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AFP, 6 janvier 2005

Irak : Pressions accrues pour tenir le scrutin le 30 janvier 2005


Malgré l’escalade de la violence meurtrière, les Etats-Unis et leurs alliés en Irak veulent coûte que coûte tenir les élections générales à la date prévue du 30 janvier 2005, pour lesquelles plus de 35000 soldats américains seront déployés en force à Bagdad.


Alors que l’Irak célébrait, jeudi 6 janvier 2005, la Journée de l’armée, le ministère de l’Intérieur a annoncé que 18 ouvriers irakiens du quartier chiite de Khazimyah de Bagdad avaient été tués, dans le nord, où ils ont été emmenés par un employeur fictif qui leur a promis du travail sur une base américaine. Le chef de la police du quartier chiite de Sadr City à Bagdad a été abattu par des hommes armés alors qu’il circulait en voiture dans l’ouest de la capitale, a annoncé le ministère de l’Intérieur.

A Tunis, les ministres arabes de l’Intérieur ont condamné "tous les actes terroristes" visant les civils et les forces irakiennes, à l’issue de leur réunion mercredi 5 janvier 2005.

Parallèlement, une rencontre réunissant les voisins de l’Irak de même que l’Egypte et Bahrein se tient dans la journée à Amman pour apporter son soutien au gouvernement irakien dans l’organisation d’élections "transparentes", selon les autorités jordaniennes. L’Irak y participe également.

Le président américain George W. Bush a de nouveau défendu l’organisation du scrutin dans les délais, lors d’entretiens téléphoniques avec les présidents irakien Ghazi Al-Yaouar et égyptien Hosni Moubarak, et le roi Abdallah 2 de Jordanie. Il a parlé au téléphone, lundi 3 janvier, avec le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui. "Le président a fait part de son soutien au processus politique en Irak et a parlé de l’importance d’organiser les élections", a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche. M. Bush a dit à Abdallah 2 qu’il espérait que la conférence d’Amman "encouragerait la participation de tous les Irakiens aux élections", a-t-il souligné. Il a expliqué au président égyptien qu’il fallait maintenir les élections à la date prévue "afin d’ouvrir la voie à un processus politique pour ramener la stabilité dans le pays", selon le porte-parole de la présidence égyptienne. M. Bush voulait ainsi soutenir à fond M. Allaoui qui, malgré une recrudescence des violences et attentats suicide qui ont fait des dizaines de morts, a tranché, mercredi 5 janvier 2005, en faveur du maintien des élections à la date prévue. "Nous ne permettrons pas aux terroristes d’arrêter le processus politique et de saboter le pays. Nous encourageons tous les Irakiens à participer aux élections", a-t-il dit. Il a aussi admis ne pas être en mesure d’annoncer "que les attaques terroristes s’arrêteraient", mais annoncé un plan pour assurer la sécurité des élections prévoyant la "promotion d’un important nombre de soldats irakiens" à l’occasion de la Journée de l’armée. M. Allaoui mettait fin ainsi à un débat au sein de son cabinet sur le report du scrutin en raison de l’insécurité. Mais la ministre des Déplacés et émigrés Pascale Icho Warda est revenue à la charge pour estimer que la situation sécuritaire "intenable" "n’était pas encourageante pour les élections".

Dans ce contexte, l’armée américaine a annoncé qu’elle comptait mobiliser "plus de 35000 soldats" à Bagdad le jour des élections et a demandé au peuple irakien de contribuer à assurer la sécurité du scrutin en signalant tout élément pouvant permettre de contrecarrer des attaques. "Chaque soldat assigné à la sécurité de Bagdad sera dans les rues ou aidera d’une manière ou d’une autre à la tenue du scrutin", a déclaré le général Peter Chiarelli, responsable des forces américaines à Bagdad. Il a indiqué que ses soldats avaient réussi depuis une semaine à "désamorcer 50 % des voitures piégées et explosifs déposés au bord des routes". Mais "Bagdad est une ville de sept millions d’habitants et je ne ne suis pas en mesure de désamorcer chaque engin piégé en ce moment", a-t-il admis.

Pour le vote des expatriés, la Syrie, la Turquie et les Emirats arabes unis ont autorisé les Irakiens chez eux à participer à l’élection de l’Assemblée nationale transitoire, a indiqué l’Organisation internationale des migrations (OIM). Selon l’OIM, ces trois pays étaient les derniers d’une liste de 14, choisis par la Commission électorale irakienne, dans lesquels environ un million d’Irakiens pourront ainsi participer au scrutin.

Enfin, le département d’Etat s’est refusé à confirmer des informations du New York Times selon lesquelles les Etats-Unis envisagent de nouvelles sanctions contre la Syrie pour forcer ce pays à empêcher les Irakiens opérant depuis son territoire de soutenir l’insurrection en Irak. Il a déclaré que cette "option reste sur la table".

Agence France Presse

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