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AP, 24 décembre 2004

Iran : Kamal Kharrazi dénonce l’inscription d’Al-Manar sur la liste des organisations terroristes

Suivi d’un commentaire


Reportage d’Al-Manar sur un attentat à Najaf, en Irak, le 29 août 2003

BEYROUTH (AP) - Le ministre iranien des Affaires étrangères a fustigé, vendredi 24 décembre 2004, la décision des Etats-Unis de placer sur la liste des organisations terroristes la chaîne de télévision Al-Manar du groupe chiite libanais pro-iranien du Hezbollah.

Iran


« Comme un média peut-il être considéré comme terroriste ? Où est la liberté d’expression ? En d’autres mots, quiconque s’exprimera à l’avenir contre les Américains sera accusé de terrorisme. Voilà leur philosophie », a lancé Kamal Kharrazi, en visite à Beyrouth, où il a rencontré le chef du Hezbollah Cheikh Hassan Nasrallah et le président libanais Emile Lahoud.

Emile Lahoud

Al-Manar a été inscrite sur la liste noire, vendredi 24 décembre 2004, pour incitation à la violence au Proche-Orient. Moins d’une semaine auparavant, le 13 décembre 2004, la France avait interdit la diffusion d’Al-Manar, accusée d’incitation à la violence et à l’antisémitisme.

Un journaliste d’Al-Manar

Kamal Kharrazi a par ailleurs défendu le Hezbollah contre la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies en date du 2 septembre, qui appelle le gouvernement libanais à désarmer le Hezbollah. « Tant que cette résistance (le Hezbollah, ndlr) est présente dans la région, Israël ne pourra pas atteindre ses objectifs à long terme d’extension de son pouvoir et de son hégémonie », a estimé le chef de la diplomatie iranienne.

Kamal Kharazi

La veille, jeudi 23 décembre 2004, Kamal Kharrazi s’était entretenu avec le président Bachar Al-Assad en Syrie, niant que Téhéran tente d’étendre son influence sur la Syrie, le Liban et l’Irak. Pour lui, les accusations irakiennes, américaines et autres d’interférence de l’Iran pour influer sur les élections du 30 janvier 2005 en Irak relèvent de la « propagande ».

Associated Press

Logo d’Al-Manar

Commentaire

On relèvera le caractère foncièrement arbitraire du grief, formulé à l’encontre d’Al-Manar, d’« incitation à la violence ».

Si un média approuve hautement la politique américaine en Irak, y compris le bombardement des villes et les massacres de civils, il ne sera pas, pour autant, accusé d’« incitation à la violence ». De même, un media peut chaudement approuver les opérations terroristes israéliennes contre les Palestiniens sans être accusé d’« incitation à la violence ». Même si on réclamait publiquement l’extermination de tous les Irakiens, en les dépeignant comme un ramassis de terroristes, on ne serait pas, pour autant, accusé d’« incitation à la violence ». Tout au plus se ferait-on reprocher un excès de zèle américanophile. Il y a donc clairement deux poids et deux mesures.

La police irakienne ferme le bureau d’Al-Jazeera, à Bagdad, le 7 août 2004

Le gouvernement américain, à l’exemple du gouvernement israélien, pratique le terrorisme intellectuel. Quiconque critique la politique d’Israël est désigné comme un antisémite. Quiconque critique la politique des Etats-Unis est décrit, sinon comme un terroriste, du moins comme un complice des terroristes. D’ailleurs, un même fait sera décrit, ou non, comme un acte terroriste, selon qu’il est perpétré par les Etats-Unis, par Israël, ou par leurs adversaires. C’est « à la tête du client ».

Un aperçu des dévastations perpétrées par l’armée israélienne à Khan Younis

A vrai dire, le gouvernement des Etats-Unis s’efforce de présenter toute critique comme une sorte de xénophobie antiaméricaine. De même, le simple fait d’organiser une manifestation syndicale est déjà présenté comme une « incitation à la violence ». Il s’agit de criminaliser les opposants et de les réduire au silence par n’importe quel moyen. Au nom de la démocratie et des droits de l’homme, bien entendu.

Frank BRUNNER

Un soldat américain assassine un blessé irakien, à Fallujah, le 13 novembre 2004

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