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dimanche 28 mai 2017
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AFP, 3 décembre 2004

Côte d’Ivoire : Thabo Mbeki rencontre les acteurs de la crise


ABIDJAN (AFP) - Le président sud-africain, Thabo Mbeki, a débuté, vendredi 3 décembre 2004, une série de consultations, en Côte d’Ivoire, au cours desquelles il présentera une "feuille de route" aux différentes parties en conflit depuis septembre 2002.


"Il (Thabo Mbeki) va rencontrer tous les acteurs politiques de la crise pour leur présenter un plan, une feuille de route pour la paix", a annoncé, vendredi 3 décembre 2004, le porte-parole du président sud-africain, Bheki Khumalo.

Mandaté par l’Union africaine (UA), le président Thabo Mbeki est arrivé, jeudi 2 décembre, en fin d’après-midi, à Abidjan, où il a immédiatement rencontré, en tête-à-tête, le président ivoirien, Laurent Gbagbo. Il doit avoir, vendredi 3 décembre 2004, un nouveau face-à-face avec le président Gbagbo, et rencontrer les membres du gouvernement de réconciliation nationale, et des représentants du G7 (coalition regroupant les partis politiques opposés au président, Laurent Gbagbo, et les rebelles), selon le programme officiel du ministère ivoirien des Affaires étrangères.

Thabo Mbeki doit se rendre, dimanche 5 décembre 2004, dans le centre du pays, à Bouaké, fief de la rébellion des Forces Nouvelles (FN), qui contrôle le nord du pays depuis septembre 2002. Selon Pretoria, la médiation de M. Mbeki s’inscrit dans le cadre du respect des accords de paix inter-ivoiriens de Linas-Marcoussis et d’Accra 3, restés lettre-morte jusqu’à ce jour.

Le président sud-africain s’était rendu une première fois à Abidjan le 9 novembre 2004. Il a, depuis lors, consulté tous les acteurs de la crise ivoirienne. M. Mbeki "a rencontré et écouté tout le monde. Il revient maintenant avec des propositions spécifiques", a expliqué M. Khumalo, qui a cependant refusé de révéler la nature de ces propositions "avant leur présentation aux différents acteurs".

Les rebelles ivoiriens des Forces Nouvelles (FN) "ne sont pas disposés à engager une quelconque discussion" avec les responsables actuels de l’armée ivoirienne, indiquent les FN dans un communiqué transmis, vendredi 3 décembre 2004, à l’AFP. Les FN "ne sont pas disposées à engager une quelconque discussion avec les responsables actuels des Fanci (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire), même sous l’arbitrage des casques bleus de l’ONUCI", l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, ont-elles déclaré dans ce communiqué. "Les FN s’étonnent de cette volonté soudaine de reprise du dialogue qui anime aujourd’hui les Fanci", souligne le communiqué de la rébellion, signé de son porte-parole Konate Sidiki. Les FN contrôlent la partie nord du pays depuis septembre 2002.

Jeudi 2 décembre 2004, le porte-parole des Fanci, le colonel Jules Yao Yao, avait affirmé que le principe d’une prochaine "reprise des réunions quadripartites" entre les Fanci, les FN, les Casques bleus de l’ONUCI et les soldats français de l’opération Licorne, avait été décidé, même si aucune date n’avait été fixée. Il avait fait cette annonce au lendemain d’une rencontre entre le chef d’état-major des armées ivoiriennes, le colonel-major Philippe Mangou, et le chef de l’opération française Licorne, le général Henri Poncet.

La crise ivoirienne avait été relancée, le 4 novembre 2004, par la reprise des bombardements aériens de l’aviation ivoirienne sur les positions de la rébellion, et la mort, deux jours plus tard, de neuf soldats français, à Bouaké, dans un de ces bombardements. En représailles, l’armée française avait détruit l’aviation ivoirienne.

La destruction de ces aéronefs, puis la prise de l’aéroport d’Abidjan, avaient déclenché quatre jours de violentes manifestations anti-françaises conduisant plus de 8000 occidentaux, en très grande majorité Français, à quitter le pays.

Le président Gbagbo avait ensuite nommé, le 13 novembre 2004, le colonel-major Philippe Mangou nouveau chef d’état-major des armées ivoiriennes, en remplacement du général Mathias Doué, à la tête de l’armée depuis 2000. Considéré comme un dur du régime, le colonel Mangou a depuis lors repris en main le haut-commandement des Fanci, procédant à de nouvelles nominations et à une tournée des principales unités de l’armée gouvernementale. Le nouveau chef d’état-major ivoirien a affirmé à plusieurs reprises, à la télévision nationale, vouloir "privilégier la négociation", assurant que ses troupes, "sur la défensive", réagiraient cependant à toute "agression" de la rébellion.

Agence France Presse

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