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mardi 23 mai 2017
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AFP, 24 janvier 2005

France : La conférence sur la biodiversité ouvre sur les leçons du tsunami


PARIS (AFP) - La Conférence internationale sur la biodiversité s’est ouverte, lundi 24 janvier 2005, à l’UNESCO, à Paris, sur un appel des responsables politiques à ne pas réitérer les erreurs du tsunami en Asie.


"C’est une des leçons du tsunami", a souligné, lors de la séance d’ouverture, le directeur général du Programme des Nations Unies pour l’environnement, Klaus Toepfer. "Les mangroves, les récifs coralliens peuvent jouer un rôle tampon contre les catastrophes naturelles", a-t-il indiqué.

"Les premiers rapports indiquent que les zones qui avaient gardé des écosystèmes en bonne santé, comme les forêts de mangroves, ont mieux résisté que celles qui avaient des forêts dégradées", a renchéri Hamdallah Zedan, secrétaire exécutif de la Convention sur la biodiversité biologique.

La conférence, qui se tient, à Paris, du 24 janvier au 28 janvier 2005, à l’invitation du président Jacques Chirac, entend provoquer un sursaut de l’opinion sur la dégradation accélérée des milieux naturels et des espèces végétales et animales sur la terre. "C’est une crise sans précédent depuis l’extinction des dinosaures", a rappelé Klaus Toepfer. "Il est grand temps de nous interroger sur les moyens de stopper cette disparition de la diversité des espèces. Nos enfants, nos petits-enfants demanderont pourquoi nous avons laissé se développer cette déperdition du vivant".

"45 % de nos forêts originelles ont déjà disparu, 10 % des coraux, et le reste est gravement menacé", a indiqué M. Zedan. Des milliers d’espèces disparaissent chaque jour avant d’avoir été décrites, alors qu’elles auraient pu rendre service à l’humanité, selon les scientifiques.

"Nous ne savons pas grand chose des systèmes d’eau douce et des océans, et beaucoup reste à découvrir sur les forêts tropicales", a ajouté M. Zedan.

La conférence verra près de 1200 scientifiques et responsables politiques dresser un état des lieux de la perte du vivant. Elle pourrait aussi déboucher sur un appel à la création d’un groupe intergouvernemental d’experts, comme il en existe un pour le climat, afin de stimuler les décideurs. En dépit de l’adoption, en 1992, d’une "Convention sur la diversité biologique", peu de choses ont avancé sur le terrain, et ce groupe d’experts pourrait débloquer l’action, espère Michel Loreau, président du Comité scientifique de la Conférence.

La "liste rouge" de l’Union mondiale pour la nature (UICN) dénombre au moins 15589 espèces confrontées à un risque d’extinction, soit un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un amphibien sur trois.

La biodiversité souffre de n’avoir aucun groupe d’expertise validé par la communauté internationale pour alerter les chefs d’Etat et l’opinion. La Convention sur la biodiversité, signée en 1992, n’impose pas de cadre contraignant aux Etats, contrairement au Protocole de Kyoto pour le climat. "On n’avance pas", résume Sébastien Moncorps, directeur de l’Union mondiale pour la nature (UICN) pour la France.

Les chefs d’Etats se sont engagés, en 2002, au sommet de la Terre de Johannesburg, à réduire la perte de biodiversité d’ici à 2010, un objectif jugé à la fois trop vague et irréaliste par les scientifiques.

La conférence de Paris, organisée en dehors du cadre officiel de négociation des Nations Unies, ne peut rien adopter formellement. Mais elle pourrait proposer la création d’un groupe d’experts mondial sur la biodiversité, comparable au groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC ou IPCC en anglais).

Le prix Nobel de la Paix Wangari Maathai, vice-ministre de l’environnement du Kenya, le Premier ministre de Malaisie Abdullah Badawi, les Présidents de Madagascar et du Nigéria, le directeur général du Programme des Nations Unies pour l’environnement participeront aux débats, à côté de scientifiques de renom, comme le "père" de la notion de biodiversité Edward Wilson (Havard, Etats-Unis).

Agence France Presse

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