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mardi 28 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Côte d’Ivoire (1ère partie) : Du 18 février 2004 au 24 décembre (...)
AFP, Reuters, 22 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Neuf journaux empêchés de paraître font une édition commune


ABIDJAN (AFP) - Les rédactions de neuf journaux ivoiriens indépendants ou d’opposition, empêchés de paraître depuis le 4 novembre, ont publié, lundi 22 novembre 2004 au matin, à Abidjan, une édition spéciale commune gratuite.


"Le but est de pousser un cri et de rappeler aux pouvoirs publics que nous protestons contre l’interdiction de publication de nos journaux", a expliqué Méité Sindou, rédacteur en chef du quotidien Le Patriote, organe du Rassemblement des Républicains (RDR), parti d’opposition de l’ex-Premier ministe Alassane Ouattara. Cette édition spéciale est distribuée via un réseau parallèle, ces neuf titres n’ayant plus accès au réseau Edi Presse, société privée chargé de la distribution des journaux en Côte d’Ivoire.

Ces titres, dont le dernier numéro paru date du 4 novembre, ne sont pas officiellement interdits, mais selon des sources concordantes, les autorités ont transmis à Edi-Presse une liste des journaux "autorisés à diffusion" sur lesquels ils ne figurent pas. Les locaux du Patriote et de 24 Heures ont par ailleurs été mis à sac et incendiés ce jour-là par des jeunes miliciens partisans du président Laurent Gbagbo, alors que l’aviation ivoirienne reprenait ses bombardement sur le nord du pays, aux mains des rebelles depuis septembre 2002.

"Nous refusons de mourir", lit-on en une de cette édition spéciale de douze pages, réalisée par les quotidiens Le Jour, 24 Heures, Ivoire Matin, Le Libéral Nouveau, Le Nouveau Réveil (organe du Parti démocratique de Côte d’Ivoire -PDCI, ex-parti unique), Le Front (proche de la rébellion) et Le Patriote. Chaque rédaction a rédigé une page ou une double page, qui reprend la maquette du journal en question. L’Evènement et Le Journal des journaux n’ont pas réalisé de page mais sont associés à cette édition, a indiqué M. Sindou.

La dernière page de cette édition, d’une qualité de fabrication moins bonne que celle habituellement affichée par ces titres, est entièrement noire. En bas à droite, il est simplement écrit : "4 novembre 2004-22 novembre 2004 : Depuis 18 jours, le régime Gbagbo impose à la Côte d’Ivoire une éclipse de la presse". Les neuf titres envisagent de reparaître le 29 novembre 2004, a indiqué à l’AFP M. Sindou.

Agence France Presse

Laurent Gbagbo souhaite que le désarmement "devienne une réalité"

PARIS (Reuters) - Laurent Gbagbo souhaite que le désarmement en Côte d’Ivoire "devienne enfin réalité" afin de permettre un retour au calme et de préparer les élections de l’automne prochain. "La paix commence par le désarmement (...) Il faut que le désarmement devienne enfin réalité pour permettre la réunification du pays et passer à la préparation des élections", explique le président ivoirien dans un entretien publié par L’Humanité. "J’ai espoir que ce que l’ONU a entrepris ira cette fois jusqu’au bout et que, le 15 décembre 2004, le désarmement commencera véritablement", poursuit-il.

Les accords de paix de Marcoussis, signés en janvier 2003, "parlaient d’un désarmement immédiat. Ce gouvernement a été formé en mars 2003 et nous sommes en novembre 2004. L’immédiat est (du côté des rebelles) un peu long et lent, non ?", s’interroge Laurent Gbagbo.

"Notre pays a été agressé par une horde de terroristes qui se sont préparés dans des Etats voisins. La France aurait dû être à nos côtés", estime Laurent Gbagbo. Paris "n’avait pas à se définir comme une "force impartiale" (...) mais à prendre parti contre les agresseurs de l’Etat ivoirien". "J’ajoute qu’un certain nombre de pays estiment désormais que la France est non pas "impartiale" mais juge et arbitre dans cette affaire (...) Je me suis gardé jusqu’à maintenant de prendre position mais il faudra bien un jour que cette interrogation mûrisse en plein jour", explique le président ivoirien.

Laurent Gbagbo renouvelle par ailleurs son appel aux Français qui ont quitté la Côte d’Ivoire devant la flambée de violences début novembre 2004. "Je (leur) dis : venez, venez ! Nous sommes toujours dans la même barque. C’est ici que se trouvent votre vie et celle de vos enfants", explique-t-il. Les Français, "on les appelle la 62e tribu de Côte d’Ivoire et la 63e ce sont les Libanais. Il y a la place pour ces tribus dans notre barque".

Reuters

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