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vendredi 24 février 2017
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AFP, 15 décembre 2004

Irak : Arrestation arbitraire du cousin de Saddam Hussein par le gouvernement de la collaboration


Le frère de Ezzedine Al-Majid Al-Tikriti, cousin du président déchu irakien Saddam Hussein, a nié, mercredi 15 décembre 2004, qu’il aide les résistants et laissé entendre que son arrestation était liée à son refus de rencontrer le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui, à Amman.


"Ezzedine n’a jamais combattu ou aidé la rébellion en Irak. Il a été arrêté, il y a dix-huit jours, à Ramadi, par les forces américaines, et non à Falloujah, alors qu’il était en compagnie de deux fils de cheikh Nayef Al-Rachid Al-Doulaimi, Majid et Ahmad, qui est professeur de Sciences politiques à l’université de Bagdad", a déclaré à l’AFP à Amman, Mzahem Al-Majid Al-Tikriti. "Majid et Ahmad ont été libérés deux jours plus tard et nous ont raconté les faits. Ils avaient tous été arrêtés, vers 23h30, pour violation du couvre-feu. Ils ont été interrogés par les forces américaines, puis relâchés", a-t-il dit. "Dr Ahmad m’a dit que la veille de son arrestation, Ezzedine, qui était arrivé en Irak quelques jours plus tôt, avait reçu un coup de téléphone de Iyad Allaoui, lui demandant de se joindre à la réunion qu’il a tenue, début décembre 2004, à Amman, avec des Irakiens en exil, en vue des élections. Ezzedine a refusé et lui a dit que les élections étaient inutiles dans ces circonstances", a ajouté son frère. "Etonnement, Ezzedine a été arrêté le lendemain sous l’accusation d’avoir un passeport irakien et un autre jordanien", a-t-il indiqué, soulignant que le Dr Ahmad était venu en Jordanie pour lui rapporter les faits. "Une chose est sûre, ils ne se trouvaient pas à Falloujah et ces personnes peuvent en témoigner", a-t-il ajouté.

M. Allaoui a annoncé, mardi 14 décembre 2004, l’arrestation de Ezzedine Al-Majid, qui "a été arrêté en flagrant délit à Falloujah", à l’ouest de Bagdad. "Il est maintenant entre les mains des forces irakiennes. Il y aura une enquête et il passera en jugement", selon M. Allaoui.

"Ezzedine est une des victimes de Saddam Hussein qui a tué sa femme et ses quatre enfants", a relevé Mzahem Al-Tikriti, lui même arrêté par les services de l’ancien régime, le 15 août 1995, en raison de la défection de son frère. Il est resté en détention jusqu’à sa libération, le 9 avril 2003, par les forces américaines, à leur entrée à Bagdad. Ancien officier de la Garde républicaine, Ezzedine Al-Majid Al-Takritians), avait trouvé refuge en Jordanie, en 1995, avec son beau-frère, le général transfuge Hussein Kamel, gendre de Saddam Hussein. Au retour du groupe en Irak en février 1996, l’épouse de Ezzedine Al-Majid Al-Tikriti (soeur de Hussein Kamel) et leurs quatre enfants, ont été assassinés, ainsi que Hussein Kamel et ses deux frères. Ezzedine était alors en Turquie. Il a obtenu, en 2000, un statut de réfugié politique en Grande-Bretagne. Il a élu domicile à Leeds, aux Emirats arabes unis et en Jordanie.

En juillet 2004, Ezzedine Al-Majid, ainsi qu’un autre cousin de Saddam Hussein, Fatik Souleiman Al-Majid, avaient été cités par des responsables américains anonymes, dans le New York Times, comme faisant partie d’un large réseau gravitant autour du clan familial de l’ancien dictateur qui contribuerait à financer et armer la résistance.

Début de la campagne électorale

BAGDAD (AFP) - Les autorités irakiennes ont annoncé, mercredi 15 décembre 2004, que Ali Hassan Al-Majid, alias "Ali le Chimique", serait le premier à être jugé parmi les dirigeants du régime déchu de Saddam Hussein, la semaine prochaine, au moment où le coup d’envoi était donné à la campagne électorale en Irak. Entretemps, le ministre irakien de la Défense Hazem Chaalane a lancé une attaque en règle contre l’Iran et la Syrie, qu’il a accusés d’"orchestrer" le terrorisme en Irak.

Selon le porte-parole de M. Chaalane, Ali Hassan Al-Majid, conseiller présidentiel et cousin de Saddam Hussein, "sera le premier à être jugé". "Les procès (de Saddam Hussein et de ses onze proches) se dérouleront à partir de la semaine prochaine et jusqu’à la mi-janvier" 2005, a-t-il précisé. Ali Hassan al-Majid a été arrêté, le 21 août 2003, par les troupes américaines. Il est accusé d’avoir ordonné le gazage des Kurdes, à Halabja, en 1988, d’avoir participé à l’invasion du Koweit, en 1990, et à la répression de l’insurection chiite en 1991.

Ces déclarations surviennent au lendemain de l’annonce, par le Premier ministre, Iyad Allaoui, du début du jugement des dirigeants du régime déchu de Saddam Hussein, détenus par les Américains. Ils doivent comparaître devant le Tribunal spécial irakien chargé de juger les "crimes contre l’humanité et crimes de guerre".

M. Chaalane, lors d’une conférence de presse à Bagdad, a accusé "l’Iran (d’être) l’ennemi le plus dangereux de l’Irak et de tous les arabes". "La clé du terrorisme" en Irak est l’Iran qui y "orchestre un grand réseau terroriste. Nous ne laisserons pas l’Etat safavide (dynastie qui régna sur la Perse du 16ème au 18ème siècle) revenir en Irak", a-t-il dit. "Le terrorisme en Irak est entretenu par le renseignement iranien, le renseignement syrien, les affidés de Saddam Hussein en collaboration avec le groupe (de l’islamiste jordanien Abou Moussab) Al-Zarqaoui. Le financement et l’entrainement des terroristes se déroulent en Iran et en Syrie", selon lui.

Entretemps, la Commission électorale irakienne recevait, mercredi 15 décembre 2004, date-limite aux inscriptions, les dernières listes aux élections générales que certains partis ne désespèrent pas de voir reportées en raison de l’insécurité. La campagne pour ces élections a commencé dans un contexte de violence continue.

Quatre policiers ont été tués, vingt autres blessés, et treize ont été portés disparus, dans une attaque, mardi 14 décembre, au sud de Bagdad, contre un convoi de la police, a-t-on appris, mercredi 15 décembre 2004, de source policière irakienne. Le convoi était composé de dix véhicules de la police venus de Bassorah, avec à bord quatre-vingt-cinq recrues, pour prendre la relève d’une force de la police basée à Bagdad.

Le directeur des impôts pour la province irakienne de Kerbala a été abattu, mercredi 15 décembre 2004, par des hommes armés, alors qu’un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur a été enlevé, par des hommes habillés d’uniformes de la Garde nationale, dans sa résidence au nord de Bagdad, selon des sources policières.

Pour éviter davantage de victimes dans les rangs de l’armée américaine, l’armée de l’Air va faire appel aux avions cargo C-130 pour remplacer des convois routiers qui sont la cible régulière des attaques de résistants, a annoncé le chef d’état-major de l’US Air Force, le général John Jumper.

Par ailleurs, des documents officiels de l’armée américaine, publiés mardi 14 décembre 2004, font état de nouveaux cas de sévices contre des prisonniers en Irak, dont une parodie d’exécution commise contre quatre mineurs irakiens. Ces documents ont été obtenus par décision judiciaire.

Un rapport du Conseil de surveillance internationale pour l’Irak, créé par l’ONU, a mis en cause les Etats-Unis pour des irrégularités massives sur les ventes de pétrole brut et les conditions d’attribution des contrats -notamment à une filiale d’Halliburton- payés avec les fonds appartenant à l’Irak, a indiqué le New York Times sur son site internet.

Enfin, le président George W. Bush a remis la médaille présidentielle de la Liberté à trois ex-responsables de son administration, ayant joué un rôle clé et controversé en Irak, l’ex-directeur de la CIA, George Tenet ; l’ex-administrateur à Bagdad, Paul Bremer ; et le général Tommy Franks.

Agence France Presse

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