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Le Monde, 13 janvier 2005

Irak : Paris adresse un signal d’apaisement


Jacques Chirac a reçu, jeudi 13 janvier 2005, le président irakien, Ghazi Al-Yaouar, et apporté son soutien au "processus de transition" politique en cours.


Au sujet de Florence Aubenas, disparue depuis huit jours, M. Al-Yaouar a assuré que "le gouvernement irakien est en train de faire tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération de la journaliste française et de son accompagnateur" irakien.

Jacques Chirac a souhaité, jeudi 13 janvier, que "l’étape capitale" des élections du 30 janvier 2005 en Irak puisse être franchie "avec succès". A moins de trois semaines du scrutin, le premier de l’ère post-Saddam Hussein, le président français a reçu à l’Elysée son homologue irakien, Ghazi Al-Yaouar, à qui il a réaffirmé "son soutien au processus de transition" politique, a rapporté le porte-parole de l’Elysée, Jérôme Bonnafont. "Nous approchons, avec les élections du 30 janvier, d’une étape capitale pour la réussite de ce processus. La France souhaite qu’elle soit franchie avec succès", a déclaré Jacques Chirac lors de son entretien avec Ghazi Al-Yaouar, dont la présence constitue une première, les registres de l’Elysée ne portant aucune trace d’une précédente visite d’un président irakien en France.

Le président français a souligné "la détermination de la France à poursuivre son engagement aux côtés du peuple irakien", a poursuivi le porte-parole.

M. Al-Yaouar pour le maintien de la date prévue

Devant les journalistes réunis dans la cour de l’Elysée, Ghazi Al-Yaouar a fait état, sur la question des élections, d’un "total accord de points de vue" avec Jacques Chirac. "Les élections doivent avoir lieu à la date précisée, a déclaré le président intérimaire, dont les propos étaient rapportés par une traductrice. Nous sommes en plein processus politique que nous voulons voir réussir dans l’intérêt de tous les Irakiens qui refusent la violence comme moyen de dialogue ou d’action politique."

Une partie des formations politiques sunnites ayant appelé au boycottage du scrutin, "il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir afin d’encourager tous les Irakiens à participer pour qu’ils puissent tous faire leur devoir et exercer leur droit de participer aux premières élections démocratiques dans le pays", a ajouté le président, lui-même sunnite et parrain d’une liste électorale baptisée "Iraqiyoun". "Ce seront des élections libres et honnêtes à 100 %", a-t-il assuré.

Évocation de la résolution 1546

Depuis la restauration de la "souveraineté" irakienne, fin juin 2004, les autorités françaises ont fait d’un dialogue politique "le plus large possible" leur cheval de bataille. "C’est une nécessité pour la restauration de la stabilité et de la sécurité", a souligné Jérôme Bonnafont. "Il faut tout faire pour que la (résolution des Nations unies) 1546 soit respectée et que le mandat des troupes américaines expire à la date prévue", insiste-t-on de source diplomatique française.

"Ce qui est arrivé est arrivé", a déclaré le président irakien, interrogé sur l’arrêt des recherches américaines d’armes de destruction massive en Irak - principale justification de l’intervention militaire de 2003. "Cette guerre a permis à l’Irak de se débarrasser d’un régime dictatorial, d’un régime du mal", a-t-il ajouté. Les forces multinationales déployées en Irak depuis dix-huit mois "aident à rétablir la sécurité. (...) Elles partiront dès que nous aurons les organes et les forces de sécurité nécessaires et capables de rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire irakien", a-t-il expliqué.

Des applications encore limitées

Au cours de leur entretien, suivi d’un déjeuner de travail, Jacques Chirac et Ghazi Al-Yaouar ont également évoqué l’offre française de former des gendarmes irakiens hors d’Irak, a expliqué le porte-parole, le président français remettant à son invité une "proposition à cet égard". Formulée il y a plus d’un an, cette offre de formation n’a pour l’instant pas été suivie d’effet, alors que l’Allemagne a déjà formé plusieurs centaines de policiers irakiens. "Nous attendons les demandes des autorités irakiennes", explique-t-on dans l’entourage du président français.

Les tensions franco-américaines, via un gouvernement intérimaire irakien mis en place par Washington, persisteraient-elles ? "La France et les Etats-Unis ont un objectif partagé sur l’avenir de l’Irak qui s’exprime dans la résolution 1546 que les deux pays ont votée", rappelle-t-on dans l’entourage de Jacques Chirac. "Les Américains aspirent à ce que tous leurs alliés soient partie prenante à la reconstruction de l’Irak", ajoute-t-on de même source, insistant sur l’appui financier et la coopération bilatérale entre Paris et Bagdad, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’archéologie.

Au moment où le président Ghazi Al-Yaouar arrivait en France, un groupe de quatorze dirigeants irakiens se trouvait à Paris dans le cadre d’un accord d’assistance à la préparation des élections de fin janvier 2005.

Avec Reuters

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