retour article original

dimanche 26 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
Le Monde, AFP, 9 février 2004

Situation militaire incertaine au Darfour, dans l’ouest du Soudan


Le Darfour est la province située dans l’Ouest du Soudan, à côté de la frontière du Tchad

Les combats qui opposent depuis février 2003 les forces gouvernementales aux rebelles du Darfour auraient fait environ 3 000 morts, 670 000 déplacés au Soudan et 100 000 réfugiés au Tchad.

Le président soudanais, Omar El Bechir, a annoncé, lundi 9 février 2004, que son armée avait pris le contrôle total de la région du Darfour (ouest du Soudan), imposant une solution militaire au conflit qui l’oppose aux rebelles, une situation que dément un des mouvements rebelles.

Scène de rue à Khartoum

Omar Hassan Ahmed Al-Bachir (photo Claude Stefan / Ministère français des Affaires étrangères)


"Les opérations militaires ont pris fin dans le Darfour et les forces gouvernementales contrôlent le théâtre des opérations", a annoncé un communiqué militaire diffusé par la présidence à Khartoum. M. Bechir a en outre proclamé "une amnistie générale pour tous ceux qui ont porté les armes dans le Darfour, à condition qu’ils se rendent dans un délai d’un mois au maximum au poste de police le plus proche" et appelé à la tenue "d’un congrès sur le développement et la paix" dans le Darfour.

Au Soudan, les camions transportent les voyageurs de village en village

Néanmoins, une des trois formations de la guérilla dans cette région frontalière du Tchad, le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), contactée par téléphone à partir du Caire, a démenti cette information. Le colonel Abdallah Abdel Kerim, porte-parole militaire du MJE, a affirmé que l’annonce officielle soudanaise "était fausse". "C’est de la propagande. Nous conservons toujours nos positions dans le Darfour, notamment à Jabal Marrah et Jabal Moun", a-t-il déclaré précisant se trouver lui-même à Jabal Marrah.

Au premier plan, au bas de l’image, une bombe d’avion tombée sur le sol d’un village soudanais

Le colonel Abdel Kerim a affirmé que son mouvement observait "depuis une semaine une trêve unilatérale pour des raisons humanitaires" pour permettre le mouvement des réfugiés, et a promis "des surprises (militaires) dans les prochains jours". Le chef militaire a confirmé que son mouvement s’était retiré "il y a deux semaines" de zones frontalières du Tchad, notamment de la partie soudanaise de la ville de Tiné, à cheval sur la frontière, dont les troupes gouvernementales ont affirmé avoir pris le contrôle.

Réfugiés victimes de la guerre civile au Soudan

Les deux autres mouvements rebelles n’ont pas pu être joints et aucune information de source indépendante n’a pu être obtenue sur la situation au Darfour.

Chamelier au Darfour

3000 morts depuis février 2003

Les combats entre les rebelles et les forces gouvernementales s’étaient intensifiés après l’échec de négociations dans la capitale tchadienne le 16 décembre. Le président tchadien, Idriss Deby, à l’origine d’un accord de cessez-le-feu dans le Darfour en septembre 2003, avait annoncé fin janvier qu’il allait reprendre sa médiation.

Idriss Deby

Le MJE et les deux autres formations rebelles, le Mouvement de libération du Soudan (MLS) et l’Alliance démocratique fédérale du Soudan, avaient proposé l’ouverture le 14 février à Genève de négociations humanitaires avec le gouvernement, mais ce dernier a affirmé ne pas avoir reçu d’invitation.

Le 29 janvier, le haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Bertrand Ramcharan, avait demandé à Khartoum et aux rebelles "d’accepter la création d’une commission d’enquête internationale et indépendante" et avait demandé au gouvernement soudanais de laisser la commission des droits de l’homme de l’ONU enquêter au Soudan.

Bertrand Ramcharan

Les rebelles réclament le développement économique de leur région, qu’ils estiment "marginalisée", une plus grande participation au sein du pouvoir central et une plus grande autonomie de gestion du Darfour. Ils demandent l’ouverture d’une négociation politique avec Khartoum, à l’instar de celle menée depuis plusieurs mois par le gouvernement central avec l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS, rebelles sudistes).

L’APLS et le gouvernement central négocient actuellement un accord de paix global portant sur le partage du pouvoir et des richesses. Un référendum sur l’autonomie doit être organisé à l’issue d’une période intérimaire de six ans.

Les combats qui opposent depuis février 2003 les forces gouvernementales aux rebelles auraient fait environ 3 000 morts, 670 000 déplacés au Soudan et 100 000 réfugiés au Tchad.

Avec AFP

Nomade soudanais

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, et si vous souhaitez promouvoir la politique d’intérêt général qu’il préconise, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source