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vendredi 28 avril 2017
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AFP, 18 décembre 2004

Côte d’Ivoire : Nouveau bilan des émeutes de novembre 2004


ABIDJAN (AFP) - Le nombre de blessés par balles lors des événements de novembre, publié, vendredi 17 décembre 2004, par le ministère de la Santé, et relativement faible par rapport au nombre total de victimes, atténue la responsabilité de l’armée française, accusée de "massacre" par les partisans du régime.


Selon le directeur de cabinet du ministère de la Santé, les affrontements du 5 novembre au 11 novembre 2004, entre soldats du contingent français Licorne et manifestants, ont fait 291 blessés par balles, sur un total de 2226 blessés ivoiriens recensés et de 57 tués.

Ce responsable a confirmé, vendredi 17 décembre 2004, les chiffres cités par le ministre de la Santé, Albert Mabri Toikeusse (opposition), fin novembre 2004, lors d’une communication en Conseil des ministres. Selon cette note, publiée, mercredi 15 décembre 2004, par le quotidien français Libération, 10 % des 2226 personnes hospitalisées ont été blessés par armes de guerre, c’est-à-dire "par balles ou éclats d’obus". En d’autres termes, expliquait cette note, "les 90 % restants résultent des effets collatéraux liés aux manifestations, à savoir les piétinements, blessures par armes blanches et par armes à feu traditionnelles" (chevrotine).

Ce bilan officiel ivoirien contredit les accusations de "massacre" formulées par les partisans du président Laurent Gbagbo, dénonçant l’usage d’armes de guerre contre la foule, et du chef de l’Etat lui-même, qui comparait l’attitude française aux événements de Prague, en 1968, quand les chars de Moscou avaient tiré sur les manifestants.

Le détail des blessés par balles hospitalisés dans chaque établissement publié par le ministère de la Santé est lui aussi éloquent. Ainsi, 954 personnes ont été hospitalisées à Cocody, dont 71 seulement (environ 8 %) ont été blessées par balles. Le CHU de Cocody (quartier chic d’Abidjan), est voisin de l’Hôtel Ivoire, où un face-à-face entre militaires français et "jeunes patriotes" avait dégénéré en une fusillade, le 9 novembre 2004. Les autorités ivoiriennes accusaient les soldats de Licorne d’y avoir tiré "directement et sans sommation" sur la foule.

Par ailleurs, 35O blessés ont été pris en charge au CHU de Treichville, dont seulement 25 par balles ou éclats d’obus. Cet hôpital est situé près des ponts séparant le nord et le sud d’Abidjan, où des milliers de manifestants avaient été contenus par des tirs d’hélicoptères français au canon de 20 mm, dans la nuit du 6 novembre au 7 novembre 2004.

A l’hôpital de Port-Bouët, en revanche, 167 des 350 personnes admises ont été blessées par "armes de guerre". Cet établissement est proche de l’aéroport et de la base française du 43e Bataillon d’infanterie de marine (BIMa), pris d’assaut aux premières heures des manifestations. Le nombre des blessés par balles confirme la violence de ces affrontements. Cette partie sud de la ville, où vivaient de nombreux expatriés, avait été également le théâtre d’importants pillages et saccages.

Que les Français aient riposté avec vigueur à Duékoué ne fait guère de doute non plus : neuf personnes ont été tuées et 29 blessées, dont 21 par balles dans cette ville, où des manifestants et des militaires ivoiriens avaient tenté de bloquer l’avance d’une colonne de blindés français.

Enfin, on relève des victimes à Gagnoa (7 tués, 55 blessés dont 4 par balles), Abobo (1 mort, 91 blessés dont 1 par balles), où l’armée française n’était pas présente, ou encore Yopougon (7 morts, 297 blessés dont 19 par balles), quartier populaire sous le contrôle des "jeunes patriotes".

Le nombre total des blessés par armes de guerre est encore susceptible d’évoluer, selon les autorités sanitaires. Sur les 57 morts, le nombre de victimes par balles est également encore en cours de recensement.

Le ministère de la Santé souhaite éviter "toute manipulation sur les chiffres", a-t-il expliqué. En prenant à contre-pied la thèse des "patriotes", il encourt cependant les foudres du clan présidentiel et des ministres du Front patriotique ivoirien (FPI, parti de M. Gbagbo) au sein du gouvernement de "réconciliation nationale".

Agence France Presse

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