retour article original

samedi 29 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (14ème partie) : Janvier 2005
AFP, 28 janvier 2005

Irak : La résistance intensifie ses attaques


Quatre personnes ont été tuées, vendredi 28 janvier 2005, dans un nouvel attentat, en Irak, où la résistance a intensifié ses attaques meurtrières, à deux jours des premières élections générales multipartites depuis 59 ans, tandis que les Irakiens de l’étranger ont déjà commencé à voter.


Ce nouvel attentat a été perpétré à l’aide d’une voiture piégée qui a explosé près de la centrale thermique de Doura, dans le sud de Bagdad, alors que les Irakiens ont été appelés, par les Etats-Unis et l’ONU, à participer massivement au scrutin de dimanche 30 janvier 2005.

Jeudi 27 janvier 2005, plus d’une dizaine d’attaques ont visé des bureaux de vote, après les menaces lancées par les groupes islamistes, notamment celui d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, contre les Irakiens qui participeront aux élections.

Par ailleurs, vingt-neuf Irakiens ont été tués, jeudi 27 janvier 2005, dans des attaques à la voiture piégée et des accrochages au nord et au sud de Bagdad.

Mercredi 26 janvier 2005, 31 militaires américains sont morts dans la chute de leur hélicoptère, dans l’ouest de l’Irak, pour des raisons qui ne sont pas encore connues.

A travers le monde, des milliers d’expatriés irakiens ont commencé à voter. Au total près de 280000 d’entre eux se sont inscrits sur les listes électorales, a annoncé, mercredi 26 janvier 2005, l’Organisation internationale des migrations (OIM) à la clôture des inscriptions. L’organisation, chargé de superviser ce scrutin avait annoncé s’attendre à ce que près d’un million d’Irakiens de l’étranger s’inscrivent pour les élections. Les élections ont lieu en Australie, en Grande-Bretagne, au Canada, au Danemark, en France, en Allemagne, en Iran, aux Pays-Bas, en Suède, en Syrie, en Turquie, aux Emirats arabes unis, aux Etats-Unis et en Jordanie. Décalage horaire oblige, les Irakiens d’Australie ont été les premiers à déposer leur bulletin dans l’urne, dans une ambiance de liesse populaire et de fierté retrouvée.

Lors d’une conférence de presse, mercredi 26 janvier 2005, à Washington, puis à la télévision Al-Arabiya basée à Dubaï, le président Bush a renouvelé ses appels à "tous les citoyens d’Irak à voter et à montrer aux terroristes qu’ils ne peuvent pas arrêter la marche de la liberté".

Dans une interview publiée, vendredi 28 janvier 2005, par le New York Times, le président américain a déclaré que les troupes de son pays quitteraient l’Irak si les dirigeants élus à l’issue des élections de dimanche 30 janvier 2005 demandent leur retrait. A la question de savoir si les troupes américaines devaient se retirer si la nouvelle administration irakienne le demandait, le président a répondu : "oui, absolument. C’est un gouvernement souverain". M. Bush a indiqué toutefois qu’il s’attendait qu’on demande aux troupes de "rester pour prêter assistance, et plus comme occupants". "Il me semble que la majorité des dirigeants là-bas comprennent que les troupes de la coalition sont nécessaires au moins jusqu’à ce que les Irakiens soient en mesure de combattre", a-t-il ajouté.

Les Irakiens doivent élire, le 30 janvier 2005, leurs représentants à l’Assemblée nationale qui devra rédiger la nouvelle Constitution, et les Conseils de province. Les Kurdes doivent renouveler leur Parlement. La Commission électorale a commencé à distribuer sous haute sécurité les urnes dans le pays, y compris dans la province d’Al-Anbar, où quarante bureaux de vote ont été établis, a affirmé son porte-parole, Farid Ayar.

A New York, le secrétaire général adjoint de l’Onu pour les affaires politiques, Kieran Prendergast, a invité tous les Irakiens à "exercer leurs droits démocratiques" malgré des conditions qui sont "loin d’être parfaites".

Mais plusieurs pays de la région ont exprimé leur crainte d’une partition de l’Irak après les élections. Le roi Abdallah 2 de Jordanie a ainsi mis en garde contre "les tentatives de certains de semer la discorde et de pousser vers la sédition confessionnelle en Irak", évoquant certains appels à l’établissement d’une fédération indépendante dans le sud du pays. Il a réaffirmé que les élections étaient "la seule voie pour la sécurité et la stabilité" en Irak.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a pour sa part affirmé que les Etats-Unis devraient assumer la responsabilité d’éventuels troubles ethniques à Kirkouk s’ils n’arrivaient pas à empêcher que cette ville pétrolière du nord de l’Irak passe sous le contrôle des Kurdes. La menace d’une guerre civile à Kirkouk est prise au sérieux par l’International Crisis Group (ICG), spécialisé dans l’observation des situations de crise. "Dans le nord de l’Irak, un conflit est en gestation, largement ignoré, mais peut précipiter, s’il éclate, une guerre civile, le démembrement du pays, voire une intervention turque", estime l’ICG.

Sur un autre plan, les cours du pétrole brut se sont stabilisés jeudi sur le marché de New York, les investisseurs jugeant peu probable que l’Opep décide de baisser sa production lors de sa réunion de dimanche, et avant les élections irakiennes du même jour.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source