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Reuters, 7 janvier 2005

Irak : Libération sans nouvelle d’une de ses journalistes


PARIS (Reuters) - L’envoyée spéciale du journal Libération à Bagdad, Florence Aubenas, et son interprète irakien ont disparu en Irak depuis plus de vingt-quatre heures, ont annoncé, jeudi 6 janvier 2005 au soir, le quotidien et le Quai d’Orsay.


Le ministère des Affaires étrangères, dans un communiqué, "confirme que Florence Aubenas et son accompagnateur irakien, Hussein Hanoun, n’ont plus été vus à Bagdad depuis mercredi matin". Peu auparavant, l’information avait été rendue publique par Libération sur son site internet, qui précisait que Florence Aubenas et son interprète n’avaient pas été vus depuis leur départ de leur hôtel de Bagdad, mercredi 5 janvier 2005 au matin. De source policière à Bagdad, on précise que la journaliste française a disparu sur la route entre Bagdad et Tadji, au nord de la capitale irakienne. L’hypothèse d’un enlèvement est évoquée, a-t-on indiqué de même source.

Florence Aubenas, arrivée à Bagdad le 16 décembre dernier, travaille pour Libération depuis 1986. Le journal a publié, jeudi 6 janvier 2005, un long article sur les élections irakiennes signé de sa main et intitulé "A Bagdad, le vote entre le boycott et la mort". Son interprète, Hussein Hanoun Al Saadi, collabore avec les envoyés spéciaux de Libération depuis presque deux ans. Ce dernier "a joint sa femme au téléphone, le 6 janvier 2005, vers 11h30, mais ce n’était pas un appel affolé", a rapporté le directeur de la rédaction de Libération, Serge July. "Depuis, on est sans nouvelles", a-t-il ajouté sur LCI. "Dans les normes de sécurité qui sont les nôtres, jamais, sauf cas exceptionnel, quelqu’un reste longtemps sans donner des nouvelles ou sans donner son emploi du temps à Libération".

"Tout sauf une tête brûlée"

Selon Serge July, Florence Aubenas travaillait actuellement sur deux sujets : les femmes candidates aux élections et les réfugiés de Falloudja, que la journaliste cherchait à rencontrer. "Mais ses rendez-vous avaient été remis, pour ce que nous en savons, parce que l’endroit des rendez-vous était considéré comme trop dangereux. Nous ne pensons pas qu’elle est allée à ces rendez-vous", a-t-il précisé, ajoutant qu’il était "naturellement inquiet". Les autorités françaises, prévenues dès la fin de l’après-midi de mercredi 5 janvier 2005, ont demandé à leurs diplomates en poste en Irak d’entamer des opérations de recherche, notamment dans les hôpitaux, a-t-on appris de source diplomatique.

Il y a quatre hypothèses pour expliquer que Florence Aubenas n’a pas donné de nouvelles mais il faut être extrêmement prudent, souligne-t-on de même source. La journaliste française peut avoir été tuée, blessée, enlevée ou arrêtée par erreur par les forces de sécurité irakiennes ou américaines, explique-t-on. De même source, on précise qu’il ne resterait en Irak que trois journalistes français.

Le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, a fait part de son inquiétude et rappelé que Florence Aubenas avait une grande expérience du danger. "C’est une excellente journaliste, je la connais depuis des années, elle est allée dans des zones hyperdangereuses. Elle sait les risques qu’il faut prendre et ne pas prendre", a-t-il déclaré à Reuters. "Elle a couvert des pays comme l’Algérie, toute l’Afrique. C’est tout sauf une tête brûlée", a-t-il ajouté.

Deux journalistes français, enlevés en août 2004, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, ont été libérés le 21 décembre 2004. Les deux hommes, qui travaillaient notamment pour Radio France, Ouest France et Le Figaro, avaient été enlevés le 20 août avec leur chauffeur syrien Mohamed Al Djoundi. L’Armée de libération en Irak avait revendiqué leur enlèvement.

Le Quai d’Orsay a de nouveau demandé, jeudi 6 janvier 2005, à tous les ressortissants français, "y compris les représentants des médias", d’éviter de se rendre en Irak "compte tenu des risques actuels encourus dans ce pays pour la sécurité de chacun".

Reuters

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