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AP, 28 novembre 2004

Kenya : Bilan à mi-parcours du combat contre les mines antipersonnel


Un Cambodgien qui a perdu ses deux jambes sur une mine

NAIROBI (AP) - Dix ans après la demande de moratoire de l’ONU, et cinq ans après l’entrée en vigueur de la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel, la première conférence d’examen s’est ouverte, dimanche 28 novembre 2004, à Nairobi.

L’occasion pour les participants, militants et responsables gouvernementaux, de dresser un bilan mitigé et de regretter que les principaux producteurs mondiaux continuent de fabriquer, utiliser et vendre des mines.

Kenya


En décembre 1997, grâce à une mobilisation exceptionnelle de la société civile, des autorités morales et de certains Etats comme le Canada, 123 pays signaient le traité portant sur l’interdiction de l’utilisation, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction. Il faudra attendre le 1er mars 1999 pour que le texte entre officiellement en vigueur. Aujourd’hui, 152 Etats sur 194 ont signé la Convention d’Ottawa, qui prévoit un nettoyage des zones minées dans un délai de dix ans.

Une mine en Afghanistan

Parmi les 42 non-signataires, une vingtaine de pays, dont les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Corée du Nord et du Sud, Cuba et l’Egypte, n’envisagent toujours pas de renoncer à l’utilisation de ces mines à court terme. Le Département d’Etat américain a fait savoir, vendredi 26 novembre 2004, qu’il n’enverrait pas de délégation à Nairobi, en raison des frais de participation et de son désaccord avec certains passages clés du traité.

Une mine

Si un grand nombre de vies ont pu être sauvées, grâce à la Convention d’Ottawa, et d’importantes surfaces nettoyées de ces sentinelles explosives, permettant aux populations concernées de reprendre une vie normale, beaucoup reste à faire, a constaté, dimanche 28 novembre, le président kenyan, Mwaï Kibaki, en ouverture de ces travaux, qui doivent durer jusqu’au 3 décembre 2004. "Notre conscience ne pourra trouver la paix tant que toutes les mines ne seront pas mises hors d’érat de nuire et que toutes les personnes blessées ne seront pas aidées et intégrées à la société", a-t-il lancé aux plus de 1000 délégués représentant 120 pays, institutions internationales, organisations non gouvernementales (ONG) et groupes de survivants. "La conférence doit adresser un message fort et clair tout à la fois aux producteurs et aux utilisateurs de mines terrestres pour qu’ils sachent qu’il ne s’agit pas d’une arme convenable, quelle que soit la guerre", a-t-il poursuivi avec gravité.

Des mines camouflées

La militante américaine, Jody Williams, prix Nobel de la paix, en 1997, avec la Campagne internationale pour interdire les mines terrestres, a pour sa part averti que la Convention d’Ottawa, qu’elle a qualifié d’"incroyable succès", risquait de déboucher sur un échec, si le combat contre la dissémination de ces armes enfouies ne s’intensifiait pas. "Nous n’en serions pas là (...), si des gouvernements ne nous avaient pas entendus. Si des gouvernements n’avaient fait preuve d’un incroyable sens des responsabilités", a-t-elle observé, affirmant aussi penser aux survivants et à leurs besoins.

Un champ de mines

Prévue dans l’article 12 de la Convention, la conférence de Nairobi rassemble l’ensemble des Etats parties au traité, mais aussi des Etats non-signataires et les organisations internationales à commencer par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) et l’UNICEF (l’agence onusienne pour l’enfance). Les ONG de la Campagne internationale sont présentes en qualité d’observateurs.

Associated Press

Un champ de mines sur le Golan occupé par les Israéliens

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