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jeudi 22 juin 2017
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AFP, 22 novembre 2004

Irak : Conférence internationale en Egypte


BAGDAD (AFP) - La Conférence internationale sur l’Irak qui réunit, lundi 22 novembre et mardi 23 novembre 2004, à Charm el-Cheikh (Egypte), les ténors de la diplomatie mondiale, a pour objectif de "rétablir un consensus" international, près de deux ans après l’entrée en guerre controversée des Etats-Unis en mars 2003.


"L’objectif de cette conférence est clairement de rétablir un consensus international sur l’Irak autour de la résolution 1546 du Conseil de sécurité et d’adresser un message encourageant aux Irakiens, en leur montrant le chemin" d’une sortie de crise, a affirmé un diplomate européen, qui a souhaité garder l’anonymat. La résolution 1546 prévoit le réexamen du mandat de la Force multinationale (FMN, dirigée par les Etats-Unis), à la demande du gouvernement intérimaire irakien ou douze mois après son adoption, le 9 juin 2004.

La conférence de Charm el-Cheikh réunit les 22 novembre et 23 novembre 2004, l’Irak, ses voisins (Syrie, Koweit, Iran, Arabie Saoudite, Jordanie, Turquie), les pays industrialisés du G-8, et la Chine. Elle rassemblera aussi l’ONU, l’Organisation de la conférence islamique (OCI), la Ligue arabe et la "troïka" arabe sur l’Irak, formée par le président actuel de la Ligue (Tunisie), son prédécesseur (Bahrein) et son successeur, l’Algérie, qui doit accueillir le prochain sommet arabe en 2005. L’Egypte y participera en tant que pays hôte et puissance concernée par la situation dans la région.

Par ailleurs, l’Iran a réaffirmé son rejet de la politique menée en Irak par les Américains. "Nous allons participer avec force à la conférence pour protester contre les agissements américains (en Irak) et insister sur la nécessité du départ des forces américaines", a déclaré, dimanche 21 novembre 2004, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi.

Le porte-parole de la Commission électorale chargée de préparer les élections générales en Irak a annoncé, dimanche 21 novembre 2004, qu’elles se tiendront le 30 janvier 2005, alors que le pays reste le théâtre de violences meurtrières. "Les élections doivent désigner une Assemblée nationale (transitoire), un Parlement autonome pour le Kurdistan irakien (parlement créé en 1992 dans cette région qui échappait au contrôle du régime de Saddam Hussein) et des conseils provinciaux", a indiqué à Beyrouth Farid Ayar.

Après des décennies de règne du parti unique, le Baas, la commission électorale a déjà autorisé 126 listes, dont 44 listes individuelles, sur un total de 198 qui ont été présentées pour participer à ces premières élections multipartites depuis 46 ans.

A Paris, les 19 pays membres du Club de Paris ont conclu, dimanche 21 novembre 2004, un accord pour effacer, en trois étapes, 80 % de la dette irakienne due à cet organisme, soit quelque 40 milliards de dollars. L’accord sur le chiffre de 80 % était souhaité par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui, partisans d’un geste fort, suggéraient une réduction de 95 %. Mais la Russie, la France et l’Allemagne, qui sont, derrière le Japon, les plus importants créditeurs de l’Irak au sein du Club, s’étaient prononcées pour une réduction de seulement 50 %. Le secrétaire américain au Trésor, John Snow, a salué "un véritable événement qui montre que l’Alliance transatlantique reste une puissance forte pour le bien dans le monde". A Berlin, il a invité les créanciers de l’Irak non membres du Club de Paris à imiter ce dernier.

Les troupes d’occupation américaines ont détruit 50 % des immeubles de Falloujah

Sur le terrain, le cousin du Premier ministre irakien Iyad Allaoui, Ghazi Allaoui, enlevé, à Bagdad, le 10 novembre, a été libéré dimanche 21 novembre 2004, a annoncé un responsable du parti de M. Allaoui, l’Entente nationale.

A Falloujah, près de deux semaines après le début de l’offensive, les troupes américaines et les forces gouvernementales irakiennes se heurtent toujours à quelques poches de résistance. L’armée américaine a découvert une vingtaine de "lieux de torture" dans cette ville, a déclaré, dimanche 21 novembre 2004, un officier. La ville, privée d’eau et électricté, offre désormais un spectacle de désolation. Au milieu des immeubles détruits, des corps et des bombes qui n’ont pas explosé jonchent les rues. "Le vrai problème, c’est celui du retour des civils dans la ville, et pour le moment le retour n’est pas préconisé", a déclaré un porte-parole de l’armée américaine, Francis Piccoli. Un officier des Marines a indiqué que 50 % des immeubles devraient être démolis.

D’autre part, de violents accrochages ont opposé, dimanche 21 novembre 2004 au matin, des résistants à des forces américaines et irakiennes, dans la ville de Latifiyah, au sud de Bagdad, près de laquelle 30 corps ont été découverts.

Par ailleurs, six personnes ont été tuées et 12 autres blessées dans des violences dans la ville de Ramadi, à 100 km à l’ouest de Bagdad, et trois autres dans des accrochages à Baïji.

Deux nouveaux corps, dont celui d’un soldat irakien, ont été découverts à Mossoul, où les troupes américaines et irakiennes poursuivent leurs opérations contre les repaires des résistants. Les corps de neuf soldats irakiens avaient été retrouvés, samedi 20 novembre 2004, dans la ville.

Le corps d’un entrepreneur irakien, accusé de travailler avec l’armée américaine, a été découvert dans la ville de Balad, au nord de la capitale.

Enfin, la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya a annoncé la libération de son correspondant à Falloujah, détenu pendant 11 jours par l’armée américaine.

Agence France Presse

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