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AFP 30 janvier 2004

Iran : Les conservateurs ne revalident qu’un tiers des candidatures rejetées


Teheran vu par satellite

TEHERAN (AFP) - Les organes conservateurs iraniens ont annoncé vendredi n’avoir revalidé qu’environ un tiers des candidatures aux législatives initialement rejetées, ce qui risque fort de ne pas satisfaire les réformateurs, désormais placés devant des décisions douloureuses.

Le Conseil des gardiens de la constitution, qui a la haute main sur la validation des candidatures électorales, a indiqué, selon un communiqué publié par l’agence estudiantine Isna, avoir repêché 1.160 candidats préalablement désavoués par les commissions de contrôle électoral.


Ces commissions de contrôle électoral ont provoqué une grave crise institutionnelle en censurant 3.605 candidatures, très majoritairement réformatrices, sur les 8157 déposées, selon les chiffres énoncés jusqu’alors.

En fait, a écrit le Conseil des gardiens de la constitution -qui avait jusqu’à vendredi soir pour remettre ses listes révisées au ministère de l’Intérieur-, ce sont 7900 prétendants à un des 290 sièges du parlement qui s’étaient inscrits. Sur ce total, après le réexamen ordonné par le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, 5.451 dossiers ont été validés, a dit le Conseil des gardiens de la constitution.

Ali Khamenei

Dans son communiqué, le Conseil des gardiens de la constitution ne répond pas à une question capitale : les 80 députés sortants et autres personnalités réformatrices ont-ils été repêchés comme l’exigeaient les réformateurs ?

Il se contente de préciser que ceux qui sont restés sur le carreau ont encore trois jours à partir de vendredi minuit pour introduire un recours, puis le Conseil disposera de sept jours pour se prononcer. Il ne restera plus alors qu’une dizaine de jours pour faire campagne.

Face aux protestations des réformateurs, inquiets d’une compétition faussée, le Conseil des gardiens de la constitution fait valoir qu’il y a en moyenne 19 postulants pour un siège.

Avant même la déclaration du Conseil des gardiens de la constitution, les députés qui observent un sit-in au parlement ont dit qu’ils ne se contenteraient pas d’un peu plus d’un millier de revalidations et qu’ils attendaient encore quelques heures avant de "tenir leur promesse au peuple" de rendre leur mandat et de boycotter les élections.

Les réformateurs ont dénoncé comme un "coup d’Etat" les rejets sous prétexte de manquements à l’islam et à la constitution. Il ne fait aucun doute pour eux que les conservateurs essaient ainsi de reprendre tous les leviers du pouvoir.

Depuis le 11 janvier 2004, les réformateurs ont menacé d’une démission collective, de leurs ministres, de leurs députés, et même du président réformateur Mohammad Khatami. Ils menacent aussi de ne pas organiser les élections.

Le ministère réformateur de l’Intérieur et les gouverneurs, tous réformateurs eux aussi, à qui incombent l’organisation des élections, ont demandé un report du scrutin prévu le 20 février pour plus de justice.

Au centre : le ministre de l’Intérieur iranien, Abdolvahed Moussavi-Lari

Jusqu’alors, le Conseil des gardiens de la constitution n’a guère montré de volonté de transiger.

Selon Isna, le Conseil des gardiens de la constitution aurait opposé une fin de non-recevoir à un ajournement. Seyed Mohammad Jahromi, son porte-parole, a prévenu que le Conseil des gardiens de la constitution, qui agit "conformément à la loi, ne cèdera à aucune pression".

Pour le Conseil des gardiens de la constitution, accepter de déplacer les élections risquerait de passer pour un signe de faiblesse.

L’heure approche donc pour les réformateurs, à environ trois semaines de l’échéance, de décider de mettre ou non à exécution leurs menaces, sauf à accepter d’ajouter au discrédit de la classe politique auprès d’un électorat qui menace déjà de ne pas accorder beaucoup d’intérêt au scrutin.

La principale organisation étudiante, à la pointe de la revendication démocratique, a ainsi appelé au boycott des élections.

Encore faut-il que les réformateurs, qui ont payé le dépit électoral d’une cuisante défaite aux municipales de février 2003, fassent preuve de détermination et d’unité.

Même s’il a de nouveau laissé planer le doute mercredi, le président Khatami a assuré la veille que les Iraniens iraient bien voter le 20 février.

Agence France-Presse

Le président iranien Akbar Hashemi Rafsanjani dirige la prière du vendredi, à l’Université de Teheran

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