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vendredi 23 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Côte d’Ivoire (1ère partie) : Du 18 février 2004 au 24 décembre (...)
AFP, Reuters, 27 novembre 2004

Côte d’Ivoire : Les pays francophones exigent le respect des accords de paix


OUAGADOUGOU (AFP) - Le sommet de la Francophonie, qui rassemblait, à Ouagadougou, une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, a critiqué, samedi 27 novembre 2004, le régime de Côte d’Ivoire, et réclamé une "stricte application" des accords de paix dans ce pays divisé entre zones rebelle et gouvernementale.


Les accords de "Marcoussis et Accra 3 constituent la seule voie pour une réconciliation durable en Côte d’Ivoire", et les dirigeants francophones réunis pendant deux jours dans la capitale burkinabè "exigent leur stricte application", indique une résolution spéciale adoptée à l’issue de ce 10e sommet. Les dirigeants "condamnent fermement les attaques meurtrières provoquées par les Fanci (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire) au nord de la Côte d’Ivoire, y compris contre la force Licorne (forces françaises d’interposition) agissant sous mandat des Nations unies", poursuit la résolution. Ils "dénoncent les exactions perpétrées contre les ressortissants étrangers et la population civile en général".

Le sommet était réuni sur le thème "Un espace solidaire pour un développement durable", mais la crise ivoirienne a été longuement évoquée par la plupart des orateurs qui ont dénoncé les risques que présente ce conflit pour l’ensemble de la région. Le président français, Jacques Chirac, a ainsi tenu à adresser un message "ferme et amical" à la Côte d’Ivoire. "Nous devons adresser un message, ferme et amical à la fois, pour que les parties renoncent à la politique du pire et à la violence, à l’illusion de la solution militaire et renouent avec le dialogue, seul chemin vers la paix", a-t-il dit vendredi 26 novembre 2004. Il a tenu "à redire solennellement que la France est l’amie de la Côte d’Ivoire. Elle n’est pas là pour imposer sa propre paix, mais pour tenter d’éviter la guerre civile et le chaos".

Le 6 novembre 2004, des manifestations antifrançaises avaient éclaté à Abidjan, après la destruction de l’aviation ivoirienne par la France, en riposte à un bombardement gouvernemental en zone rebelle (nord du pays) ayant tué neuf soldats français et un civil américain. Ces manifestations ont provoqué le départ de plus de 8000 Occidentaux, dont une grande majorité de Français.

Le président ivoirien Laurent Gbagbo a boycotté le sommet de Ouagadougou, et a été représenté au niveau ministériel. Signe des tensions entre Abidjan et Ouagadougou, un ministre ivoirien venu au sommet a claqué la porte, après avoir été accusé de chercher à importer "des documents anti-français".

Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, a lui aussi assuré : "Nous sommes tous gravement préoccupés par la situation en Côte d’Ivoire". "Il n’y a qu’une solution politique, les moyens militaires ne peuvent rien régler", a-t-il ajouté.

Le sommet a par ailleurs demandé un "traitement égal et équitable" des producteurs de coton du Sud par rapport à ceux du Nord, alors que Jacques Chirac a dénoncé comme "inacceptable" la situation de dizaines de millions de cotonniers africains. Ces producteurs africains sont ruinés par des subventions américaines massives.

Le Premier ministre canadien, Paul Martin, a, pour sa part, proposé la tenue d’une conférence sur la "prévention des conflits et la sécurité humaine dans l’espace francophone", qui devrait avoir lieu au Canada, avant le prochain sommet de la Francophonie, prévu en 2006 à Bucarest.

Le sommet a par ailleurs adopté une série de textes et de résolutions réaffirmant, notamment, les grands axes et priorités des 53 membres et 10 observateurs de la Francophonie.

Agence France Presse

Alassane Ouattara pour que l’ONU organise des élections en Côte d’Ivoire

PARIS (Reuters) - L’ancien Premier ministre ivoirien, Alassane Ouattara, souhaite une mise à l’écart du président actuel, Laurent Gbagbo, et l’organisation d’élections supervisées par l’ONU en Côte d’Ivoire.

Si "aucun progrès n’est constaté" après le 15 décembre 2004 (ndlr, date butoir fixée par le Conseil de sécurité de l’ONU, dans sa résolution du 15 novembre), Alassane Ouattara estime qu’il faudra "mettre à l’écart" le gouvernement de Laurent Gbagbo et installer un gouvernement de transition. "Ensuite, il faudrait que les Nations Unies organisent les élections. La Côte d’Ivoire est malade, nous ne pouvons plus perdre de temps", déclare Alassane Outtara dans un entretien publié dans Le Monde daté de dimanche 28 novembre 2004. "Au besoin, poursuit-il, nous demanderons à la communauté internationale de retirer le pouvoir à Laurent Gbagbo", qu’il accuse de régner "par la terreur", à la tête d’un "régime fasciste". "Si l’ONU déploie, à Abidjan, les 10000 casques bleus présents en Côte d’Ivoire, pour tenir la ville, Laurent Gbagbo peut partir facilement", estime l’ancien Premier ministre.

Alassane Ouattara repousse cependant l’idée de demander à ses partisans de descendre dans la rue pour réclamer le départ de Laurent Gbagbo, dont il craint les représailles. "Nous l’avons tenté, en mars 2004, et la répression a été terrible, avec centaines des morts", dit-il. "Aujourd’hui, je ne peux plus envisager un affontement entre le camp de Gbagbo, dont les membres sont armés, et nos militants, qui n’ont que leurs mains nues. Ce serait le massacre", ajoute-t-il.

Reuters

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