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mardi 27 juin 2017
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AP, 27 décembre 2004

Informations internationales : En 2004, la gauche a marqué des points en Amérique latine


MEXICO (AP) - Des champs de coca de Bolivie aux jungles urbaines de Mexico, la gauche a eu le vent en poupe en Amérique latine en 2004, alors que beaucoup dans la région dénoncent l’impérialisme des Etats-Unis et réclament des politiques plus sociales pour faire reculer la misère.


Au Mexique, où la victoire du président Vicente Fox, il y a quatre ans, avait été saluée comme une avancée démocratique, les électeurs sont las des querelles de parti et des scandales. Et le maire de gauche de Mexico, Andres Manuel Lopez Obrador, qui défend un programme d’aides publiques et de grands travaux, est en tête dans les sondages pour la présidentielle de 2006.

Lors d’une visite dans la capitale mexicaine, en novembre 2004, le chef de la diplomatie américaine, Colin Powell, a évoqué, avec M. Fox, un conservateur, une éventuelle arrivée au pouvoir de la gauche dans le pays. M. Powell a précisé que Washington était prêt à travailler avec n’importe quel gouvernement démocratiquement élu, quelle que soit sa couleur politique.

Des militants de gauche latino-américains se sont félicités du succès du président vénézuélien Hugo Chavez, qui a remporté, en août 2004, un référendum voulu par l’opposition pour le destituer. Evo Morales, chef de file des paysans indiens cultivateurs de coca en Bolivie a ainsi déclaré voir en Hugo Chavez "le leader des forces de libération d’Amérique latine".

Au Brésil, les électeurs s’attendaient à des changements radicaux sous l’impulsion de leur président de gauche, Inacio Lula da Silva, un ancien responsable syndical. Mais ils n’ont vu que des mesures économiques prudentes pour favoriser la croissance et les exportations, et une hausse très modeste du salaire mensuel minimum, fixé à 260 reals (71 euros). Certains ont exprimé leur frustration en organisant de violentes manifestations tandis que le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre a occupé des terrains.

En Uruguay, c’est l’heure d’un tournant historique : deux ans après une grave crise économique, les électeurs ont choisi le premier président de gauche du pays, Tabare Vazquez, faisant écho aux demandes exprimées dans toute la région pour des politiques plus sociales.

Des élections municipales en octobre au Chili ont permis à la coalition de centre-gauche du président Ricardo Lagos de remporter une confortable victoire, augmentant ainsi ses chances de conserver le pouvoir à la présidentielle de 2005, où M. Lagos ne pourra se représenter.

Autre motif de satisfaction pour la gauche de tout le continent, l’ancien dictateur chilien, Augusto Pinochet, accusé de graves violations des droits de l’homme sous son régime (1973-90), s’est vu retirer son immunité judiciaire. La justice souhaite le juger pour son rôle dans l’opération Condor, plan conjoint des dictatures sud-américaines des années 1970 visant à éliminer les opposants de gauche, et pour l’assassinat en Argentine de son prédécesseur à la tête de l’armée chilienne, le général Carlos Prats.

En Argentine, le président Nestor Kirchner s’est retrouvé aux prises avec la dette du pays, qui s’élève à 100 milliards de dollars. L’économie argentine a montré des signes de reprise après la crise financière de 2001 : le pays devrait connaître une croissance de 7 % pour la deuxième année consécutive.

En Colombie, le gouvernement a ouvert des pourparlers avec les groupes paramilitaires d’extrême droite, auteurs de massacres et d’assassinats depuis 20 ans. Mais les deux mouvements rebelles d’extrême gauche, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l’Armée de libération nationale (ELN), ont refusé de déclarer un cessez-le-feu et de rejoindre les négociations. Le président colombien Alvaro Uribe, un partisan de la répression contre les rebelles, souhaite que le Congrès amende la Constitution afin qu’il puisse briguer un second mandat consécutif en 2006.

De son côté, le Paraguay a dû faire face à la pire tragédie que le pays ait connu depuis des décennies : un incendie dans un supermarché qui a fait 399 morts, en août 2004, dans la banlieue d’Asuncion.

Associated Press

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source