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AFP, 31 janvier 2004

Iran : Le processus électoral "dans l’impasse", dit Mohammad Khatami


Vue de Teheran

TEHERAN (AFP) - Les conservateurs iraniens ont conduit le processus électoral dans "une impasse" en censurant un nombre inacceptable de candidatures aux législatives, a accusé samedi le président Mohammad Khatami, mais les démissions annoncées par les réformateurs se faisaient attendre.

Mohammad Khatami


Malgré les pressions en tous genres, les organes conservateurs ont montré leur détermination à ne pas céder aux réformateurs vendredi en ne revalidant que 1.160, soit un tiers des candidatures initialement invalidées par les commissions de contrôle électoral.

Ces dernières ont provoqué une grave crise politique en rejetant 3.605 candidatures, très majoritairement réformatrices, sur les quelque 8.000 déposées. Le Conseil des gardiens, auquel le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, avait ordonné de reconsidérer les dossiers, a certes porté à 5.451 le nombre des approbations.

Ali Khamenei

Toutefois, non seulement ce chiffre ne pouvait satisfaire les réformateurs, qui ont vu nombre de leurs personnalités éliminées, mais le Conseil des gardiens de la constitution a augmenté de 83 à 87 le nombre de députés sortants mis hors course, a indiqué le ministre de l’Intérieur Abdolvahed Moussavi-Lari, cité par l’agence estudiantine Isna.

Abdolvahed Moussavi-Lari (au centre)

Le Conseil a aussi refusé le report du scrutin prévu le 20 février, demandé par M. Moussavi-Lari.

"Nous sommes arrivés à une impasse avec le Conseil des gardiens de la constitution sur la validation des candidatures", a dit le président, cité par l’agence officielle Irna après une cérémonie sur la tombe de l’imam Khomeini.

Le tombeau de l’imam Khomeini

"Ce gouvernement n’organisera d’élections que libres et ouvertes à la concurrence", a-t-il insisté. Quittant son ton mesuré et invoquant le souvenir de la Révolution qui célèbre ses 25 ans, il a souligné que l’objectif de celle-ci était "d’instaurer une République islamique, et non pas un émirat islamique, comme naguère en Afghanistan, ni un califat islamique comme le voudraient les extrémistes".

"Il n’est pas possible d’organiser des élections libres et ouvertes à la concurrence, nous considérons que ces élections ne sont pas légitimes", a abondé M. Moussavi-Lari, posant de nouveau la question de la tenue du scrutin à la date prévue.

"Les efforts du gouvernement (réformateur) n’ont servi à rien", a-t-il dit : la censure "a supprimé toute possibilité de compétition dans la moitié des circonscriptions. Leurs députés (ceux des conservateurs) sont déjà élus".

Selon lui, la démission des 28 gouverneurs de province, tous réformateurs, devrait désormais être effective : "ils avaient fixé comme délai jusqu’à la fin de la semaine", vendredi dernier.

"Vous savez mieux que moi que, pour chaque siège du Majlis (parlement), il y a 19 candidats", lui a objecté le chef de Conseil des gardiens de la constitution, l’ayatollah Ahmad Janati.

Ahmad Janati

L’heure de décider de mettre ou non à exécution la menace d’une démission approche chaque jour davantage pour les réformateurs, sauf à accepter d’ajouter au discrédit de la classe politique auprès d’un électorat qui menace déjà de ne pas accorder beaucoup d’intérêt au scrutin.

Les députés qui tiennent sit-in au parlement depuis le 11 janvier sont à présent "déterminés à présenter leur démission et à boycotter les élections", a dit à l’AFP Mohsen Armin, député réputé pour son intransigeance et lui-même désavoué. L’occasion leur sera offerte de l’annoncer dimanche, lors d’une session du parlement. Selon lui, ils seront "nombreux" à suivre, et pas seulement parmi ceux invalidés.

Mohsen Armin

"Le contenu d’une lettre de démission a été finalisé, mais nous attendons encore (une intervention du) président Khatami", a dit la députée Elaheh Koulaie, moins radicale : "nous avons encore espoir".

Le chef du principal parti réformateur, Mohammad Reza Khatami, frère du président et lui-même interdit de se représenter, a donné quelque raison de douter de la fermeté des réformateurs : "L’intention sérieuse (de démissionner) est là. Mais nous devons encore voir comment l’appliquer dans les deux prochains jours", a-t-il dit à Isna.

Agence France-Presse

Mohammad Reza Khatami

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