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Archives Proche Orient (10ème partie) : De janvier 2005 à mars (...)
RAMALLAH (AFP) - Les Palestiniens votaient, dimanche 9 janvier 2005, pour élire le successeur de Yasser Arafat, décédé en novembre 2004, à la tête de l’Autorité palestinienne, une victoire du chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) Mahmoud Abbas semblant acquise.
Côté israélien, le Premier ministre israélien Ariel Sharon s’est dit prêt à rencontrer "le plus tôt possible" le nouveau président de l’Autorité palestinienne après l’élection, a déclaré un haut responsable israélien. Selon ce responsable, qui a requis l’anonymat, une telle rencontre "porterait avant tout sur les questions sécuritaires et sur la coordination sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne", en vue du retrait prévu israélien en 2005 de la bande de Gaza et de quatre colonies du nord de la Cisjordanie.
Les opérations de vote ont commencé, dimanche 9 janvier, à 07h00, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Elles s’achèveront à 19h00. Les résultats officiels doivent être communiqués lundi 10 janvier 2005.
Les premiers électeurs ont commencé à affluer, en dépit d’un froid soleil hivernal, vers le bureau de vote de la Mouqataa, le siège de l’Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie. A Gaza, des dizaines de personnes affluaient, dimanche 9 janvier 2005, vers une école pour déposer leur bulletin dans l’urne.
Environ 1,8 million de Palestiniens âgés de plus de 18 ans ont le droit de participer à ce scrutin, selon des chiffres communiqués par la Commission électorale centrale (CEC) palestinienne. Le vainqueur de ce scrutin au suffrage universel sera élu pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois. La première élection présidentielle palestinienne avait vu l’arrivée au pouvoir de Yasser Arafat en 1996. Le déclenchement de l’Intifada en septembre 2000 avait empêché la tenue d’un nouveau scrutin.
M. Abbas, 69 ans, candidat du Fatah, est donné grand favori loin devant les six autres candidats en lice, notamment le candidat indépendant Moustapha Barghouthi, 51 ans. M. Abbas doit voter à la Mouqataa et son principal rival Moustapha Barghouthi dans une école de Ramallah.
Enjeu de cette élection : la reprise des négociations de paix avec Israël, en sommeil depuis quatre ans, dans le cadre fixé par la Feuille de route, un plan de paix international de règlement du conflit qui prévoit la création d’un Etat palestinien cette année.
M. Abbas a d’ores et déjà fait valoir que s’il était élu, il "engagerait au plus vite des négociations avec Israël". Considéré comme un modéré, il a pris le risque de se mettre à dos les radicaux en appelant à la fin de l’Intifada armée. Les radicaux islamistes du Hamas et du Jihad islamique ont appelé au boycott de l’élection.
Israël s’est engagé à faciliter le bon déroulement du scrutin par une présence militaire discrète et une plus grande liberté de circulation dans les territoires de Cisjordanie et de la bande de Gaza occupés depuis juin 1967, mais a averti qu’il pourrait reconsidérer ces mesures en cas de poursuite des violences, à la suite de la mort d’un soldat dans une embuscade, vendredi 7 janvier 2005, en Cisjordanie.
Dans un centre de vote installé dans une école de Ramallah, employés de la CEC et représentants des candidats en lice sont arrivés une vingtaine de minutes avant l’ouverture du scrutin. Une dizaine de policiers assurent la sécurité à l’entrée du centre. Saïd Najjar, un médecin, a été le premier à déposer son bulletin dans l’urne de cette établissement scolaire. "J’ai voté pour Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas) parce qu’il va combattre la corruption", affirme-t-il. "J’espère qu’il va mettre en oeuvre des réformes et nommer les personnes les plus compétentes aux bons postes", ajoute-t-il.
Un des bureaux de vote a été installé à la Mouqataa, l’ancien QG de Yasser Arafat, où il a été enterré. "Ce que nous voyons ici en Palestine, on ne peut le voir nulle part ailleurs dans le monde arabe", affirme fièrement l’un des électeurs, Mohammad Othmane, 36 ans. "J’espère que le nouveau président respectera son peuple et libérera la Palestine", ajoute-il.
"Notre objectif est une participation de 80 % et en tous cas, pas moins de 75 %. Et si 80 % des électeurs potentiels participent, cela ne veut pas dire que les 20 % (restants) ont boycotté (le scrutin) car il y a des gens malades, à l’étranger ou en pèlerinage" à La Mecque (Arabie saoudite), confie Ziad Abou Ein, un responsable du Fatah.
Agence France Presse
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