revanche qualifié l’attitude des militaires français de "tout à fait remarquable". "La France n’est en guerre ni contre la Côte d’Ivoire ni contre les Ivoiriens. Au contraire, nous ne sommes là que pour essayer d’assurer le cessez-le-feu (...) Ce que nous voulons c’est éviter la partition de la Côte d’Ivoire", a-t-elle dit. "Nous sommes intervenus pour protéger nos ressortissants, au départ, et pour éviter des massacres entre Ivoiriens", a-t-elle ajouté. "C’est ça, notre rôle, et c’est notre seul rôle. Alors parler de guerre coloniale c’est quelque chose de ridicule."

Thabo Mbeki poursuit sa médiation

Dimanche 21 novembre, le président sud-africain, Thabo Mbeki, qui entreprend une médiation au nom de l’Union africaine, a de nouveau rencontré, à Pretoria, le Premier ministre ivoirien, Seydou Diarra, et le chef politique des rebelles, Guillaume Soro, pour des entretiens jugés "encourageants", selon l’expression employée par l’un de ses porte-parole. Thabo Mbeki avait déjà rencontré les deux hommes samedi 20 novembre 2004.

Thabo Mbeki a également annoncé qu’il comptait se rendre très prochainement en Côte d’Ivoire -à Abidjan mais aussi à Bouaké, fief des rebelles- pour y présenter ses propositions pour régler la crise et permettre de relancer les accords de paix de Marcoussis, signés en janvier 2003 en France.

Reuters

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