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lundi 24 juillet 2017
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AFP, 14 janvier 2005

Irak : Multiplication des violences


BAGDAD (AFP) - Les violences se sont multipliées, vendredi 14 janvier, en Irak, notamment contre la majorité chiite, alimentant les craintes de guerre civile à deux semaines des élections pour lesquelles le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a appelé "tous les Irakiens", dont les sunnites, à voter le 30 janvier 2005.


Le Premier ministre égyptien, Ahmad Nazif, a mis en garde contre les risques de "guerre civile et de partition". "Si la situation en Irak ne change pas, il y a des risques de guerre civile et de partition du pays en petits Etats sur des bases confessionnelles", a-t-il dit.

"J’encourage tous les Irakiens à exercer leur droit démocratique. L’Irak a besoin d’une base aussi large que possible pour une succession réussie", a lancé pour sa part Kofi Annan. "J’ai toujours dit clairement que les élections doivent être aussi larges que possible si, comme je l’espère, elles contribuent positivement à la transition politique en Irak", a-t-il ajouté. "Mais à cette heure tardive, il est indispensable d’associer les éléments nationalistes arabes de la société, en particulier les Arabes sunnites, à ce processus".

La principale formation sunnite, le Parti islamique irakien, avait annoncé qu’il se retirait des élections. Les sunnites représentent un tiers de la population, contre 60 % pour les chiites, une communauté contre laquelle les violences se développent à l’approche des élections.

La violence liée à la tenue des élections s’est poursuivie, vendredi 14 janvier 2005. Deux soldats irakiens ont été tués dans des attaques au nord de Bagdad, où une bombe artisanale a explosé dans un centre électoral d’une ville où les résistants sont implantés, selon la police.

Dans la même province, à Balad, à 70 km au nord de Bagdad, un soldat irakien a été tué et un autre blessé dans une attaque contre un convoi de l’armée américaine, a indiqué le lieutenant de police Abdel Abdallah.

A l’est de Samarra, à 125 km au nord de Bagdad, un soldat irakien a été tué et trois autres ont été blessés par l’explosion d’une bombe artisanale près du village d’Al-Thahab, a affirmé le lieutenant Anwar Ahmad.

Vendredi 14 janvier 2004 également, six Irakiens ont été tués et huit autres blessés, lorsque le bus à bord duquel ils se trouvaient est entré en collision avec un char Abrams de l’armée américaine au nord de Bagdad, selon des sources irakienne et américaine.

Enfin, quinze soldats irakiens à bord d’un bus ont été enlevés par des hommes armés, à leur sortie de la base militaire américaine d’Al-Assad dans la province d’Al-Anbar, a indiqué la police irakienne.

Par ailleurs, jeudi 13 janvier 2005 au soir, sept Irakiens ont été tués et trente-huit blessés, dans l’explosion d’une voiture piégée visant une mosquée chiite, à Khan Beni Saad.

Cet attentat intervient au lendemain de l’assassinat d’un représentant du grand ayatollah Ali Sistani, figure emblématique des chiites d’Irak favorable à la tenue des élections, cheikh Mahmoud Al-Madahaïni. L’influent Comité des oulémas musulmans (sunnite) a dénoncé "cet acte criminel" et décidé de boycotter les élections.

Le chef chiite Moqtada Al-Sadr a appelé le président George W. Bush et les pays voisins de l’Irak à ne pas intervenir dans les élections.

Cheikh Sadreddine Al-Qoubbanji a réitéré l’appel de la communauté chiite à maintenir les élections à la date prévue. Il s’est déclaré convaincu d’une "participation des sunnites en dépit des tentatives du (groupe extrémiste d’Abou Moussab) Al-Zarqaoui de prendre cette communauté en otage".

L’homme politique sunnite Adnane Pachachi a exhorté les Irakiens de la diaspora à voter. "Si nous restons à la maison, nous ne pourrons que nous blâmer nous-mêmes si les choses ne marchent pas". A propos des groupes armés actifs dans le pays, M. Pachachi a affirmé : "si nous les laissons faire, ils installeront un régime semblable à celui des talibans en Afghanistan".

"L’insurrection ne va pas disparaître du fait de cette élection", a estimé de son côté" le chef de la diplomatie américaine. "En fait, les insurgés pourraient se montrer encore plus déterminés s’ils ne parviennent pas à dissuader le peuple irakien de participer", a ajouté Colin Powell.

Par ailleurs, trente-huit prisonniers irakiens de droit commun se sont échappés, vendredi 14 janvier 2005, d’un autobus qui les transportait de la prison d’Abou Ghraib à une autre prison, avant que dix d’entre eux ne soient capturés à nouveau, a indiqué l’armée américaine.

En France, où persiste l’inquiétude sur le sort de la journaliste de Libération, Florence Aubenas, disparue en Irak depuis neuf jours, le président Jacques Chirac a jugé "capitale" la tenue des prochaines élections lors de la visite du président irakien par interim Ghazi Al-Yaouar.

Par ailleurs, la France a donné son accord à une annulation pouvant aller jusqu’à 80 % de la dette publique irakienne et proposé de former 1500 gendarmes irakiens, hors d’Irak, sur une période de 18 mois, a annoncé un porte-parole du président irakien.

De son côté, l’OTAN envisage de réduire la taille de sa mission de formation de la nouvelle armée irakienne, a indiqué le commandant en chef de l’Alliance atlantique en Europe, le général américain James Jones. L’OTAN avait décidé, en 2004, d’envoyer 300 instructeurs militaires en Irak. Huit ou neuf membres de l’OTAN -dont la France et l’Allemagne, pays qui s’étaient opposés à la guerre en Irak- ont refusé d’envoyer du personnel militaire en Irak, selon le général Jones.

Agence France Presse

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