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AFP, 3 février 2005

Irak : Le gouvernement le plus corrompu de l’histoire du pays


Le président américain, George Bush, a estimé que les élections de dimanche 30 janvier 2005 ont ouvert une "nouvelle phase" en Irak, mais il s’est refusé à donner un calendrier pour le retrait des troupes américaines de ce pays, une question de plus en plus évoquée par les dirigeants irakiens.


"Nous ne donnerons pas de calendrier artificiel pour quitter l’Irak car cela encouragerait les terroristes et leur ferait croire que nous perdons patience", a affirmé George W. Bush lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès. Plusieurs voix au sein de l’opposition démocrate aux Etats-Unis se sont récemment élevées pour réclamer un plan de retrait progressif des troupes américaines d’Irak, alors qu’en Irak, les dirigeants de ce pays évoquent de plus en plus cette question, même s’ils l’excluent dans l’immédiat. "La nouvelle situation politique en Irak ouvre une nouvelle phase de notre tâche dans ce pays. Nous concentrerons de plus en plus nos efforts à aider des forces de sécurité irakiennes à devenir plus opérationnelles, avec des meilleurs officiers et une structure de commandement plus efficace", a déclaré M. Bush. Lorsque ce but sera atteint, "l’Amérique et les partenaires de la coalition auront de plus en plus un rôle de soutien", a-t-il souligné. "Nous défendons la liberté de nos amis irakiens et un Irak libre rendra l’Amérique plus sûre pour les générations à venir", a affirmé le président américain, en ajoutant : "Nous réussirons car les Irakiens chérissent leur propre liberté, comme ils l’ont montré au monde dimanche 30 janvier 2005". "Les Américains reconnaissent cet esprit de liberté car nous le partageons. Dans tout pays, voter est un acte de responsabilité civique. Pour des millions d’Irakiens, c’était aussi un acte de courage personnel et ils ont gagné le respect de tous", a-t-il dit.

Les résultats des élections du 30 janvier 2005 ne sont pas encore connus, mais elles n’ont pas donné lieu au déchaînement de violence redouté. La participation a en outre été élevée, en dépit des menaces d’attentats et de représailles contre les électeurs.

Plus de 150000 soldats américains sont actuellement déployés en Irak. Plus de 1400 ont été tués depuis le début de la guerre lancée, en mars 2003, par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui a abouti à la chute de Saddam Hussein.

Les forces américaines font, depuis, face à une résistance permanente et n’arrivent pas à rétablir le calme dans le pays. "Les terroristes et les rebelles sont violemment opposés à la démocratie et continueront de l’attaquer", a prévenu le président Bush. "Mais le mythe le plus puissant des terroristes est démoli. Le monde entier peut voir que les voitures piégées et les assassins ne combattent pas seulement les forces de la coalition mais qu’ils tentent de détruire les espoirs des Irakiens, exprimés lors d’élections libres".

Le président américain a également adressé de sévères avertissements à Téhéran et Damas, clairement désignés comme les principaux adversaires au Proche-Orient de sa politique de promotion de la démocratie et de lutte contre le terrorisme. Pour "promouvoir la paix dans le grand Moyen-Orient, nous devons affronter les régimes qui continuent d’abriter des terroristes et cherchent à se doter d’armes de destruction massive", a prévenu M. Bush, avant d’évoquer les cas iranien et syrien. "La victoire de la liberté en Irak va (...) inspirer les réformateurs de Damas à Téhéran, amener davantage d’espoir et de progrès dans une région troublée", selon lui.

George Bush a estimé que l’Irak était un "front vital" dans la lutte contre le terrorisme. "Ce pays est un front vital dans la guerre contre le terrorisme, et c’est pourquoi les terroristes ont choisi d’y combattre. Les hommes et les femmes de notre armée combattent les terroristes en Irak pour que nous n’ayions pas à les affronter chez nous", a-t-il dit, faisant allusion aux attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis.

En Irak, le Premier ministre, Iyad Allaoui, a noté, mercredi 2 février, une baisse des attentats et attaques depuis le scrutin de dimanche 30 janvier et annoncé le lancement d’un dialogue avec les dirigeants sunnites. "Il y a une baisse sensible du terrorisme, mais nous ne pouvons pas affirmer qu’elles (les attaques) sont terminées", a déclaré M. Allaoui dans une interview à la télévision publique Iraqia. Depuis lundi 31 janvier 2005, au moins une trentaine d’Irakiens et au moins quatre soldats américains ont été tués dans des violences. M. Allaoui a affirmé qu’un "dialogue national" avec la communauté sunnite, minoritaire dans le pays, avait pour but d’assurer "la mise en place d’un gouvernement homogène et fort" et de préserver l’unité de l’Irak.

Par ailleurs, un candidat chiite, Hussein Chahrastani, cité comme un des possibles futurs Premiers ministres en Irak, a qualifié le gouvernement de M. Allaoui du plus corrompu de l’histoire de l’Irak. Ce chercheur, présenté comme un proche du Grand ayatollah Ali Sistani et qui a participé à la mise en place de la liste chiite Alliance irakienne unifiée (AUI), a affirmé que si la minorité sunnite voulait la présidence, ce poste devait lui revenir.

Agence France Presse

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