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mardi 28 février 2017
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AFP, 9 février 2004

Une partie d’Haïti en situation insurrectionnelle


Dimanche 8 février 2004 : Un partisan armé de Jean-Bertrand Aristide patrouille les rues de Saint-Marc

PORT-AU-PRINCE (AFP) - La partie nord d’Haïti échappait lundi au contrôle du président et certaines villes continuaient d’être le théâtre de violences, parfois entre bandes rivales.

L’ONU, la France et l’Organisation des Etats Américains (OEA) ont appelé à l’arrêt immédiat des affrontements en Haïti, qui ont fait 40 morts depuis jeudi. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a annoncé lundi que l’ONU allait "très prochainement" accroître son engagement dans ce pays.

Pillage d’un container à Saint-Marc, le dimanche 8 février 2004


"La France appelle à l’arrêt immédiat des violences d’où qu’elles viennent, et au respect des règles de droit", a déclaré de son côté le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Hervé Ladsous. Au cours du week-end, l’OEA avait aussi condamné le recours à la violence et réclamé que tout changement politique soit mené "de manière pacifique et démocratique".

Dimanche 8 février 2004, dans le port de Saint-Marc, un pilleur emporte un téléviseur

De fait, depuis la fin de la semaine dernière, plusieurs régions du nord du pays sont livrées à l’anarchie, avec des tirs et des pillages. Les policiers ont fui les commissariats, mis à sac et incendiés, dans une dizaine de villes de plus ou moins grande importance.

Tandis qu’un garçon examine un jouet, d’autres personnes pillent le port de Saint-Marc, dimanche 8 février 2004

Lundi 9 février 2004, des renforts de la police acheminés de Port-au-Prince ont échoué à reprendre le contrôle de la ville de Saint-Marc, à 96 kilomètres au nord de la capitale, selon des habitants. Depuis ce week-end, deux bandes armées rivales s’affrontent dans cette localité de 160.000 habitants, où des barricades enflammées ont été érigées.

Le port de Saint-Marc, dimanche 8 février 2004

La police était venue aider des militants pro-Lavalas (au pouvoir) du mouvement local "Balai Rouzé" à prendre le dessus sur une bande armée appelée Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc (Ramicos). Ce groupe, se réclamant de l’opposition, avait incendié samedi le commissariat de la ville et s’était emparé d’armes et de munitions après la fuite de policiers.

Située en bordure de mer, Saint-Marc se trouve sur la route menant de Port-au-Prince aux Gonaïves (nord-ouest), passée depuis jeudi sous le contrôle d’une bande armée locale, le Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite. Les Gonaïves (200.000 habitants) est la principale ville de la région Artibonite.

La foule contemple le corps d’un policier extrait de l’hôpital, puis lynché, aux Gonaïves, le dimanche 8 février 2004

Un adversaire armé de Jean-Bertrand Aristide se tient à proximité du policier lynché

Dans le nord d’Haïti, un petit commissariat de la localité de Dondon a été incendié par la population. Les policiers de cette ville ont pris la fuite, a affirmé lundi Radio Vision 2000, citant son correspondant local.

Edvard Porsainvil, abattu par la police aux Gonaïves, le samedi 7 février 2004

Des tirs nourris ont d’autre part été entendus dans la nuit de dimanche à lundi à Cap-Haïtien (nord), la 2e ville du pays, visant notamment les maisons de membres présumés de l’opposition locale, dont celle d’un médecin, alors qu’une voiture appartenant à un ancien officier de l’ex-armée haïtienne a été incendiée, selon un journaliste local.

L’usine qui fournit l’électricité à cette ville a cessé lundi ses activités, faute de carburant qui transite par les Gonaïves. Selon des médias locaux, le calme régnait lundi matin au Cap-Haïtien, où écoles et commerces ont ouvert leurs portes.

A Port-au-Prince, la situation était également calme, de même qu’à Jacmel (sud-est) où des hommes armés opposés au gouvernement ont fait leur apparition à l’est de la ville en fin de semaine dernière. Un riverain a été blessé par balle dans la localité voisine de Tessaire. Par précaution, les autorités pénitentiaires ont transféré dimanche les détenus de la prison de Jacmel à Port-au-Prince, a constaté un journaliste de l’AFP.

Dimanche 8 février, le gouvernement a accusé l’opposition de favoriser un coup d’Etat contre le président Aristide.

Policiers haïtiens à Port-au-Prince, samedi 7 février 2004

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source