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AFP 1er février 2004

Une famille maintenue en esclavage en Mauritanie (SOS-Esclaves)

Suivi d’un message du président mauritanien : Maaouiy Ould Sid Ahmed Taya ; puis de l’un de ses admirateurs : EL Hacen Ould EL Moctar Ould Cheikh EL Bidhane


Mauritanie

L’Organisation non gouvernementale (ONG) mauritanienne SOS-Esclaves se déclare "vivement préoccupée" par le sort d’une famille maintenue en esclavage dans une localité de la région de Tiris Zemmour, au nord de la Mauritanie, selon un communiqué reçu dimanche par l’AFP à Dakar.


Matalla, un Mauritanien d’environ 20 ans, sa mère, ses trois soeurs et ses sept frères sont "soumis à l’esclavage dans ses formes les plus horribles" par des membres de "la tribu de Rgueïbatt, fraction Selama", affirme l’ONG dans ce texte signé de son président, Boubacar Messaoud.

Boubacar Ould Messaoud

La situation a été découverte lorsque le jeune homme, qui "gardait un troupeau de chamelles appartenant à ses maîtres", s’est enfui pour échapper aux menaces de la tribu.

Chamelier mauritanien

Il a été recueilli le 18 janvier 2004 par des militaires en service à Lemghaïty, localité située à environ 650 km de Zouérate (nord-ouest), et protégé "en accord avec le commandement", explique le communiqué. Zouérate est une cité minière à 600 km à l’est de Nouakchott, la capitale.

Vue de Zouérate

Selon le texte, Matalla a été conduit par les militaires dans cette ville et confié à la gendarmerie. Il y est "resté jusqu’au 20 janvier", avant d’être renvoyé à Bir Moghrein (300 km au nord de Zouérate).

Cette décision "laisse craindre qu’il (le jeune homme) ne soit remis à ses maîtres, au risque, pour lui, de subir des représailles pouvant entraîner des sévices irréparables", indique l’ONG.

SOS-Esclaves, se basant sur son témoignage, précise qu’il a confié aux militaires l’ayant recueilli qu’il préférait "mourir en (leur) présence", avec l’espoir d’être "enterré correctement, ce que ne feront pas ses maîtres" s’il repartait chez eux.

Matalla espérait par ailleurs retrouver à Zouérate un treizième membre de sa famille, son frère aîné "Ethmane (qui) a fui il y a deux ou trois ans" et "réussi à échapper à sa condition", selon l’ONG.

Tous ses autres frères et soeurs "sont soumis au travail forcé et à l’exploitation des enfants", "aucune instruction ne leur est donnée", dénonce-t-elle.

Enfants mauritaniens

SOS-Esclaves "exprime ses vives préoccupations sur le sort de Matalla et les onze autres membres de sa famille". Elle "demande aux autorités administratives et militaires (mauritaniennes) d’intervenir pour qu’(ils) retrouvent immédiatement leur liberté, et bénéficient d’une assistance permettant leur insertion dans la société et l’exercice de leurs droits civiques".

En Mauritanie, l’esclavage a été officiellement aboli en 1981 et reste prohibé par la constitution et la législation du pays, selon l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International.

En novembre 2002, Amnesty avait publié un rapport dans lequel elle dénonçait de "multiples atteintes aux droits humains liées à l’esclavage (et) commises en toute impunité" dans le pays où, ajoutait-elle, les personnes affranchies "continuent d’être victimes de discrimination".

Le gouvernement mauritanien avait démenti ces allégations et qualifié le rapport de "mensonge grossier".

Maaouiy Ould Sid Ahmed Taya

Ci-dessous, trouvé sur le web, un édifiant message du président de la Mauritanie, à l’occasion de sa campagne électorale :

"Chers compatriotes,

En réponse à l’aspiration d’un nombre croissant de citoyens et de collectivités de notre peuple exprimée à diverses occasions et par souci de préserver les acquis du pays en termes d’enracinement de la democratie , de garantie des libertés , de renforcement de l’unité nationale et pour accélérer le développement économique ; j’ai décidé de me porter candidat aux elections présidentielles qui auront lieu -avec l’aide d’Allah- le 7 novembre 2003.

Qu’Allah guide nos pas dans l’intérêt de notre peuple."

Mosquée de Nouakchott offerte par l’Arabie Saoudite

Figurant sur la même page, les flatteries d’un admirateur :

"A Monsieur le Batisseur de la Patrie et le Libérateur de ses énergies

Le Sage Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya

Aprés avoir analysé la nature des différents pouvoirs qui se sont succédés à la magistrature du pays depuis l’indépendence en 1960 et à la lumière de tous les évenements, j’ai décidé ouvertement et en public de m’attacher aux réalisations grandioses concrétisées sous votre règne bénéfique et dans tous les domaines politiques, économiques, humaines et sociaux.

D’autre part, les meeting électoraux pendant la dernière campagne et particulièrement ceux de Nouadhibou et du palais des conférences qui ont permis au peuple mauritanien de voir les réalisations qui prouvent une fois encore, que vous êtes le seul qui mérite la plus haute fonction de l’état.

Je vous confirme catégoriquement, Monsieur le Président, que je suis contre ceux qui veulent prendre le pouvoir par la force et les voies détournées, antidémocratiques comme je déplore également se qui s’est produit récemment durant les dernières échéances présidentielles de la part de certains candidats qui ont voulu s’approprier de manière illégale, emboitant en celà les commanditeurs du complot des 7 et 8 Juin 2003 ce qui a poussé le peuple mauritanien à démontrer une fois de plus sa vigilance, sa maturité et à qui il confère cette lourde responsabilité à travers les urnes en optant pour vous qu’Allah vous bénisse et guide vos pas sur le droit chemin.

Je vous demande, enfin d’accepter ma très haute considération et mes profonds respects.

vive la Mauritanie libre et indépendante.

le compatriote :

EL Hacen Ould EL Moctar Ould Cheikh EL Bidhane

N° du portable : 632 81 59

Nouakchott, le 07 décembre 2003

Merci"

Drapeau mauritanien

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