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dimanche 28 mai 2017
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AFP, 24 janvier 2005

Irak : Le gouvernement de la collaboration bafoue les droits de l’homme


Les forces de sécurité irakiennes, remises progressivement sur pied, se rendent coupables de violations des droits de l’Homme, ont déclaré à l’AFP un haut responsable américain et un juge irakien.


"Leur tableau n’est pas sans tache en ce qui concerne les droits de l’Homme", a affirmé, lundi 24 janvier 2005, le responsable américain sous couvert de l’anonymat, expliquant que l’ambassade des Etats-Unis avait fait part de ses inquiétudes au gouvernement irakien. "Au sein des services de sécurité, il existe une culture selon laquelle la fin justifie les moyens", a déploré ce responsable, tout en précisant que les Etats-Unis oeuvraient à la réforme des forces de sécurité, dissoutes après le renversement de Saddam Hussein par une coalition américano-britannique en avril 2003. "Nous n’allons pas laisser (la situation) devenir celle du régime de Saddam", a-t-il promis. Selon lui, ces observations seront consignées dans le rapport annuel que le département d’Etat américain consacre aux droits de l’Homme, et qui doit être publié le mois prochain.

Le groupe de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch, basé à New York, doit publier, mardi 25 janvier 2005, sa propre enquête sur les violations des droits de l’Homme par les services de sécurité irakiens.

En octobre 2004, le ministre irakien de l’Intérieur, Falah Al-Nakib, avait reconnu, devant le Conseil national, qui fait office de Parlement provisoire, qu’il existait en Irak des cas de détention arbitraire, mais que son gouvernement tentait d’y mettre un terme.

Toutefois, un juge irakien, s’exprimant lui aussi sous couvert de l’anonymat, a déclaré à l’AFP que les violations des droits de l’Homme perduraient et que les magistrats renâclaient à se saisir de ces cas, après la destitution, en octobre 2004, du chef d’instruction, Zouheir Al-Maliki, qui s’était intéressé aux cas de torture et de détentions illégales. "Personne ne veut prendre en charge ces affaires. Personne ne veut risquer de perdre son poste", a-t-il ajouté, affirmant être au courant de six ou sept affaires ces trois derniers mois, dans lesquelles le ministère de l’Intérieur a refusé de se conformer à des ordres de la justice de libérer un détenu. "C’est une violation de la loi. La seule personne qui peut ordonner la mise en détention ou en liberté de quelqu’un est le juge", a souligné le magistrat. Selon lui, les détentions arbitraires sont aussi en hausse. "Ils prennent comme excuse le fait que nous sommes dans une situation exceptionnelle et sous état d’urgence, mais même dans ce cas, toute personne arrêtée devrait être présentée à un juge dans les 24 heures. Ce qui n’est pas le cas".

Ces mises en cause des forces de sécurité irakiennes interviennent neuf mois après l’éclatement du scandale des mauvais traitements infligés à des prisonniers irakiens par leurs geôliers américains dans la prison d’Abou Ghraib, près de Bagdad. Plusieurs soldats américains ont déjà été condamnés pour ces faits.

Agence France Presse

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