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mardi 27 juin 2017
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Tribune de Genève, 4 janvier 2005

Corruption : Après dix mois d’enquête, l’Affaire Lullier transmise à un juge d’instruction

par Laurence BEZAGUET


Vue du Centre horticole de Lullier, près de Genève

L’affaire des dysfonctionnements du Centre horticole de Lullier, qui a passablement secoué la République genevoise en février 2004, rebondit. Après dix mois d’enquête préliminaire de police, « manquant d’éléments », le procureur général, Daniel Zappelli, n’a pas voulu trancher. Il a annoncé, le 3 janvier 2005, l’ouverture d’une information judiciaire. Le dossier passe ainsi aux mains de Michel-Alexandre Graber, vice-président des juges d’instruction.

Suisse


« Il s’agit d’éclaircir complètement les faits, car des zones obscures demeurent, dont des divergences dans les témoignages que nous avons recueillis, explique Daniel Zappelli. Or, seul un juge d’instruction peut les lever en procédant à des confrontations de personnes, moyens que le Parquet, dans le cadre d’une enquête préliminaire de police, n’a pas à sa disposition. » Résultat : près d’un an après qu’elle a été révélée, l’affaire dite de Lullier n’est toujours pas éclaircie.

Daniel Zappelli

Chancelier éclaboussé

Daniel Zappelli avait ouvert une enquête pour gestion déloyale des intérêts publics à la suite d’accusations lancées par le Syndicat des services publics (SSP), en février 2004. Rémy Pagani avait notamment dénoncé des centaines d’heures de travail fournies gratuitement par des stagiaires du Centre horticole dans la propriété privée du chancelier d’Etat. Robert Hensler avait admis les faits mais, recevant des hôtes de marque chez lui à ses propres frais, le haut fonctionnaire avait considéré que ces travaux devaient se comprendre comme des contre-prestations de l’Etat. S’estimant atteint dans son honneur, le chancelier avait porté plainte contre Rémy Pagani pour diffamation voire calomnie. Cette plainte est pour l’heure suspendue aux conclusions de l’enquête du juge d’instruction, précise Daniel Zappelli. Cela ne perturbe pas le chancelier : « La justice fait son travail avec calme et sérénité, commente Robert Hensler. Un certain nombre d’éléments doivent, semble-t-il, encore être éclaircis. J’apporterai, s’il le faut, ma contribution. Mais ce dossier n’est pas uniquement celui du chancelier ».

Robert Hensler

Des fleurs aux repas raffinés !

Effectivement, le chancelier n’a pas été le seul à bénéficier de certaines « prestations » de Lullier... Les cadeaux allaient du bouquet de fleurs, des cardons ou de la corbeille de fruits de fin d’année, à quelques menus travaux de jardinage sur la terrasse de l’appartement de Micheline Calmy-Rey. Ne s’illustrant pas que par ses talents de jardinage, le Centre de Lullier est également accusé par le Syndicat des services publics « d’avoir régalé des notables à l’œil en offrant 400 repas raffinés ! » Ces pratiques de privilèges archaïques sont-elles pénalement condamnables ? Si tel est le cas, « le juge inculpera, sinon l’affaire sera classée », conclut le procureur général. Le verdict de cette croustillante « saga florale » ne devrait plus se faire trop attendre, considère le juge Graber que nous avons contacté le 3 janvier 2005.

Une oeuvre du Centre horticole de Lullier

De son côté, Rémy Pagani constate : « Avec le personnel de Lullier, nous avions surtout dénoncé des problèmes de mobbing. Depuis que la direction du Centre horticole a changé, les choses sont rentrées dans l’ordre. »

Laurence BEZAGUET

Rémy Pagani

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