retour article original

vendredi 28 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Côte d’Ivoire (1ère partie) : Du 18 février 2004 au 24 décembre (...)
AP, 24 novembre 2004

Côte d’Ivoire : L’instabilité plombe l’économie


ABIDJAN (AP) - Commerces pillés et incendiés à Abidjan, vols vers l’Europe suspendus, trafic portuaire réduit... la crise en Côte d’Ivoire a porté un coup sévère à l’économie du premier producteur mondial de cacao et affecte également le reste de l’Afrique.


Les entrepreneurs locaux estiment que, depuis le début de novembre 2004, les violences ont détruit des infrastructures et des biens pour un montant de plusieurs millions d’euros ainsi que des dizaines de milliers d’emplois. Puissance régionale, la Côte d’Ivoire représente 40 % de la production économique de l’Afrique occidentale francophone. Ses plantations de cacao et de café procurent un emploi à au moins quatre millions de travailleurs issus des pays voisins. D’autres secteurs emploient jusqu’à quatre millions d’immigrés africains.

Les pillages et la relance des hostilités, par le gouvernement du président Laurent Gbagbo, contre les ex-rebelles des Forces nouvelles, qui contrôlent le Nord du pays, ont infligé des « dommages incalculables » à l’Afrique du l’Ouest, déplore Ahmedou Ould-Abdallah, le représentant spécial de l’ONU pour la région. « Comment espérer attirer les investissements étrangers, essentiels pour créer les emplois dont des millions de jeunes Ouest-Africains ont tant besoin, si certains de nos dirigeants continuent dans la logique de la guerre ? », demande-t-il.

L’instabilité en Côte d’Ivoire et au Soudan a des répercussions dans toute l’Afrique, dissuadant les investisseurs de s’engager même dans des pays stables comme le Sénégal et le Mali, constate Anne Miroux, de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Suite au retour de la violence en Côte d’Ivoire au début de novembre 2004, les commerces et entreprises des expatriés ont été saccagés, et plus de 9000 ressortissants étrangers, en majorité français, ont quitté le pays. Christophe Ndri, directeur de Peryssac, un grand magasin d’Abidjan, indique par exemple que son entreprise a subi pour deux millions d’euros de dommages.

Des écoles françaises accueillant des enfants d’expatriés ont également été incendiées, ne laissant pas d’autre choix à de nombreuses familles que de partir.

Les entrepreneurs encore sur place doutent d’un retour rapide des expatriés. « Il n’est pas question de revenir tant que les conditions (de sécurité) ne sont pas convaincantes », souligne Michel Tizon, président de la chambre de commerce française en Côte d’Ivoire, à laquelle sont affiliées 150 petites et moyennes entreprises. Celles-ci représentent 100000 emplois, la plupart étant occupés par des Ivoiriens. Mais bon nombre de ces sociétés sont aujourd’hui définitivement fermées.

Alors que la production de cacao et de café semble peu affectée par les troubles, le flux des exportations a été ralenti, à cause de difficultés pour acheminer les marchandises jusqu’aux ports du Sud du pays, et pour trouver un navire acceptant de les embarquer.

Les petits agriculteurs ivoiriens sont également touchés : selon l’Organisation centrale des producteurs/exportateurs d’ananas et de bananes, qui représente 2000 d’entre eux, la défection d’un navire qui devait charger 4000 tonnes de produits a coûté à ses membres 1,6 million de francs CFA (2400 euros), une somme importante sous ces latitudes.

Associated Press

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source