retour article original

lundi 26 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (13ème partie) : Décembre 2004
AFP, 7 décembre 2004

Irak : La violence met en question le scrutin du 30 janvier 2005


BAGDAD (AFP) - Deux églises, une chaldéenne et une arménienne, ont été attaquées simultanément, mardi 7 décembre 2004, à Mossoul, où la Force multinationale continue de tenter de pacifier ce pays et où des voix s’élèvent pour mettre en doute la capacité de Bagdad à organiser les élections générales du 30 janvier 2005.


Ainsi, le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré, mardi 7 décembre 2004, qu’il "n’imaginait pas comment on pouvait organiser des élections dans les conditions d’une occupation totale du pays par des troupes étrangères". "Je ne me représente pas non plus comment vous pourrez, tout seul, rétablir la situation dans le pays et empêcher sa désintégration", a ajouté l’homme fort du Kremlin à l’intention du Premier ministre irakien, Iyad Allaoui, qu’il rencontrait pour la première fois.

Mais, en visite sur la base militaire de Camp Pendleton, le président américain George W. Bush s’est montré inébranlable dans sa volonté de maintenir les élections en Irak à la date prévue du 30 janvier 2005. "Les élections auront lieu comme prévu", a-t-il déclaré devant plusieurs milliers de soldats américains, mardi 7 décembre 2004. Un report des élections causerait des complications légales et morales et pourrait mener à une situation chaotique, a estimé de son côté Abdelaziz Hakim, chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), un des mouvements chiites les plus importants d’Irak.

A Mossoul, au nord de l’Irak, deux églises, l’une chaldéenne, l’autre arménienne, ont été attaquées simultanément par des hommes armés, ont indiqué des témoins qui n’ont pas fait état de victimes.

Des attentats à l’explosif ont déjà été commis, à la mi-octobre 2004, contre cinq églises à Bagdad, coïncidant avec le début du jeûne du ramadan.

Un officier américain a annoncé par ailleurs que ses forces avaient arrêté un chef résistant, au cours d’une opération menée tard dans la nuit de lundi 6 décembre à mardi 7 décembre 2004, à Hawija, à 50 km à l’ouest de Kirkouk, une région pétrolière au nord de l’Irak.

Par ailleurs, lundi 6 décembre au soir, les GI’s ont interpellé dix Palestiniens, lors d’une opération, à Bagdad, contre le siège du Croissant-Rouge palestinien et un club sportif, a annoncé, mardi 7 décembre 2004, un diplomate palestinien.

Et un nouvel entrepreneur irakien travaillant avec l’armée américaine a été tué, mardi 7 décembre 2004, à Samarra, a indiqué la police irakienne.

Face au chaos qui règne dans son pays, le Premier ministre irakien lui-même a laissé entendre que les élections pourraient être étalées "sur 15 ou 20 jours" selon les provinces. Dans un entretien publié, mardi 7 décembre 2004, dans le quotidien belge Le Soir, mais réalisé le week-end dernier à Genève, Iyad Allaoui estime que "14 ou 15 des 18 provinces de l’Irak sont calmes". En revanche, il qualifie de "mauvaise", la situation à Mossoul, dans la province d’Anbar, dans de petites parties de Bagdad et dans une partie de la province de Diyala.

En Allemagne, où M. Allaoui se trouvait la semaine dernière, le procureur général du parquet fédéral, s’est dit "persuadé", mardi 7 décembre 2004, que la police avait déjoué un projet d’attentat visant le Premier ministre intérimaire irakien. Selon ce magistrat, des écoutes téléphoniques ont permis d’établir que l’un des trois suspects arrêtés avait été chargé de repérer les différents itinéraires de M. Allaoui lors de son séjour.

En visite à Londres, le Président pakistanais Pervez Musharraf évoque, lui, l’après-occupation, estimant que la coalition menée par les Etats-Unis en Irak devrait développer une "stratégie de sortie", notamment en "accélérerant le processus de déploiement des forces de sécurité irakiennes".

Ces déclarations interviennent alors que le total des pertes américaines s’élève à 1267, dont 998 au combat depuis le début de l’invasion le 19 mars 2003 et que, selon des statistiques du Pentagone, de plus en plus de réservistes tentent d’éviter leur départ pour l’Irak.

Selon le Pentagone, plus de la moitié des 4024 réservistes appelés à revenir dans l’armée ont demandé des reports ou des exemptions. Ou n’ont tout bonnement pas répondu. Raisons médicales, difficultés financières, problèmes familiaux ou nécessité de finir des études sont les motifs les plus souvent mis en avant dans les demandes de reports d’incorporation, selon les militaires américains.

Un autre rapport, publié, mardi 7 décembre, par le New York Times, fait état du pessimisme des services de renseignements américains sur la situation en Irak. Selon ce texte, envoyé fin novembre 2004, le directeur sortant du bureau de la CIA en Irak et un conseiller du directeur de l’Agence américaine du renseignement estiment que la situation risque d’empirer, avec une augmentation de la violence, notamment religieuse, à moins que le gouvernement irakien consolide son autorité et reconstruise l’économie du pays. Michael Kostiew, conseiller de Porter Goss, le nouveau patron de la CIA, a lui aussi une vision assez sombre de la situation, croit savoir le quotidien.

D’autre part, l’avocat du soldat américain Brent W. May, accusé du meurtre d’un civil irakien, en août 2004, a plaidé la non-préméditation à l’issue des auditions préliminaires devant une cour militaire à Bagdad.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source