Alors même que les employeurs rechignent à embaucher une personne âgée de plus de quarante ans, le gouvernement fédéral suisse veut élever l’âge de la retraite. Comme si les créations d’emplois étaient censées suivre, alors que c’est exactement l’inverse qui se produira.
Quelles seront les conséquences concrètes de cette décision politique, pour la population ?
Prenons pour exemple le cas d’une personne -M. Untel- occupant actuellement un emploi bien rémunéré et menant une existence aisée. M. Untel possède une villa acquise au moyen d’un crédit hypothécaire. Alors que cette personne n’a en rien démérité, son entreprise procède à des licenciements massifs, ou elle est achetée par un concurrent qui, ensuite, décide de la fermer et de transférer la production dans un pays du tiers monde. M. Untel ayant atteint ou dépassé quarante ans, il ne retrouve pas de travail. Les employeurs préfèrent embaucher un jeune payé beaucoup moins cher.
M. Untel va toucher des indemnités de chômage durant environ une année. Si son salaire était élevé, le montant de ses indemnités de chômage lui permettra tout d’abord de préserver son train de vie, payer les traites de sa villa, de sa voiture, les cours particuliers de ses enfants, etc… Néanmoins, M. Untel se retrouvera très vite en « fin de droit ». L’assurance chômage cessera de lui verser des indemnités. Du jour au lendemain, il devra s’adresser aux services sociaux et se retrouvera au « minimum vital ». Pas question de garder la villa, la voiture, ni le reste. Au mieux, on déménagera aussitôt dans un petit appartement.
Dès lors, et jusqu’à l’âge de la retraite, M. Untel va devoir vivre avec le « minimum vital ». Le montant de sa retraite sera déterminé par ce « minimum vital », en sorte que les services sociaux, d’une manière ou d’une autre, se retrouveront en charge de M. Untel jusqu’à sa mort. Et cela quelle que soit le désir qu’aurait M. Untel de retrouver un emploi.
Si M. Untel vit jusqu’à l’âge de quatre-vingt ans, il aura passé la moitié de son existence dans la misère, en raison du cynisme et de l’incompétence du milieu politique.
Frank BRUNNER




















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