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AFP, 26 novembre 2004

Guinée équatoriale : Nick du Toit et Severo Moto condamnés à 34 et 63 ans de prison


Vue de Malabo

MALABO (AFP) - Le tribunal de Malabo a condamné, vendredi 26 novembre, l’opposant en exil, Severo Moto, à 63 ans de réclusion ; et le Sud-Africain, Nick du Toit, à 34 ans, pour leur participation à une tentative de coup d’Etat contre le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, en mars 2004.

Guinée équatoriale


Lors de son réquisitoire la semaine dernière, le procureur général de l’Etat équato-guinéen, José Olo Obono, avait réclamé la peine capitale contre Nick du Toit, détenu depuis plus de huit mois dans les geôles de Malabo et contre Severo Moto, qui était jugé par contumace. Le tribunal de Malabo a également prononcé, vendredi 26 novembre 2004, des peines de 52 années d’emprisonnement contre huit ministres du "gouvernement en exil" formé en Espagne par Severo Moto. Le procureur avait réclamé contre eux des peines de 102 ans de prison. Ces huit personnes étaient jugées par contumace.

Severo Moto

Le magistrat a eu la main toute aussi lourde contre les autres accusés présents dans le box du tribunal de Malabo, réclamant contre deux Equato-guinéens et le groupe de mercenaires présumés, sept Sud-Africains et six Arméniens, des sanctions comprises entre 86 et 16 années d’emprisonnement.

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo

Selon l’accusation, ces hommes étaient chargés, sous le commandement de Nick du Toit, de piloter jusqu’à leurs cibles un groupe de 70 autres mercenaires en provenance d’Afrique du Sud. L’arrestation de ces hommes, le 7 mars 2004, à l’aéroport d’Harare, a, selon Malabo, sonné le glas du complot ourdi contre le chef de l’Etat équato-guinéen.

Le Boeing B-727 des mercenaires, à l’aéroport de Harare, au Zimbabwe

A l’appui de ce scénario, le procureur général n’a produit que de maigres éléments matériels, notamment de mystérieux "contrats" signés par quelques-uns des protagonistes de l’affaire ou du matériel de télécommunications, mais surtout des "aveux" signés du principal accusé. Pendant les sept premiers jours du procès à la fin août, Nick du Toit fut en effet le seul à admettre la réalité d’une tentative de coup d’Etat. Il s’y reconnaissait un tout petit rôle "logistique" mais dédouanait ses coaccusés, assurant qu’ils ignoraient le complot qui se cachait derrière la raison sociale de sa société de transports et de pêche.

L’escalier arrière du Boeing B-727 des mercenaires, à l’aéroport de Harare, au Zimbabwe

Mais à la reprise des débats, le 16 novembre 2004, après une parenthèse de deux mois et demi, l’ancien lieutenant-colonel des forces spéciales sud-africaines à l’époque de l’apartheid a opéré une volte-face spectaculaire. Plus question cette fois de reconnaître une quelconque tentative de pronunciamiento. Nick du Toit a expliqué que ses aveux lui avaient été extorqués en échange de l’assurance d’avoir la vie sauve.

Nick du Toit

Dans sa foulée, tous les avocats ont plaidé l’innocence des "chiens de guerre" poursuivis par Malabo, dénonçant pêle-mêle des "accusations (...) dépourvues de la moindre preuve" et une "machination du ministère public".

Agence France Presse

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