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AFP, 6 février 2004

France : Michel-Edouard Leclerc veut dénoncer une baisse masquée du pouvoir d’achat


PARIS (AFP) - Michel-Edouard Leclerc, patron des Centres E. Leclerc, a présenté jeudi une vaste campagne de communication qui dénonce une baisse masquée du pouvoir d’achat réel des Français, et plaide de nouveau pour une réforme de la loi Galland sur la revente à perte.


M. Leclerc s’appuie sur une étude commandée au BIPE (Bureau d’informations et de prévisions économiques), qui a retraité les chiffres de l’INSEE pour calculer le "pouvoir d’achat libéré" des foyers après paiement des "dépenses obligatoires" (loyer, énergie, assurances, etc).

Il s’agit du pouvoir d’achat "disponible pour des arbitrages de consommation" après ces dépenses contraintes estimées à 25% du revenu.

Rapporté à la hausse des prix, calculée également hors dépenses obligatoires, le BIPE estime que le pouvoir d’achat effectif du consommateur a baissé de 1,1% en 2003.

Ce résultat contredit l’indice INSEE du "pouvoir d’achat des ménages", le plus généralement cité, qui a affiché +1,2%, ainsi que celui du "niveau de vie" par foyer consommateur, également en hausse de +0,4%. Ce décalage s’explique surtout par la hausse des loyers et de l’énergie.

Cette tendance "correspond à la baisse de l’indice de confiance des ménages, à ce que perçoivent les gens", a souligné M. Leclerc, qui placardera 17000 affiches pour "révéler" aux Français la baisse de leur budget disponible.

"Les indicateurs INSEE ne sont pas suffisamment pertinents pour comprendre ce qui se passe sur le terrain, la perception des gens" que la vie est plus chère, a-t-il expliqué devant quelques journalistes.

Pour les Centres Leclerc, ce slogan vise à réclamer l’abrogation de la loi Galland sur la revente à perte, qui pour l’instant empêche les grandes surfaces de demander des rabais aux grandes marques, dont les prix sont pratiquement les mêmes dans tous les grands magasins et qui augmentent plus vite que l’inflation.

Cette loi a aussi créé le phénomène des "marges arrière" (sommes demandées par les distributeurs aux marques) qui financent les distributeurs sans avantage pour les clients.

Réformer la loi permettrait, a expliqué M. Leclerc, de baisser les prix des grandes marques, actuellement gonflés jusqu’à 50% par les marges arrière. "Je veux supprimer les marges arrière et revenir à une négociation sur les prix", a lancé M. Leclerc.

Le prix élevé des marques a favorisé le développement du hard discount, a-t-il dit.

Le secrétaire d’Etat à la Consommation Renaud Dutreil "réfléchit" à une éventuelle révision de la loi et "les industriels modulent leur discours", selon lui.

Leclerc a mené plusieurs campagnes contre la loi Galland, juqu’ici sans succès.

Tout en souhaitant que son enseigne "creuse l’écart sur les produits de grande marques", M. Leclerc compte pour l’instant "augmenter terriblement" ses gammes de produits de premiers prix ainsi que ses produits à marque propre, qui pourraient dépasser les 25% de son chiffre d’affaires.

Agence France-Presse

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