retour article original

mardi 22 août 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (13ème partie) : Décembre 2004
Le Monde, Reuters, 21 décembre 2004

Irak : Libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot


Christian Chesnot et Georges Malbrunot, les deux journalistes français détenus depuis plus de quatre mois en Irak, ont été libérés mardi 21 décembre.

Selon le frère de Christian Chesnot, Thierry Chesnot, les deux journalistes français se trouvent à Amman et doivent regagner Paris mercredi 22 décembre 2004.


C’est la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira qui, la première, a annoncé la nouvelle, citant "l’Armée islamique en Irak", qui avait revendiqué l’enlèvement des deux journalistes, le 20 août, sur une route au sud de Bagdad. "Ils ont été libérés, ils ont été remis aux autorités françaises, ils seront de retour dans la journée de mercredi" 22 décembre 2004, a annoncé peu après le porte-parole du ministère des affaires étrangères français, Hervé Ladsous.

"Le plus beau cadeau de Noël"

Le frère de Christian Chesnot, Thierry Chesnot, a précisé que les deux journalistes se trouvaient déjà à Amman. "C’est un magnifique cadeau de Noël", s’est réjoui le frère de l’ex-otage, photographe à l’agence Sipa. La mère de Georges Malbrunot, Andrée Malbrunot, a réagi avec les mêmes mots : "Le plus beau cadeau de Noël". Cette libération, qui intervient au 124e jour de leur captivité, met fin à un épisode marqué par de rocambolesques tentatives d’intervention par des intermédiaires non officiels, et une tournée du chef de la diplomatie française, Michel Barnier, dans des pays arabes.

La présidence de la République et le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, ont également annoncé cette libération. L’Assemblée nationale a interrompu ses travaux pendant cinq minutes à l’annonce de la nouvelle, chaudement applaudie. M. Raffarin a exprimé sa "joie profonde". L’Elysée a confirmé que les deux journalistes seront "remis aux autorités françaises" et de retour en France "dès que possible".

Les raisons de cette libération

Dans un communiqué, transmis par Al-Jazira, l’Armée islamique en Irak met en avant plusieurs raisons à cette libération : "La preuve a été faite qu’ils n’espionnaient pas pour le compte des forces américaines". De plus, ajoute le groupe, leur libération répond "à des appels et des exigences d’institutions et d’organisations musulmanes et en appréciation de l’attitude du gouvernement français sur la question irakienne, et de celle des deux journalistes sur la cause palestinienne". M. Barnier avait rencontré plusieurs responsables musulmans, dont des islamistes, notamment au Caire, pour leur demander d’intercéder auprès des ravisseurs. Une délégation de musulmans de France s’était quant à elle rendue à Bagdad, dans le même but.

Christian Chesnot, qui travaille pour Radio France internationale (RFI), et Georges Malbrunot, journaliste au quotidien Le Figaro, avaient été enlevés avec leur guide syrien, alors qu’ils se rendaient à Nadjaf, à 160 km au sud de Bagdad, pour couvrir la rébellion du chef chiite Moqtada Al-Sadr. Leur accompagnateur syrien, Mohamed Al-Joundi, avait, lui, été rélâché. Retrouvé par l’armée américaine, le 12 novembre 2004, à Fallouja, à l’ouest de Bagdad, il a fait état de mauvais traitements par les soldats américains.

Un député de la majorité présientielle, Didier Julia, avait tenté une mission parallèle pour faire libérer les deux journalistes, se rendant notamment en Syrie. Cette démarche avait été condamnée par les autorités françaises, qui l’ont jugée de nature à retarder l’issue.

"Un immense soulagement"

Si leur lieu de détention n’a jamais été connu avec précision, beaucoup d’indices portent à croire que les otages se trouvaient retenus à Latifiya, à 40 km au sud de Bagdad, au cœur de ce qui est devenu au fil des mois "le triangle de la mort" en raison des durs combats qui y opposent l’armée américaine et les groupes de la résistance sunnite.

Leur libération "apporte un immense soulagement à l’ensemble des collaborateurs de Radio France internationale", a indiqué dans un communiqué Antoine Schwarz, président de RFI. Il a remercié "les autorités politiques, religieuses, diplomatiques" qui ont aidé à cette libération. Nicolas Beytout, directeur de la rédaction du quotidien Le Figaro, auquel collaborait Georges Malbrunot, a fait part de sa "très grande joie", tout comme France Info pour laquelle travaillait aussi Christian Chesnot. Les médias français s’étaient largement mobilisés dès le début de l’enlèvement, qu’ils mentionnaient à chaque fois dans leurs bulletins d’information.

Le recteur de la grande mosquée de Paris et président du CFCM (Conseil français du culte musulman), Dalil Boubakeur, a dit son "émotion" et son "bonheur" après la libération des deux otages français en Irak. "Un seul mot me vient à l’esprit : Hamdullilah ! (louange à Dieu)", a déclaré M. Boubakeur qui a qualifié ces libérations d’"inattendues".

Avec AFP

Au moins 22 morts dans l’attaque d’une base américaine à Mossoul

WASHINGTON/MOSSOUL, Irak (Reuters) - Au moins 22 personnes ont été tuées et 50 autres blessées, dans une attaque au mortier et à la roquette d’une base militaire américaine de Mossoul, dans le nord de l’Irak.

La nationalité des victimes n’est pas encore connue, mais il pourrait s’agir de l’une des attaques les plus meurtrières contre l’armée américaine depuis le début de la guerre en mars 2003. Les autorités américaines n’ont pas avancé de bilan officiel.

Le général Carter Ham, commandant des 8000 soldats américains stationnés à Mossoul, a déclaré que des soldats américains, des entrepreneurs américains et étrangers et des membres de la nouvelle armée irakienne figuraient parmi les morts. "Plus de 20 personnes ont été tuées et plus de 60 autres ont été blessées", a-t-il déclaré. Il a affirmé qu’une seule explosion s’était produite.

Au Pentagone, des responsables ont précisé que des roquettes et des obus de mortiers s’étaient abattus sur la cantine de la base Marez, vers midi, heure à laquelle des dizaines de soldats viennent souvent déjeuner.

Cette attaque a été revendiquée par Ansar Al-Sounna, l’une des organisations les plus actives dans l’insurrection contre les forces américaines et les autorités irakiennes. Dans un communiqué publié sur un site internet, ce groupe précise que sa cible était le réfectoire du camp américain.

La journée la plus meurtrière pour les forces américaines en Irak est intervenue aux premiers jours de l’offensive pour renverser Saddam Hussein, lorsque 29 soldats étaient tombés au combat. En novembre 2003, 17 militaires américains ont péri dans la collision de deux hélicoptères près de Mossoul.

L’attaque de ce camp militaire contraste avec les propos de Tony Blair, qui, lors d’une visite surprise à Bagdad, a affirmé que les Irakiens, soutenus par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, allaient "réussir" dans leur lutte contre le "terrorisme". Le Premier ministre britannique s’était déjà rendu à deux reprises en Irak, mais il s’agissait de sa première visite à Bagdad.

"Hommage aux héros du nouvel Irak"

Il a rencontré son homologue irakien Iyad Allaoui, qui a affirmé que "nos ennemis (...) ne gagneront pas". Tony Blair a rendu hommage aux "héros du nouvel Irak" qui "risquent leurs vies tous les jours" pour organiser les élections législatives prévues le 30 janvier 2005. Il a reconnu que ce scrutin ne mettrait pas un terme à l’insurrection mais il a toutefois formulé l’espoir d’une amélioration de la sécurité en Irak, où les violences se poursuivent dans de nombreuses régions à l’approche des élections.

Le président américain, George Bush, a lui aussi reconnu, lundi 20 décembre 2004, que "sans aucun doute", l’insurrection anti-américaine avait "un effet" sur la situation en Irak. D’après un sondage réalisé pour ABC News, une majorité d’Américains estime désormais que la guerre en Irak ne valait pas la peine d’être menée.

Peu après le départ de Tony Blair de la zone verte, ce secteur fortifié de Bagdad où siègent le gouvernement irakien et les ambassades de Grande-Bretagne et des Etats-Unis a été ébranlé par des tirs d’obus de mortiers, comme cela se produit presque quotidiennement.

Dans le nord du pays, le réseau d’oléoducs acheminant la production irakienne vers le port turc de Ceyhan a été incendié par des saboteurs, lundi 20 décembre 2004 au soir. Les exportations de pétrole transitant par cette voie étaient déjà suspendues par suite d’une autre attaque intervenue ce week-end.

Reuters

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source