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samedi 30 août 2014
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Reuters, 16 janvier 2005

Proche Orient : Ariel Sharon donne carte blanche à l’état-major israélien dans la bande de Gaza

par Dan WILLIAMS


Un blindé israélien près de la colonie de Netzarim, le 16 janvier 2005

JERUSALEM (Reuters) - Accusant l’Autorité autonome d’inaction, Ariel Sharon a donné carte blanche à ses généraux pour mettre un terme aux activités des groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza.

Un atelier détruit par un missile israélien, à Bei Llahiya, le 16 janvier 2005


Mahmoud Abbas, qui a succédé, le 9 janvier 2005, à Yasser Arafat, rencontrera dans la semaine les représentants de ces mouvements pour tenter de négocier une trêve, tentative que le gouvernement d’Ariel Sharon juge vouée à l’échec. "Malgré les changements intervenus à la tête de la direction palestinienne, nous attendons encore de la voir agir contre le terrorisme", a déclaré le Premier ministre devant les membres de son gouvernement, deux jours après rompu tout contact avec Abbas. "L’appareil militaire et de sécurité israélien a reçu pour instruction de prendre toutes les mesures nécessaires, sans aucune restriction (...), aussi longtemps que les Palestiniens ne lèveront pas le petit doigt", a-t-il ajouté.

Mahmoud Abbas

La presse israélienne évoque de son côté une possible reprise de la campagne d’"assassinats ciblés" pour décapiter les mouvements radicaux et l’instauration de "zones de sécurité" dans la bande de Gaza pour mettre les colonies israéliennes hors de portée des tirs de roquettes.

Des résistants palestiniens autour d’un lance-roquette, à Gaza, le 15 janvier 2005

"Nous devons persévérer"

Nabil Chaath, ministre palestinien des Affaires étrangères, a annoncé que Mahmoud Abbas se rendrait, mercredi 19 janvier 2005, à Gaza, pour "renouer les négociations de paix". Le nouveau président de l’Autorité palestinienne a pour sa part indiqué qu’il ferait pression sur ses interlocuteurs palestiniens pour les amener à décréter une trêve à laquelle les Israéliens devront également se soumettre, et pour tenter de les convaincre de participer aux élections législatives du 17 juillet 2005. "Nous devons essayer. Si nous sommes d’accord pour négocier avec nos occupants, est-ce qu’on ne devrait pas le faire avec nos frères ? Nous devons persévérer. Ce n’est pas une tâche facile", a ajouté Chaath.

Un résistant palestinien prépare un lance-roquette, à Gaza, le 15 janvier 2005

Le cheikh Nafez Azzam, dirigeant du Djihad islamique, avait auparavant jugé "inopportun de discuter d’une trêve alors qu’Israël poursuit ses attaques".

Un résistant palestinien à Gaza, le 15 janvier 2005

Le gouvernement israélien, qui a écarté toute idée de trêve négociée avec les mouvements radicaux, a toutefois fait savoir qu’une pause dans les attentats se traduirait par une suspension des opérations militaires. En pareil cas, Ariel Sharon s’est dit prêt à coordonner son projet de démantèlement des colonies juives de la bande de Gaza avec l’Autorité autonome en préalable à des négociations sur la création d’un Etat palestinien. "Il nous faut parvenir à une période de calme réel et Israël devrait en faire de même", a souligné son homologue palestinien Ahmed Koreï.

Des résistants palestiniens s’apprêtent à installer un engin explosif, à Gaza, le 15 janvier 2005

Plusieurs roquettes artisanales se sont pourtant abattues, dimanche 16 janvier 2005, sur le sud d’Israël. L’aviation israélienne affirme pour sa part avoir détruit trois rampes de lancement de roquettes Kassam, dans le nord de la bande de Gaza, territoire entièrement bouclé après une attaque meurtrière contre le poste frontière de Karni, jeudi 13 janvier 2005.

Un résistant palestinien met en place un engin explosif, à Gaza, le 15 janvier 2005

A la suite de cette attaque qui a coûté la vie à six Israéliens, l’armée a tué huit Palestiniens, samedi 15 janvier 2005, dans des combats à Gaza, et a rompu tout contact avec la direction palestinienne. "Si Abou Mazen (nom de guerre d’Abbas, ndlr) n’anéantit pas le terrorisme, le terrorisme l’anéantira", a lancé Zeev Boim, vice-ministre israélien de la Défense.

Des résistants palestiniens installent des engins explosifs, à Gaza, le 15 janvier 2005

"L’expérience nous montre qu’il ne sera jamais possible de relancer les négociations, si on pose comme préalable l’arrêt de toute violence", a quant à lui souligné le président égyptien, Hosni Moubarak, lors d’une conférence de presse, au Caire, avec son homologue chilien, Ricardo Lagos.

Dan WILLIAMS

Mohamed Hosni Moubarak

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