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dimanche 25 juin 2017
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AFP, 28 décembre 2004

France : La police évacue les grévistes qui bloquaient l’entrepôt H&M du Bourget


LE BOURGET (AFP) - La police a délogé, mardi 28 décembre 2004, au Bourget, à quelques jours du début des soldes d’hiver, les grévistes de H&M qui bloquaient depuis trois semaines l’unique entrepôt français du groupe de confection suédois, notamment pour réclamer une revalorisation des salaires.


La direction du groupe H&M s’est néanmoins engagée par écrit, quelques heures après l’évacuation, à "reprendre les relations avec les syndicats, le 3 janvier 2005, à 14H00", a annoncé, mardi 28 décembre au soir, la préfecture de Seine-Saint-Denis, qui assure une médiation dans ce conflit. Cette proposition a été "acceptée par les syndicats et les grévistes", reçus, mardi 28 décembre 2004 après-midi, par la direction départementale du travail, a encore affirmé la préfecture.

La police est intervenue en fin de matinée pour libérer l’accès à l’entrepôt H&M du Bourget bloqué depuis trois semaines par une trentaine de salariés. Les salariés d’H&M bloquaient, depuis le 13 décembre 2004, l’unique entrepôt d’approvisionnement des 63 magasins français du groupe, pour obtenir la réouverture de négociations avec la direction sur des revalorisations de salaires et le retour de la prime d’intéressement. Juste après l’intervention policière, qui a donné lieu à une bousculade d’environ cinq minutes sans faire de blessés, les poids-lourds sont sortis de l’entrepôt libéré pour aller livrer les magasins de la marque, à quelques jours des soldes de janvier.

"L’intervention a eu lieu pour permettre les soldes !", a ironisé Jean-Jacques Karman (PCF), vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis, venu avec son écharpe tricolore soutenir les grévistes. Avant d’intervenir, la police avait demandé sans succès aux grévistes de libérer d’eux-mêmes l’accès aux lieux.

"H&M donne des centaines de millions d’euros à Lagerfeld et on n’arrive pas à boucler nos fins de mois, il y a vraiment un retour en arrière", s’était indigné Fofana, gestionnaire des stocks dans l’entrepôt, qui gagne 870 euros net par mois. Une indignation relayée par des représentants politiques arrivés sur place, dont Olivier Besancenot (LCR), qui s’est dit "révolté" : "Il y a deux poids deux mesures, on n’a jamais vu la justice s’en prendre aux patrons voyous qui délocalisent".

L’évacuation des grévistes a également suscité la colère du PCF qui, par la voix de Marie-George Buffet, l’a qualifiée de "réponse insupportable" à de "justes revendications".

Le PS a "exigé" l’ouverture de négociations entre syndicats et direction, de même que la CGT. De son côté, le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a estimé "nécessaire que les pouvoirs publics, qui ont donné satisfaction à la direction d’H&M" en expulsant les grévistes, "exigent publiquement une ouverture immédiate des négociations".

Le groupe H&M emploie près de 300 personnes dans l’établissement du Bourget, et près de 3000 en France.

Agence France Presse

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