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samedi 27 mai 2017
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AFP, Reuters, 15 décembre 2004

Côte d’Ivoire : Reporters sans frontières (RSF) demande à Kofi Annan d’intervenir pour "normaliser" la Radio télévision


ABIDJAN (AFP) - L’organisation internationale de défense de la presse, Reporters sans frontières (RSF), a demandé au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, d’intervenir pour que la situation de la télévision publique ivoirienne soit "normalisée", indique un communiqué de cette organisation.


Reporters sans frontières a demandé, par lettre, à M. Annan, "d’intervenir pour que la situation de la Radiotélévision ivoirienne (RTI) soit normalisée, alors que doit entrer en vigueur, le 15 décembre, le volet des sanctions (de l’ONU) à l’encontre de certains acteurs de la crise ivoirienne", selon ce communiqué, transmis mercredi à l’AFP à Abidjan. "Dans la matinée du 4 novembre 2004, le siège de la RTI a été la cible d’une prise de pouvoir par la force, effectuée par des hommes en armes et soutenue par des miliciens aux ordres de la présidence. Un nouveau directeur général, M. Jean-Paul Dahily, a été placé d’autorité", rappelle Reporters sans frontières dans son courrier.

A compter de ce jour, les médias d’Etat ont "plusieurs fois relayé des appels au crime, des mensonges et des mots d’ordre organisant les violences de la rue". "Après plusieurs séances d’écoute et de visionnage", Reporters sans frontières a constaté, "alors que les rues d’Abidjan étaient livrées aux pillages et aux violences, que la RTI et Radio Côte d’Ivoire s’étaient faites les relais enthousiastes de fausses informations ou de rumeurs provoquant ou précipitant ces violences. En direct, ces chaînes ont organisé l’insurrection et galvanisé les émeutiers". "L’équipe dirigeante imposée, le 4 novembre 2004, est toujours en place, et le directeur général légitime de la RTI, Kébé Yacouba, ne peut plus exercer ses fonctions", souligne RSF. "Même si elles restent sourdes à nos demandes et à nos protestations, les autorités ivoiriennes ne devraient pas tolérer que l’arbitraire continue de régner au sein de leur administration. Pourtant, s’agissant de la RTI, c’est toujours le cas. Depuis plus d’un mois, la situation est bloquée", s’inquiète RSF.

Adoptée 15 novembre, la résolution 1572 de l’ONU avait imposé un embargo immédiat sur les armes à destination de la Côte d’Ivoire. Elle prévoyait, à partir du 15 décembre 2004, et à défaut d’une application totale des accords de paix inter-ivoiriens de Marcoussis, une interdiction de voyager et un gel des avoirs pour des personnes qui seraient considérées comme responsables des blocages politiques, de violations des droits de l’homme ou d’appels à la haine.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit commencer, mercredi 15 décembre 2004, à dresser une liste des personnalités concernées, ne précisant pas toutefois le délai nécessaire à l’établissement d’une telle liste.

Agence France Presse

Des rebelles ivoiriens vont rencontrer Thabo Mbeki

BOUAKE, Côte d’Ivoire (Reuters) - De hauts responsables des groupes rebelles ivoiriens se rendront, mercredi 15 décembre 2004, en Afrique du Sud, pour y rencontrer le président, Thabo Mbeki, et lui présenter des propositions visant à ramener la paix dans leur pays, ont fait savoir les Forces nouvelles. Le président sud-africain, que l’Union africaine a chargé de jouer le rôle de médiateur dans la crise en Côte d’Ivoire, a déclaré, au terme d’une visite de cinq jours dans ce pays, qu’il était convenu, avec toutes les parties concernées, d’accélérer la mise en oeuvre des accords de paix de Linas-Marcoussis, conclus sous l’égide de la France. Les rebelles ont bien accueilli l’intervention de Thabo Mbeki, qu’ils ont qualifié de personne de confiance, tout en soulignant qu’ils avaient leur propre idée sur la façon de résoudre la crise.

"(Cette délégation) exposera au président Thabo Mbeki les solutions des Forces Nouvelles en vue d’une relance dynamique du processus de paix, dont l’objectif principal est le retour d’une paix durable à travers l’organisation d’élections libres, transparentes et ouvertes à tous", ont déclaré les rebelles dans un communiqué. Le secrétaire général adjoint des Forces nouvelles, Louis Dakoury-Tabley, dirigera la délégation.

Médiation de la dernière chance ?

La Côte d’Ivoire est divisée en deux depuis que les rebelles ont pris le contrôle de sa partie Nord, à l’issue d’une tentative de coup d’Etat manqué contre le président, Laurent Gbagbo, en septembre 2002. Une zone-tampon surveillée par des soldats français et des troupes mandatées par l’ONU sépare les rebelles et les forces gouvernementales.

Des avions de la chasse ivoirienne ont fait voler en éclats, le 4 novembre 2004, la trêve qui durait depuis 18 mois, en bombardant des positions rebelles. Mais cette offensive a pris fin quand la France, ancienne puissance coloniale de la Côte d’Ivoire, a détruit la quasi-totalité de la flotte ivoirienne en représailles à un raid aérien ivoirien qui a fait neuf morts parmi ses soldats.

Le chef sortant de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire a estimé, la semaine dernière, que les efforts de médiation de Thabo Mbeki constituaient peut-être la dernière chance d’empêcher ce pays, autrefois pôle de stabilité et de prospérité de l’Afrique de l’Ouest et premier producteur mondial de cacao, de s’enfoncer plus avant dans la crise.

Abdoul KADER

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