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AFP, 21 janvier 2005

Irak : Aucune nouvelle des Chinois enlevés, la violence se poursuit


BAGDAD (AFP) - La fête musulmane de l’Aïd Al-Adha, jeudi 20 janvier 2005, a été marquée par la poursuite des violences en Irak où treize personnes ont été tuées, tandis que les craintes augmentaient pour huit Chinois enlevés après l’expiration de l’ultimatum de leurs ravisseurs les menaçant d’exécution.


L’Irak n’a pas été cité par le président américain George W. Bush au cours de la prestation de serment pour un second mandat de quatre ans, mais il était présent dans les esprits. M. Bush a souligné dans un discours aux accents messianiques que les Etats-Unis devaient défendre la liberté dans le monde pour se protéger du terrorisme. "Les événements et la raison nous mènent à une conclusion : la survie de la liberté dans notre pays dépend de plus en plus du succès de la liberté dans d’autres pays. Le plus grand espoir pour la paix chez nous est le développement de la liberté dans le monde entier", a-t-il dit. Des manifestants massés le long du parcours ont hué le cortège présidentiel, lançant "Assassins" et "Bush est un criminel de guerre".

Après la journée sanglante de mercredi 19 janvier à Bagdad, le calme était à peu près revenu dans la capitale, jeudi 20 janvier 2005, mais la violence s’est poursuivie ailleurs.

Au nord de Bagdad, cinq soldats irakiens ont été tués dans deux attaques, alors qu’un civil a été mortellement atteint par des tirs de l’armée irakienne. Un capitaine de la police irakienne, Fahmi Mohammad Khaled, a été retrouvé tué de plusieurs balles à Kirkouk.

Dans le sud, neuf soldats britanniques ont été blessés par une explosion devant une base militaire près de Bassorah, selon un nouveau bilan publié, jeudi 20 janvier 2005 au soir, par le ministère britannique de la Défense. L’armée britannique sur place avait auparavant fait état de cinq blessés parmi ses militaires. Toujours selon l’armée britannique, plusieurs civils irakiens ont également été blessés. Selon des témoins, l’explosion aurait été provoquée par une voiture piégée, mais aucune confirmation indépendante n’a pu être obtenue.

L’agence de presse britannique Press Association a rapporté qu’une organisation affirmant son affiliation au réseau terroriste Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden a revendiqué cet attentat suicide pour venger les mauvais traitements infligés, selon elle, par les troupes britanniques aux soldats irakiens.

A Mossoul, au moins cinq résistants ont été tués alors que des centaines de soldats américains s’étaient déployés dans la ville pour effectuer des perquisitions, a affirmé un officier américain.

A Ramadi, un Irakien a été tué dans des accrochages entre résistants et soldats américains.

Au chapitre des enlèvements, l’ultimatum de 48 heures fixé par les ravisseurs de huit Chinois venus chercher du travail en Irak a expiré à 15h00. Les ravisseurs demandaient aux autorités de Pékin de "clarifier" leur position à l’égard de l’Irak. La Chine s’est opposée à l’intervention américaine, mais plusieurs sociétés chinoises ont décroché des contrats de reconstruction dans le pays.

Un employé du constructeur brésilien Odebrecht est probablement à ajouter à la liste des personnes enlevées : la multinationale brésilienne a annoncé sa disparition, affirmant qu’elle déployait "tous les efforts nécessaires pour la conclusion rapide et favorable de son probable enlèvement, dans la matinée du 19 janvier", dans le nord de l’Irak où il participait à la rénovation d’une usine thermoélectrique.

Le groupe Ansar Al-Sunna, lié à Al-Qaïda, a soutenu dans un communiqué avoir enlevé et assassiné un Britannique et un Suédois en Irak, mais aucun commentaire de source indépendante n’a pu être obtenu. Ansar Al-Sunna les a accusés de "travailler pour un service de renseignements des forces infidèles".

De son côté, Tokyo vérifie des informations en provenance d’Irak selon lesquelles un ingénieur japonais aurait été kidnappé dans le centre.

Une trentaine d’étrangers sont détenus ou portés disparus en Irak, des ouvriers, des hommes d’affaires, mais aussi des journalistes comme l’envoyée spéciale du quotidien français Libération, Florence Aubenas, disparue depuis le 5 janvier 2005, ainsi que son accompagnateur irakien, Hussein Hanoun Al Saadi.

Dans un message audio diffusé sur l’internet, le Jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui, lié au réseau Al-Qaïda, a accusé Israël et la Jordanie d’avoir participé à la bataille de Falloujah. "Parmi les secrets de la bataille" contre la ville irakienne de Falloujah en novembre 2004, il s’est "avéré que 800 soldats israéliens (...) ont participé à la bataille", dans "les lignes arrières", affirme la voix de ce message, qui semble être celle d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, l’homme le plus recherché par les Etats-Unis en Irak. Le message évoque également "une participation militaire jordanienne, dont des officiers, qui ont contribué à la planification et à l’assaut militaire contre la ville". Il s’en prend également aux chiites irakiens et en particulier à leur figure emblématique, l’ayatollah Ali Sistani, qualifié de "Satan" et d’"imam de l’infidélité et de l’apostasie".

A dix jours des élections générales, une crise a éclaté au sein de la Commission électorale irakienne, son porte-parole refusant d’abandonner son poste comme l’ont décidé les autres responsables de cette institution indépendante.

En Italie, le ministre de la Défense Antonio Martino a annoncé le maintien du contingent italien (3000 militaires) "le temps nécessaire" et s’est dit favorable au maintien de la date des élections fixée au 30 janvier 2005.

En Grande-Bretagne, le procès de trois soldats britanniques accusés d’avoir fait subir des mauvais traitements à des prisonniers irakiens éclabousse le Premier ministre Tony Blair, déjà vivement critiqué pour avoir engagé les troupes britanniques en Irak sur la base de fausses informations.

Agence France Presse

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