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mercredi 29 mars 2017
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AP, 1er février 2005

Irak : Ghazi Al-Yawar demande aux troupes étrangères de rester


BAGDAD (AP) - Sur fond de réouverture des frontières et de reprise des vols commerciaux, le président intérimaire irakien, Ghazi Al-Yaouar, a estimé, mardi 1er février 2005, qu’il serait "complètement absurde" à ce stade de demander aux troupes étrangères de quitter le pays.


Malgré de nouveaux affrontements dans les zones rebelles, l’Irak a rouvert ses frontières et des avions ont décollé de l’aéroport international de Bagdad, les autorités allégeant les restrictions imposées en matière de sécurité pour limiter la violence pendant les élections de dimanche 30 janvier 2005.

Parallèlement, le décompte des élections générales est entré dans sa deuxième phase avec la centralisation informatique des résultats. Dans la capitale, 200 employés électoraux ont commencé le décompte final des résultats des élections générales en introduisant dans 80 ordinateurs les résultats recueillis dans les 5200 bureaux de vote du pays. Aucun résultat n’était toutefois attendu mardi 1er février 2005.

Le scrutin de dimanche 30 janvier 2005, qui a pu se dérouler en évitant un bain de sang, malgré quelques violences, est porteur d’espoir : le nouveau gouvernement irakien devrait pouvoir assumer une plus grande responsabilité en matière de sécurité, ce qui permettrait d’accélérer le départ -même s’il est encore lointain- des 170000 soldats venus des Etats-Unis et d’autres pays.

George W. Bush a téléphoné, mardi 30 janvier 2005, au président russe, Vladimir Poutine, au secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et au président mexicain, Vicente Fox, pour leur demander leur aide afin de faire progresser la démocratie en Irak. Selon le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, le président américain a insisté sur l’importance de "maintenir l’élan" créé par les élections.

Le succès du scrutin a été terni par la faible participation des Arabes sunnites. Au cours d’une conférence de presse, le président intérimaire Ghazi Al-Yaouar a reconnu que plusieurs dizaines de milliers de personnes n’avaient pu voter en raison d’un manque de bulletins à Mossoul, Bassorah, Bagdad et Najaf.

Ghazi Al-Yaouar a affirmé par ailleurs qu’il serait "complètement absurde de demander aux troupes (étrangères) de partir dans ce chaos et ce vide du pouvoir". Il a ajouté que les forces étrangères ne devaient pas partir avant que les forces de sécurité irakiennes soient opérationnelles, que la situation sécuritaire s’améliore dans le pays et que certaines "poches" de terroristes soient éliminées. "D’ici la fin de cette année, nous pourrions voir le nombre de soldats étrangers diminuer", a indiqué M. Al-Yaouar. "Il y a eu des erreurs" dans l’occupation, "mais pour être juste (...) je pense la contribution des forces étrangères en Irak s’est révélée finalement positive", a-t-il souligné. "Ca valait la peine."

Un peu plus tard, le ministre de la Défense, Hazem Chaalan, a précisé que l’Irak ne demanderait aux troupes étrangères de quitter le pays que lorsque les troupes irakiennes seraient capables de s’opposer seules à la résistance.

S’agissant des élections elles-mêmes, un chef sunnite irakien a mis en doute leur légitimité, affirmant qu’elles avaient été "imposées" par les occupants américains. Raad Al-Hamadani, le secrétaire général du Conseil des tribus irakiennes, a assuré, depuis Le Caire, que lui et d’autres nationalistes irakiens n’étaient pas opposés au principe d’élections, mais qu’ils rejetaient celles de dimanche 30 janvier 2005, en raison des conditions dans lesquelles elles s’étaient déroulées.

Loin des discussions sur le bien-fondé de ces élections, des extrémistes ont annoncé, mardi 1er février 2005, sur un site Web, l’enlèvement d’un ressortissant américain, et ont menacé de l’exécuter si les prisonniers irakiens n’étaient pas libérés entre-temps. "Si Dieu le veut, nous le décapiterons si nos prisonniers hommes et femmes ne sont pas libérés des prisons américaines dans un délai maximum de 72 heures à partir de la publication de ce communiqué", ont-ils averti, sans que l’on puisse vérifier la véracité de leurs dires.

Par ailleurs, le ministère britannique de la Défense a confirmé, mardi 1er février, le décès de 10 militaires britanniques dans la chute d’un avion Hercules C-130, dimanche 30 janvier 2005, au nord de Bagdad. En revanche, le Premier ministre, Tony Blair, a déclaré que les causes de ce crash, accident ou attaque au missile, n’étaient pas encore connues.

Associated Press

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