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mardi 28 mars 2017
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AP, 9 décembre 2004

Irak : Moins de morts mais plus de blessés graves chez les GI


BAGDAD (AP) - Une coalition de partis bénéficiant du soutien de l’ayatollah Ali Al-Sistani, le plus plus haut dignitaire chiite d’Irak, a présenté une liste de 228 candidats en vue des élections du 30 janvier 2005, a annoncé, jeudi 9 décembre 2004, un responsable du parti islamique Dawa.


Cette coalition, appelée Alliance irakienne unie, comprend les deux principaux partis chiites -le Conseil suprême pour la révolution islamique et le parti islamique Dawa- ainsi que le Congrès national irakien d’Ahmad Chalabi, a précisé Ali Al-Adib lors d’une conférence de presse à Bagdad. Il a ajouté que des personnalités sunnites figuraient également sur cette liste dominée par les chiites.

L’ayatollah Al-Sistani s’efforce d’unir la majorité chiite d’Irak pour lui permettre d’exercer le pouvoir en toute légitimité. Il prend soin toutefois d’inclure des représentants d’autres communautés dans ce processus de prise en main du pays qu’il supervise activement, à sept semaines du scrutin.

La majorité chiite représente 60 % de la population irakienne, forte de 26 millions d’individus. En dépit de son poids démographique, cette communauté n’a jamais eu un réel pouvoir politique en Irak, notamment sous le régime de du dictateur Saddam Hussein, membre de la minorité sunnite.

Attentat à Mossoul, attaques au mortier à Bagdad

MOSSOUL, Irak (AP) - Une voiture piégée a explosé, jeudi 9 décembre 2004, dans un marché de l’est de Mossoul. L’explosion, qui a eu lieu dans un marché de fruits et légumes très fréquenté, a fait deux blessés parmi les civils, a fait savoir un porte-parole de l’armée américaine. La police irakienne avait dans un premier temps parlé de plusieurs victimes.

Dans le même temps, à Bagdad, des tirs de mortiers visant une caserne de la Garde nationale et l’ambassade d’Italie voisine, dans le quartier de Waziriyah, ont tué trois civils et en ont blessé cinq autres, a expliqué le lieutenant de la police Hussein Ali.

Moins de morts mais plus de blessés graves chez les GI

SAN ANTONIO, Texas (AP) - Les horreurs de la guerre sont une réalité pour les soldats américains en Irak. Plus que dans aucun autre conflit par le passé, ils survivent proportionnellement davantage à de très graves blessures, et beaucoup rentrent au pays estropiés, voire défigurés, souligne une étude publiée, jeudi 9 décembre 2004, dans le "New England Journal of Medicine".

Pour chaque GI tué en Irak, neuf autres ont été blessés et ont survécu, un ratio record pour un conflit armé impliquant les Etats-Unis. Ce n’est pas pour autant que les blessures soient moins graves, souligne l’étude. En fait, certains jeunes soldats ont perdu des membres ou leur visage et sont gravement estropiés. Mais ils ont survécu en partie grâce à leur équipement de protection et à l’intervention rapide de médecins militaires accompagnant les troupes sur le terrain. "C’est sans précédent. Les gens qui perdent non seulement une mais aussi deux ou trois extrémités sont ceux qui ne survivaient pas dans le passé", souligne le Dr Atul Gawande, un chirurgien de Boston, auteur de l’étude.

Le "New England Journal of Medicine" publie des photos qui montrent des blessures très graves et les conditions dans lesquelles opèrent les chirurgiens. "Cette guerre produit des blessures uniques : moins meurtrières mais plus traumatisantes", souligne le Dr Jeffrey Drazen, un rédacteur du journal. Le Dr Gawande évoque le cas d’un aviateur ayant perdu les deux jambes, la main droite et qui a été en partie défiguré. "La manière dont lui et d’autres pourront vivre demeure une interrogation", écrit-il.

Les casques et gilets en Kevlar sont une des raisons de ce taux élevé de survie. "La zone critique, poitrine et abdomen, est protégée", souligne le Dr George Peoples, un chirurgien de l’armée américaine qui a servi en Irak et en Afghanistan. "Paradoxalement, nous avons constaté des blessures dévastatrices aux extrémités parce que les gens survivent à des blessures auxquelles ils n’auraient pas survécu autrement." Un grand nombre de blessures entraînant la cécité ont également été constatées.

A la mi-novembre 2004, 10369 soldats américains avaient été blessés au combat en Afghanistan ou en Irak et 1004 avaient trouvé la mort, soit un taux de survie d’environ 90 %. Pendant la guerre du Vietnam, un blessé sur quatre mourait, dans la plupart des cas avant de pouvoir atteindre les hôpitaux de campagne situés à bonne distance des combats.

Aujourd’hui en Irak, des médecins mobiles transportent des "mini-hôpitaux" dans six jeeps et des kits chirurgicaux dans des sacs à dos. Ils peuvent ainsi accompagner les troupes et intervenir sur place. "En une heure, nous installons les tentes et les tables d’opération et nous pouvons commencer à opérer immédiatement", explique le Dr Peoples.

L’ensemble des hôpitaux militaires américains recense quelque 200 amputés de la guerre en Irak et en Afghanistan, dont trois présentent de triples amputations. Le taux record de survie en Irak a été obtenu avec un nombre étonnamment faible de chirurgiens généralistes. L’armée en compte seulement 120 en service actif et à peu près autant chez les réservistes. Sur ce total, une cinquantaine au maximum se trouve en Irak, ainsi qu’une quinzaine de chirurgiens orthopédiques, pour s’occuper de 130000 à 150000 soldats. "C’est un effectif très serré", souligne le Dr Gawande. Et ces chirurgiens "ont aujourd’hui également en charge des civils irakiens, car les Américains ont pris la tête de nombreux hôpitaux locaux."

Le Dr Gawande souligne que le système médical militaire a été repensé pour privilégier la survie des GI. Les médecins sur les lieux des combats limitent la chirurgie à deux heures ou moins et parent au plus pressé. Les blessés sont ensuite envoyés dans l’un des hôpitaux gérés par l’armée en Irak. "Nous travaillons pour sauver des vies plutôt que des membres", résume le capitaine Kenneth Kelleher, chef d’une unité de chirurgie dans une base des marines près de Falloujah.

Associated Press

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