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lundi 27 mars 2017
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AFP, 8 février 2004

Haïti : violente crise entre policiers et rebelles aux Gonaïves

Suivi de : La police échoue à reprendre le contrôle des Gonaïves et se retire, 9 février 2004,


PORT-AU-PRINCE (AFP) - Plusieurs incidents ont été signalés dimanche en Haïti au lendemain d’une intervention policière pour reprendre à des rebelles le contrôle des Gonaïves, quatrième ville du pays où l’opposition réclame depuis l’automne la démission du président Jean Bertrand Aristide.

Les communications téléphoniques étaient coupées dimanche avec les Gonaïves (nord-ouest), où la situation tendue depuis des mois s’est emballée jeudi avec un assaut donné au commissariat central et une mise à sac des bureaux du délégué du gouvernement (équivalent d’un préfet).

Manifestation aux Gonaïves. Le texte de la pancarte dit : "A bas Aristide, vampire"

Manifestation à Haïti. Les pancartes décrivent Jean Bertrand Aristide comme un "voleur", un "criminel", etc...


Samedi 7 février 2004, des témoins et des radios haïtiennes avaient indiqué qu’entre trois et sept policiers avaient été tués lors de l’intervention policière. L’un des chefs rebelles, Winter Etienne, du Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite, a évoqué un bilan de 14 policiers tués, mais ce chiffre n’a pu être confirmé de source indépendante.

Des images diffusées par des chaînes de télévision ont montré des hommes en armes ou détenant des gourdins à clous et machettes, parfois grimpés sur des véhicules et patrouillant la ville, tandis que des cadavres gisaient dans les rues.

La localité des Gonaïves (200.000 habitants), où les violences ont fait plus de 60 morts et plus de 100 blessés depuis septembre, se trouve sur la route reliant Port-au-Prince à Cap-Haïtien (nord), la deuxième ville d’Haïti.

Souvenir d’une émeute anti-Aristide en septembre 2003

Souvenir d’une émeute anti-Aristide en septembre 2003

En septembre 2003, Butteur Metayer exhibe la photo de son frère Amiot, assassiné après une semaine de participation aux manifestations. Butteur Metayer accuse le gouvernement haïtien d’avoir commandité l’assassinat. Le gouvernement a nié toute responsabilité

Souvenir d’une autre émeute anti-Aristide, en octobre 2003

Dimanche, les médias haïtiens ont signalé plusieurs incidents ailleurs dans le pays où le durcissement de la contestation semble s’étendre.

Dans la capitale, quelques barricades enflammées ont été érigées. Pour des raisons de sécurité, une manifestation de l’opposition a été annulée dans la matinée.

A l’ouest de Port-au-Prince, dans la ville de Grand-Goave (49.000 habitants), le commissariat a été déserté et le bâtiment incendié par des opposants, ont rapporté des radios haïtiennes.

Un journaliste exhibe la photo de son collègue Brignol Lindor, tué à coups de machette par les sbires de Jean Bertrand Aristide, vers Petit-Goâve, le 3 décembre 2001

Au nord de la capitale, à Saint-Marc, sur la route entre Port-au-Prince et les Gonaïves, des témoins avaient indiqué samedi que le commissariat local était tombé aux mains d’une organisation de l’opposition, Ramicos. Des prisonniers détenus dans une prison proche du bâtiment ont été libérés.

Toujours d’après les médias haïtiens, des barricades enflammées ont aussi été érigées samedi soir et dimanche matin à Cap-Haïtien (nord), qui compte quelque 200.000 habitants. Le local d’une radio, Vision 2000, a été incendié dans cette ville.

Un dirigeant de l’opposition, Evans Paul, a demandé aux policiers de ne pas se battre contre la population. Il a souligné que la mobilisation contre le président n’était pas le fait de simples bandes armées mais de la population dans son ensemble.

Victime d’une émeute

Le président Aristide, qui refuse toute idée de démission, participe à des négociations menées par l’Organisation des pays de la Caraïbe (Caricom) pour tenter de résoudre la crise politique qui perdure dans le pays depuis 2000. Les recommandations de la Caricom portent notamment sur une libération des opposants incarcérés, un désarmement des groupes armés proches du pouvoir et une liberté de manifester pacifiquement pour l’opposition dans le pays.

Samedi, Jean Bertrand Aristide a appelé ses partisans à la mobilisation et assuré qu’aux Gonaïves, "les responsables seraient arrêtés et jugés selon la loi".

© AFP Agence France-Presse

Jean Bertrand Aristide

PORT-AU-PRINCE - La police s’est retirée de la ville des Gonaïves, tombée jeudi aux mains de rebelles, après une tentative samedi pour en reprendre le contrôle, selon dans un communiqué. Le premier ministre haïtien a lui dénoncé une tentative de "coup d’Etat".

La police a effectué un "retrait stratégique" de la quatrième ville d’Haïti, précise le communiqué, qui ne fait état d’aucun bilan. Les rebelles du Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite, qui ont pris le contrôle de cette localité de 200 000 habitants, ont confirmé sur plusieurs radios haïtiennes le départ des policiers.

Le Front a détruit des ponts et construit des tranchées pour empêcher la police de revenir, a-t-on ajouté de même source. Le Front se réclame de l’opposition haïtienne qui demande depuis plusieurs mois la démission du président Jean Bertrand Aristide.

Jeudi, l’assaut donné par le Front au commissariat central avait fait onze morts et une vingtaine de blessés. Samedi, des témoins et des radios haïtiennes avaient indiqué qu’entre trois et sept policiers avaient été tués lors de l’intervention policière. L’un des chefs rebelles du Front a fait état de 14 policiers tués.

Le premier ministre haïtien, Yvon Neptune, a lui accusé, lors d’un entretien diffusé par la chaîne de télévision nationale, l’opposition de vouloir favoriser "un coup d’Etat". "Si l’opposition veut participer à la construction d’un Etat de droit, elle doit jouer son rôle pour arrêter la violence", a-t-il ajouté, en l’invitant à prendre le chemin des élections.

© SDA-ATS News Service

Yvon Neptune

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