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Washingtonpost.com, 27 novembre 2004

Irak : Le sort des Irakiens prisonniers des troupes d’occupation américaines

par Bradley GRAHAM


Abou Ghraib, Irak. Des opérations militaires américaines plus agressives en Irak, au cours des deux derniers mois, ont généré une augmentation des détenus, doublant presque le nombre de ceux que détiennent les forces américaines, à environ 8300, selon le général en charge des opérations de détention.


Depuis le début du mois d’octobre 2004, le nombre de détenus sous contrôle américain a augmenté d’environ 4000, par suite des attaques contre les résistants à Samarra, Fallujah, Mossoul, dans la province de Babil et ailleurs, a déclaré le général Geoffrey Miller, vendredi 26 novembre 2004. Avec d’autres attaques américaines prévues pour écraser la résistance avant les élections de janvier 2005, on s’attend à ce que le nombre de détenus continue d’augmenter au cours des prochaines semaines.

Le grand afflux de prisonniers crée des tensions dans les opérations américaines de détention, entraînant le plus grand test des nouvelles installations et procédures adoptées à la suite du scandale de la prison d’Abou Ghraib, au printemps 2004, ont déclaré le général Miller et d’autres officiers. Jusqu’à présent, l’afflux a été gérable, disent-ils, mais de nombreux détenus n’ont pas encore franchi le système. Les mauvais traitements subis par les détenus irakiens, à Abou Ghraib, ont été documentés au moyen de photographies et de vidéos qui ont scandalisé le monde, quand elles ont été connues, au printemps, provoquant une série d’enquêtes. Tandis qu’environ cinquante policiers militaires, agents de renseignements, personnel médical et civils sous contrat ont finalement été impliqués, les enquêteurs ont également blâmé le haut commandement, pour n’avoir pas su donner des consignes claires et exercer la supervision adéquate.

Les commandants américains ont réagi au scandale en introduisant de nouveaux contrôles sur les opérations de la police militaire et du renseignement, et en faisant appel à des spécialistes des prisons militaires américaines afin de conseiller et diriger les installations.

Le bâtiment dans lequel les gardes américains ont perpétré leurs abus a été remis aux autorités irakiennes et est utilisé pour détenir les criminels.

Les détenus sous contrôle américain sont gardés dans des camps récemment construits, avec des tentes à air conditionné, une centre de visites et trois repas chauds par jour. Pour les plus coopératifs, il y a des films et une bibliothèque.

Le général Miller, qui a supervisé les opérations de détention depuis avril 2004, dit que beaucoup des changements, y compris un système informatique pour l’archivage des dossiers, ont permis aux gardes et aux interrogateurs de travailler plus efficacement. Il y a aussi l’expérience acquise par les soldats qui ont succédé aux unités impliquées dans le scandale.

Sur les 8300 prisonniers sous contrôle américain, environ 4600 sont à Camp Bucca, un centre de détention dans le Sud de l’Irak, qui en gardait 2500 il y a deux mois. Le total, à Abou Ghraib, est d’environ 2000, et environ 1700 demeurent sous le contrôle des commandants sur le terrain, dont les troupes procèdent aux premiers interrogatoires.

Selon les règles actuelles, l’examen initial des détenus, par les unités sur le terrain, doit être effectué au cours des quatorze jours consécutifs à la capture. Les détenus considérés comme intéressants sont alors envoyés à Abou Ghraib, pour d’autres interrogatoires et examens sur une période de trois mois.

Le général Miller dit que les récents interrogatoires ont rapporté quelques informations de grande valeur à propos des cachettes des résistants, leurs mouvements et leurs méthodes. Bien que la large majorité des prisonniers capturés jusqu’à maintenant n’étaient guère que « des gâchettes », sachant peu de choses sur leur commandement ou le financement de la résistance, plus de cent cinquante personnes capturées depuis octobre 2004 ont été classées « MI hold », ce qui signifie qu’elles présentent un intérêt particulier pour le renseignement militaire.

Les prisonniers qui présentent un intérêt particulier pour le renseignement militaire sont gardés à Abou Ghraib. Bon nombre des autres sont envoyés à Camp Bucca. A Abou Ghraib, le rythme des interrogatoires est passé de cent-quatre-vingt par semaine à deux-cents dix par semaine. « Les troupes ont travaillé nuit et jour, mais nous avons réussi à gérer l’afflex des prisonniers, a dit le colonel Ron Black, qui dirige le Joint Innterrogation Debriefing Center.

Afin de préparer l’arrivée de détenus supplémentaires, de nouvelles installations en bois sont construites à Camp Buca, pour porter la capacité à 6000 prisonniers en janvier 2005, a dit le général Miller.

Les allégations d’abus contre des détenus ont baissé d’environ 60 % depuis mai 2004, et s’élèvent à environ dix par mois, a dit le général Miller. « Ce ne sont pas des abus intentionnels. Ce sont des gestes excessivement agressifs, comme le fait de projeter un homme à terre », a dit le général Miller.

Dans le seul cas rapporté de mort de détenus, au cours des derniers mois, dans les mains de gardes américains, deux détenus d’Abou Ghraib ont été abattus, en août 2004, quand une bagarre a éclaté. Et les enquêteurs criminels de l’armée ont blanchi le garde de toute faute.

« Le plus grave problème auquel nous avons été confrontés, c’était des gens essayant de s’évader pendant la nuit, en particulier pendant les mois d’été, a dit le colonel Fave Quantock, commandant de la 16ème brigade de Police Militaire, qui opère dans les bâtiments de détention.

Le Comité international de la croix-rouge, qui, dans le passé, a été très critique des conditions de détention des Irakiens sous contrôle américain, est devenu « très positif » dans ses récents rapports et n’a pas exprimé de préoccupations « significatives », a dit le général Miller. « Nous en sommes arrivés à discuter à propos du modèle de brosse à dent distribué aux prisonniers », dit-il.

Bradley GRAHAM

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