retour article original

vendredi 28 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (13ème partie) : Décembre 2004
AFP, 3 décembre 2004

Irak : La route de l’aéroport de Bagdad "trop dangereuse" pour l’occupant


BAGDAD (AFP) - Douze policiers ont été tués et cinq autres personnes blessées dans une attaque armée lancée, vendredi 3 décembre 2004 au matin, contre un poste de police à Bagdad.


"Douze policiers, deux officiers et dix agents, ont été tués et cinq personnes, un officier de police, trois agents et un détenu, ont été blessées", a déclaré un médecin du service des urgences de l’hôpital Yarmouk.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Sabah Kadhem, a confirmé l’attaque et déclaré qu’elle avait été menée par des "éléments terroristes" qui ont pris la fuite. "Cela fait partie d’une stratégie consistant à multiplier les attaques terroristes pour tenter d’empêcher la tenue des élections générales", prévues le 30 janvier 2005. Le poste de police du quartier Al-Amel, dans l’ouest de Bagdad, a été attaqué par un groupe d’hommes armés. L’assaut a été lancé de "tous les côtés" vers 05h00, a indiqué un habitant, Ahmad Hachem. "J’ai vu des hommes armés tirer en direction du poste en prenant abri derrière des conteneurs d’ordures, et des policiers et des détenus prendre la fuite", a-t-il indiqué.

D’importantes forces de police bouclaient le secteur quelques heures après l’assaut, empêchant les journalistes d’accéder au poste, dont les murs sont criblés de balles. Des centaines de douilles jonchaient le sol et les carcasses de deux voitures de police brûlées étaient visibles. Un autre habitant, Ali Hussein, a indiqué que les échanges de tirs avaient duré environ une heure et ajouté avoir vu des hommes armés tirer sur le poste à partir des toits des immeubles voisins.

Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a reconnu que les Etats-Unis avaient sous-évalué la force de la résistance en Irak, où plusieurs régions restent en proie à la violence, à moins de deux mois des élections. Interrogé sur la chaîne de télévision Fox News pour savoir quels étaient les principaux échecs de la guerre en Irak, M. Rumsfeld a cité l’absence de découverte d’armes de destruction massive et "le fait qu’il était possible de mieux estimer l’insurrection". Il a indiqué que les experts du Pentagone et des services de renseignement ne pensaient pas que la résistance se poursuivrait aussi longtemps après la chute de Bagdad. Il a cependant rejeté l’idée que l’envoi de plus de troupes aurait permis de mater plus rapidement la résistance. "En Irak, nous avions le nombre de soldats que réclamait le commandement", a-t-il dit.

Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi 1er décembre, que le nombre de militaires américains en Irak passerait de 138000 hommes à 150000 hommes, entre fin décembre 2004 et début janvier 2005, grâce à la prolongation du déploiement de certaines unités et à l’arrivée de troupes fraîches. Cette augmentation du nombre de troupes a été décidée en prévision des élections générales prévues le 30 janvier 2005.

Soulignant que les résistants n’avaient "pas gagné une seule bataille depuis la fin des combats majeurs", M. Rumsfeld a estimé que les Américains pouvaient parvenir à stabiliser l’Irak d’ici deux ans. "Imaginez ce que serait l’Irak si le pays tombait aux mains" des résistants, qui sont des "extrémistes" "coupeurs de têtes", a-t-il dit.

Depuis l’invasion de l’Irak, en mars 2003, les forces américaines ont dû lancer des opérations pour reprendre aux résistants des villes qui étaient passées sous leur contrôle, comme Falloujah et Ramadi, à l’ouest de Bagdad.

Les résistants restent néanmoins très actifs dans plusieurs régions du pays, notamment sunnites, et infligent régulièrement des pertes à l’armée américaine. Jeudi 2 décembre 2004 encore, un soldat américain a été tué dans une attaque contre une patrouille dans la ville de Mossoul.

Les attaques contre les forces américaines sont également quasi-quotidiennes à Bagdad, et surtout sur la route de l’aéroport qui mène à l’une des plus importantes bases du pays. Les Etats-Unis ont interdit, jeudi 2 décembre 2004, à leurs diplomates, d’emprunter cette route. "Jusqu’à de plus amples informations", la route principale menant à l’aéroport international de Bagdad est considérée comme trop dangereuse pour que le personnel de l’ambassade l’utilise, affirme l’ambassade américaine à Bagdad dans un communiqué.

Vendredi 3 décembre 2004 au matin, une attaque à la bombe a visé un centre électoral dans le centre-ville de Bassorah, a indiqué la police faisant état uniquement de dégâts matériels. "A 08h00, des inconnus ont lancé une bombe contre le centre, situé dans un quartier du centre-ville", a déclaré le lieutenant-colonel Abdel Karim Mohammad Zaidi. "Un incendie s’est déclaré provoquant des dégâts matériels", a-t-il ajouté.

En dépit des violences, le président américain George W. Bush a réaffirmé que les élections générales ne devaient "pas être repoussées", comme l’ont demandé plusieurs partis irakiens. "Il est temps pour les citoyens irakiens d’aller aux urnes et c’est pourquoi nous sommes fermes sur l’échéance du 30 janvier" 2005, a-t-il déclaré. "Quand à un moment donné l’Irak sera capable de se défendre tout seul contre les terroristes qui cherchent à détruire la démocratie, (...) nos soldats rentreront à la maison avec les honneurs qu’ils leur sont dus", a ajouté M. Bush.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source